EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

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EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

Message par LARA BAÏKAL le Lun 15 Mai - 17:19

Edouard Philippe écrit des romans noirs ayant pour cadre la politique....La fidélité est une valeur essentielle dans la politique qu'il dit !  mgreen



(Alibi n°7 : été 2012)


En pleine campagne électorale pour les législatives, nous avons rencontré Edouard Philippe, de passage à Paris. Le maire du Havre, député candidat à sa succession et cofondateur de l’UMP a déjà deux thrillers à son actif, écrits avec son ami Gilles Boyer.



A l’heure où nous bouclons, il brigue la députation de la septième circonscription de Seine-Maritime. Il déserte donc Paris pour sa Normandie natale mais accepte de nous recevoir dans un luxueux bureau de son cabinet d’avocat, à l’occasion d’un rare séjour à la capitale. Ce proche d’Alain Juppé, spécialiste du droit des marchés publics, n’en est pas moins un talentueux auteur de polar. Son second thriller, Dans l’ombre, vient de sortir en poche. Il raconte les dessous d’une campagne chaotique d’un candidat à la présidentielle.
 

D’où vient votre intérêt pour le roman noir ?

Je viens d’une famille passionnée de littérature. Mes parents et ma sœur sont professeurs de français. Mon père, d’une santé fragile, ne pratiquait d’autre activité que la lecture compulsive. Mes parents étaient économes mais enfants, nous avions le droit d’acheter des livres. J’ai donc grandi entouré de bouquins et j’ai toujours aimé lire. Le polar est un genre que j’affectionne. J’y suis venu naturellement. J’aime la façon qu’ont les écrivains de ce genre de peindre un monde particulier, celui de la justice, de la police ou même de la politique, à travers l’intrigue. Je suis un grand fan d’Ellory. Ma préférence va vers les auteurs américains. J’entretiens mon anglais.
 

Pourquoi avoir choisi la voie de la politique et pas celle de la littérature ?

Je n’ai jamais voulu être prof. C’est vrai qu’en suivant les cours d’Hypokhâgne, je me destinais plutôt à une carrière littéraire. Mais je suis un fou d’histoire, j’aimais l’économie et j’ai découvert le droit à Sciences Pô Paris. Ensuite, j’ai été reçu à l’ENA, ce qui n’avait pour moi aucun intérêt mais j’ai pu entrer au Conseil d’Etat et devenir juge. Dans cette plus haute juridiction administrative, le rapport à l’écriture est très fort. Il s’agit de rédiger des décisions de justice, dans le plus pur style juridique. Une grande attention est donnée à la précision et à la clarté. Beaucoup de membres du Conseil d’Etat aiment écrire.
 

Comment vous êtes-vous lancé dans l’écriture ?

Pendant longtemps, je me suis demandé si je serais capable d’écrire un livre. Je n’avais pas envie d’écrire un essai. L’avis d’un jeune homme sur le monde n’intéresse personne. Mais j’avais le désir de décrire le milieu politique tel que je le vivais. La bonne façon d’en parler s’est révélée être le polar.
 

Dans votre roman, la politique est un univers violent. La description est-elle réaliste ?

Oui. La politique s’exerce sur des rapports de force dont le seul objectif est la conquête du pouvoir. C’est un monde brutal, fait de bassesses et de trahisons. Mais la politique comporte aussi des aspects plus lumineux. La fidélité est une valeur essentielle. Aux yeux des gens, les côtés positifs sont beaucoup moins intéressants que la face cachée.
 

Vous avez écrit vos deux romans avec Gilles Boyer. Comment s’est déroulé le travail d’écriture à quatre mains ?



L’exercice est addictif ! Je me souviens de moments de concentration et de jubilation. Quand je suis en phase d’écriture, chaque instant de la réalité devient source d’inspiration. J’observe, puis je recrache sur le papier. Le travail sur le vocabulaire est fascinant. Comme il est difficile de trouver le mot juste ! Avec Gilles Boyer, nous avons aussi essayé de surprendre le lecteur et de le faire rire. Tâche ardue… Je suis très proche de Gilles. Bizarrement, nous ne nous sommes pas départagé les tâches. Nous nous voyions presque une heure tous les jours pour discuter du roman, reprendre les textes à deux. Parfois, nous écrivions les mêmes scènes, alors nous prenions le meilleur chez l’un ou chez l’autre. C’était loin d’être ordonné, mais c’était fusionnel. Nous nous relisions aussi beaucoup, nous réécrivions tout à deux. Nous avons donc évité les ruptures stylistiques.
 

Vous faites de la politique au niveau local. Pourquoi avoir choisi de placer votre roman en plein cœur d’une élection présidentielle ?

Tout simplement parce que c’est le moment le plus intense de la vie politique française. Je n’ai jamais été candidat à la présidentielle mais en 2002, le directeur de campagne de Jacques Chirac était Antoine Rufenacht, maire du Havre, dont j’étais l’adjoint. J’ai aussi été le directeur général de l’UMP pendant deux ans. Les luttes de pouvoir au sein d’un parti politique national, ça me connaît. Je voulais décrire la cuisine interne d’une élection, la mécanique des meetings, par exemple. Ce qui n’enlève en rien mon goût pour la politique locale.
 

Vous sentez-vous davantage un homme politique ou un écrivain ?

Je suis définitivement un homme politique. Même si je pense déjà à mon troisième livre, qui devrait se situer entre l’essai et la fiction, mon objectif à présent sont les législatives qui approchent, et les municipales de 2014. Ensuite, je republierai un roman notable. J’ai trois enfants qui auront grandi d’ici là, j’aimerais profiter d’eux. Je n’ai pas fait le tour du thriller, j’ai encore des choses à raconter. Je pense que j’écrirai toute ma vie.
 

Top 5

Un de mes livres préférés est Vendetta d’Ellory, dont j’admire le travail. Je le conseille à tout le monde, il est absolument génial. Vient ensuite All the King’s Men, de Robert Penn Warren. J’ai beaucoup aimé lire La Taupe, de Tomas Alfredson, j’apprécie beaucoup l’espionnage. Je citerais aussi The Company de Robert Littel. Et bien sûr, L.A. confidential de James Ellroy.
Caroline Albenois
 

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Re: EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

Message par Ammonite le Lun 15 Mai - 18:37

propos de Edouard Philippe /

"Macron, qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier».

Pourquoi l'a t-rejoint après avoir tenu de tels propos ?

La politique c'est vraiment un marché de dupes ..Quel cynisme ..Edouard Philippe  a bien perçu le personnage Macron mais devient son premier ministre ..Cherchez l'erreur
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Re: EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

Message par mareaction le Lun 15 Mai - 18:38

Ammonite a écrit:propos de Edouard Philippe /

"Macron, qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier».

Pourquoi l'a t-rejoint après avoir tenu de tels propos ?

La politique c'est vraiment un marché de dupes ..Quel cynisme ..Edouard Philippe  a bien perçu le personnage Macron mais devient son premier ministre ..Cherchez l'erreur
Je pense qu'en politique, le cynisme est de mise!

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Re: EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

Message par LARA BAÏKAL le Lun 15 Mai - 18:39

Ammonite a écrit:propos de Edouard Philippe /

"Macron, qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier».

Pourquoi l'a t-rejoint après avoir tenu de tels propos ?

La politique c'est vraiment un marché de dupes ..Quel cynisme ..Edouard Philippe  a bien perçu le personnage Macron mais devient son premier ministre ..Cherchez l'erreur
Oui. La politique s’exerce sur des rapports de force dont le seul objectif est la conquête du pouvoir. C’est un monde brutal, fait de bassesses et de trahisons


Voilà ce qu'il dit de la politique c'est une réponse aussi ....

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Re: EDOUARD PHILIPPE ET LE ROMAN NOIR

Message par Francelibre le Mar 16 Mai - 12:24

un barbus ......j'aime pas bien "les fausses barbes "
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