SUISSE : des robots chirurgicaux

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SUISSE : des robots chirurgicaux

Message par cessybo le Mer 14 Juin - 11:47


Les HUG se félicitent d’être les pionniers du robot

C’est une première européenne dont se félicitent les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ils ont réalisé plus de 2500 opérations à l’aide du robot Da Vinci*. Cette série fait d’eux les leaders de cette technique en Europe, après les Etats-Unis.

Ce robot – qui permet au chirurgien d’opérer à distance par de petites incisions, avec une grande aisance de manipulation et une vision 3D – est utilisé essentiellement dans trois domaines aux HUG: la chirurgie viscérale (1185 opérations), urologique (1053) et gynécologique (276). Le plus souvent pour des by-pass gastriques (qui réduisent le volume de l’estomac en cas d’obésité), des chirurgies de la prostate, du rein, du colon, de l’uretère, du rectum, du foie et de l’utérus.

Cette série de 2500 opérations n’est pas le fruit du hasard. Les HUG ont beaucoup investi dans cette technique en dix ans. Depuis leur premier Da Vinci, acquis en 2006, ils ont renouvelé leur équipement en 2010 pour 2,1 millions de francs, avant de dépenser, en 2015, un peu moins de 3 millions pour deux nouvelles machines.

Avantageux pour les HUG

Alors que l’emploi du Da Vinci est controversé à Zurich et Lausanne (lire ci-dessous), Genève estime que l’investissement a porté ses fruits. Sur le plan médical, d’abord: le robot permet de réaliser de petites incisions, ce qui réduirait les douleurs et les complications postopératoires (moins de fuites de sutures, de transfusions sanguines et de réhospitalisations). Financièrement, ensuite, l’emploi du robot, pourtant onéreux – l’entretien coûte 200 000 francs par an – serait avantageux dans certains cas. Les HUG donnent l’exemple du by-pass gastrique, qui coûte 18 587 francs avec le Da Vinci, contre 25 466 fr. par chirurgie ouverte ou 23 861 fr. par laparoscopie classique. Ils citent deux études genevoises publiées en mai 2011 puis en février 2017 dans le journal Obesity Surgery.

Séjour deux fois plus court?

Après avoir réalisé plus de 700 opérations avec le Da Vinci, le professeur Christophe Iselin, chef du Service d’urologie des HUG, estime que la robotique a transformé sa discipline. Plus du quart des grosses interventions urologiques sont désormais réalisées avec le Da Vinci. Il en cite trois: l’ablation complète de la prostate, le retrait partiel du rein en cas de tumeur et l’ablation complète de la vessie et son remplacement par un segment d’intestin. «Les cicatrices sont minimes et on a réduit par deux les durées de séjour», apprécie-t-il. Pour autant, l’urologue ne plaide pas pour une chirurgie entièrement robotisée: «Vu le prix – les instruments sont utilisables dix fois et leur coût revient à 2500 francs par opération – il faut être rigoureux dans l’indication. On doit réserver le robot aux cas complexes et aux sutures délicates. Plusieurs interventions se font tout aussi bien par laparoscopie traditionnelle. Il ne faut pas céder à l’abus technique, au marketing.»

De son côté, Philippe Morel, responsable de la chirurgie viscérale des HUG et champion des robots depuis le début, estime que d’autres disciplines, comme l’orthopédie ou la neurochirurgie, bénéficieront un jour des bienfaits robotiques. Pour l’heure, «seule une petite dizaine de chirurgiens maîtrise ces techniques aux HUG. Il faut former la relève. Nous nous y employons. Nous sommes très sollicités par le fournisseur pour développer des cours. J’espère que le bâtiment des laboratoires nous permettra d’ouvrir un grand centre de formation en septembre.»

Eliminer le chirurgien!

Le chirurgien juge ce cap des 2500 opérations important, car il fait de Genève un centre pilote européen. «La technique se diffuse rapidement. En 2016, 800 000 opérations ont été réalisées avec le Da Vinci dans le monde. Leur nombre augmente de 15% par an. C’est considérable!»

Un progrès bienvenu pour Philippe Morel: «Bientôt, les robots fourniront des indications précises sur la nature du tissu, son épaisseur, sa résistance… Je me réjouis d’être patient. Ces évolutions permettront, un jour, de supprimer l’élément le plus dangereux d’une salle d’opération: le chirurgien!» Une boutade? Non. «Le perfectionnement robotique aidera à préparer et littéralement à dessiner l’opération au calme et sans stress. Le jour J, le robot exécutera l’opération préalablement enregistrée. Le chirurgien ne sera là que pour l’imprévu. C’est déjà ce qui se passe dans l’aviation.»

Source : > T.D.G.
















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