Les avions militaires de la guerre d'Algérie

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Les avions militaires de la guerre d'Algérie

Message par cessybo le Dim 7 Mai - 14:47

Dans un autre post, certains d'entre vous ont évoqué le rôle de l'aviation militaire en Algérie.
Parmi les avions rustiques capables de se poser presque n'importe où, il y en avait un que j'aimais bien,  le Broussard :

Le Broussard MH 1521 fut conçu par l’ingénieur Français Max Holste (1913-1998). Personnage inventif et passionné, Max Holste décide, à 26 ans, de concevoir des avions légers et des planeurs. La guerre 39-45 ne favorise guère ses ambitions et si quelques prototypes voient le jour, ce n’est que dans les années 50 que le projet d’un avion de brousse polyvalent se concrétise. Inspiré du Beaver canadien, le Broussard sera équipé du même moteur : le Pratt et Whitney R.985 de 450 CV, conçu dans les années 30 et produit à plus de 50000 exemplaires.

L’avion sera optimisé pour les pistes sommaires : train à lames, maintenance aisée, rusticité des systèmes, il vise l’immense territoire de nos colonies africaines, le Beaver, qui sera construit à 1631 exemplaires ayant déjà pris une large part du reste du marché mondial. L’Etat français sera le premier et principal client de Max Holste. L’appareil sera vendu à l’armée de l’air (289 ex), l’Aviation légère de l’Armée de terre (46 ex), et la Marine (3 ex).

Ces commandes massives gêneront indirectement le marché civil en raison des cadences de production limitées, en dépit d’un partage des tâches entre la SECA (Société d’étude et de construction aéronautique), la SIPA (Société industrielle pour l’Aéronautique) et la Société des Avions Max Holste. 45 modèles seront malgré tout vendus à l’étranger (Haute-Volta, Argentine, Gabon, Madagascar, Maroc et Portugal notamment). Le premier vol du Broussard eut lieu le 1er novembre 1952 et la production s’arrêtera en 1961 ; ce n’est qu’à partir de 1956 qu’il est déployé massivement en Algérie. Affectés aux escadrilles de liaison et d’observation, les Broussard ont pour mission le transport léger, la photographie aérienne, le marquage de cibles, les largages et parachutages, l’évacuation sanitaire et le PC volant.

Sur les 140 appareils engagés par l’Armée de l’Air en Algérie, 29 seront détruits, souvent à cause du peu d’expérience des pilotes sur la machine dans un environnement opérationnel difficile.

Parallèlement, le Broussard sera affecté sur nos bases d’Afrique occidentale et équatoriale, 37 appareils équiperont les groupes mixtes d’oute-mer (GAMOM) au Sénégal, Centrafrique, Congo, Mali, Tchad, Cameroun, Madagascar, Gabon… Ces avions ne quitteront le continent Africain que dans les années 1965, mais dès 1961, certains pays devenus indépendants bénéficieront de la cession par l’armée de l’Air d’un certain nombre d’appareils au profit de leurs forces aériennes naissantes. Parmi les bénéficiaires, le Maroc, le Cameroun, la République Centrafrique, le Congo, la Cote d’Ivoire, l’ex Dahomey, le Gabon, l’ex Haute-Volta, la Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo, mais aussi, la Compagnie Air Afrique. Au total, 92 avions seront cédés par la France à ce titre.

Et c’est ainsi que l’on trouve encore quelques Broussard aux couleurs tchadiennes et sénégalaises exposés à l’entrée des bases de N’DJAMENA et DAKAR YOFF notamment.

En métropole, ce n’est qu’à partir de 1961 que le Broussard est redéployé en nombre, dans les unités de liaison, les escadrons de chasse et dans quelques bases ou unités spécifiques. Certains appareils sont également mis à disposition de nos attachés de l’Air dans les ambassades de France (Venezuela, Tunisie, Algérie, Israël, Angleterre, Inde, Italie).

En 1964, la vente de 20 exemplaires militaires au profit du Service de la Formation aéronautique (SFA) qui les distribue aux centres de parachutisme, s’ajoute à l’attrition naturelle et ainsi en 1980 il ne subsiste que 75 Broussard en activité dans l’Armée de l’Air sur les 289 acquis initialement.

De son côté, l’ALAT reçoit ses premiers Broussard à partir de 1956 et dès 1957 les déploie en Algérie au sein de ses groupements aériens d’observation d’artillerie (GAOA). Quelques appareils seront affectés outre-mer, notamment en Mauritanie et à Madagascar. A l’issue du conflit algérien, les Broussard seront répartis en métropole au sein des unités territoriales, dans les forces de manœuvre ou dans les unités de matériel. Le 1er juillet 1993, a lieu, à Montauban, le dernier vol du Broussard dans l’ALAT qui a cumulé en quarante ans 190.000 heures de vol sur ses 46 avions.

La marine et la Direction des constructions de l’aéronautique navale feront l’acquisition de 3 machines, basées successivement à Fréjus, Cuers et Hyères. En 1993, le Broussard de la DCAN sera le dernier à voler en France à titre militaire.

En novembre 1987, l’arrêt brutal de l’activité du Broussard dans l’armée de l’air marquera le début d’une grande braderie. Les appareils sont cédés pour être exposés en statique, d’autres rachetés par des collectionneurs. Quelques transactions plus tard, et les effets désastreux de la réglementation nationale pour l’aviation de collection ayant fait leur œuvre, on peut compter sur les doigts les Broussard volant encore dans le ciel français. Plus nombreux sont ceux volant aux Etats Unis !!!

Le n° 180 qui est exposé a commencé sa carrière dans l’armée de l’air en Algérie à Oued Hamimine ; il a été affecté ensuite à Friedrichschaffen puis à Metz pour finir à Villacoublay.

Quant à Max Holste, après le relatif succès du Broussard, il conçut le Super Broussard (N260), précurseur du N262 développé par Nord Aviation. CESSNA, devint actionnaire majoritaire dans l’usine des avions Max Holste qui s’appela dès lors REIMS AVIATION.

Max Holste tenta une aventure au Maroc, sans suites sérieuses et, c’est au Brésil qu’il fut le fondateur de ce qui est devenu depuis la célèbre Société EMBRAER, fleuron de l’industrie aéronautique nationale. Il s’est éteint en 1998 dans le plus grand anonymat…

Alain Hugault


Source :  Association de Sauvegarde des avions de Brousse




Caractéristiques techniques:

- Emploi: liaison, évacuation sanitaire, parachutage, VIP
PC volant
- Nombre de places: 6
- Motorisation: Moteur Pratt et Whitney R 985,
9 cylindres en étoiles
- Propulsion: hélice bipale à pas variable
- Puissance: 460 CV à 2300 t/mn
- Carburant: essence 90/96 ou 100/130
- Consommation: 85 litres/heure
- Vitesse maximale: 300 km/h
- Vitesse de croisière: 180 km/h
- Plafond: 4000 mètres
- Poids à vide: 1725 kg
- Poids maximal: 2700 kg
- Charge: 975 kg
- Dimensions: H= 3,25 m ; L= 8,75 m; l=1,4m


Historique

Le prototype du MH 1521, construit à Reims par les usines Max Holste effectua son premier vol le 17 novembre 1952. Livré à l'Alat en 1956, il équipa outre l'Armée de l'Air et la Marine, une quinzaine de pays. Il a été construit à plus de 350 exemplaires, le dernier en 1961.

C'est un avion monoplan à aile haute haubannée et à double dérive. Le revêtement est entièrement métallique. Les jambes de train, à ressorts d'acier, sont d'une exceptionnelle robustesse. Appareil à double commande côte à côte, il comporte 6 places en tout et ses différents équipements lui permettent le transport léger, le PC volant, l'emport de 2 civières, le vol aux instruments le parachutage et la photographie aérienne.

Capable de parcourir 900 km à une vitesse de 180 km/h, le MH 1521 fut surtout utilisé par l'Alat en Algérie pour les liaisons et les évacuations sanitaires secondaires. Rentrés en France, il fut, notamment au sein de l'Ecole d'Application de l'Alat, l'appareil de base pour le vol aux instruments et la radionavigation. Subissant à partir de 1970 la déflation des appareils à voilure fixe au bénéfice de l'hélicoptère, il fut encore utilisé pour les liaisons techniques du Matériel jusqu'en 1993 où les deux derniers Broussards furent retirés du service.

Cet appareil a effectué dans l'Alat plus de 190 000 heures de vol.
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Souvenirs d'Algérie

Message par cessybo le Jeu 8 Juin - 16:20


Patientez quelques instants pour télécharger le diaporama.
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Re: Les avions militaires de la guerre d'Algérie

Message par printemps le Jeu 8 Juin - 17:46

Super documentaire, merci
A présent l'armée algérienne possède aussi des bateaux

printemps

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Re: Les avions militaires de la guerre d'Algérie

Message par printemps le Jeu 8 Juin - 17:47


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Re: Les avions militaires de la guerre d'Algérie

Message par printemps le Jeu 8 Juin - 17:48

Ces frégates de l'armée algérienne sont de fabrication allemande

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Re: Les avions militaires de la guerre d'Algérie

Message par mareaction le Jeu 8 Juin - 18:59

Cessybo, vous me rappelez quelqu'un passionné d'avion, et pilote!

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La seule chose que le socialisme ait jamais faite pour les pauvres est leur donner beaucoup de compagnie.
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