Blasphème?

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Message par haroun 6259 le Jeu 4 Mai - 11:54

S'en abstenir sans l'interdire


On n'insulte que le dieu des autres


André Comte-Sponville - publié le 25/04/2017

André Comte-Sponville, philosophe, est l'auteur de  C'est chose tendre que la vie  (Albin Michel, 2015).


Quand j'étais jeune, le mot même de « blasphème » semblait suranné : on ne l'utilisait guère que pour rire. Et le voilà qui revient à la une de nos journaux, tout chargé de sérieux, de haine, d'effroi ! Les temps changent, et pas toujours en bien. Mais essayons plutôt de comprendre. 

Qu'est-ce qu'un blasphème ? Au sens strict, c'est une insulte faite à Dieu. Cela supposerait beaucoup de courage, voire de témérité, de la part des croyants... Aussi les blasphémateurs, ou supposés tels, se recrutent-ils presque tous à l'extérieur de la religion dont ils transgressent les règles, donc chez les « infidèles » ou les athées. On n'insulte guère que le Dieu des autres, celui auquel on ne croit pas. C'est pourquoi nul n'a le sentiment de blasphémer (comment injurier ce qui n'existe pas ?), mais tout au plus de dénoncer les faux dieux, autrement dit des erreurs ou des illusions qu'on ne partage pas. C'est tout le paradoxe du blasphème : il n'est jamais jugé tel par ceux qui le profèrent, mais seulement par ceux, de l'extérieur, qui le dénoncent ou s'en offusquent. 

Cela explique que le mot, dans nos pays, se prenne surtout en un sens élargi, qui relève moins de la théologie que du droit, moins de la religion que de la politique ou de la politesse. Blasphémer, en ce sens, ce n'est plus injurier Dieu ; c'est scandaliser les croyants en portant atteinte à ce qu'ils tiennent pour divin ou pour sacré. Aussi convient-il le plus souvent de s'en abstenir. À quoi bon choquer, blesser, offenser ? Le respect et la tolérance valent mieux. 

Faut-il pour autant interdire le blasphème ? Au sens premier du mot, un État laïque ne saurait s'y résoudre. Notre République ne croit en aucun Dieu : comment pourrait-elle interdire qu'on l'injurie ? Elle n'a aucune religion : comment pourrait-elle sanctionner le blasphème ? La notion a donc disparu, fort heureusement et légitimement, du vocabulaire juridique moderne, du moins en pratique et dans les démocraties libérales. Le droit de blasphémer fait désormais partie des droits de l'homme, ou plutôt (puisque la notion de « blasphème » est sans pertinence juridique) ce serait violer ces droits (spécialement la liberté de conscience et d'expression) que de prétendre interdire ce que certains croyants ont bien le droit, rappelons-le en passant, de juger blasphématoire. 

« Soit, diront certains, pour le blasphème au sens strict ; mais au sens large du mot ? On pourrait au moins sanctionner ceux qui blessent ou offensent telle ou telle communauté religieuse... » C'est déjà le cas, lorsqu'il y a injure, diffamation ou incitation à la haine. Reste à ne pas restreindre abusivement la liberté d'expression au nom de la susceptibilité des uns ou des autres. Caricaturer le Prophète, se moquer du Christ ou de Moïse, tourner les prétendues « Écritures saintes » en dérision, ce n'est pas - ou pas forcément - injurier ou diffamer quiconque, ni inciter à haïr quelque communauté que ce soit : ce peut être aussi bien combattre le fanatisme, la superstition, l'esprit de sérieux, ou même mener un combat idéologique contre la religion en général ou telle ou telle religion en particulier. De quel droit l'interdire ? On a le droit, dans nos pays, d'être antifasciste, anticommuniste ou antilibéral. On a le droit tout aussi bien de combattre la religion ou l'irréligion, le judaïsme ou l'islam, le christianisme ou l'athéisme. Qu'il vaille mieux le faire poliment, respectueusement, c'est une évidence. Mais faut-il pour autant interdire l'ironie, la dérision, la caricature ? Le remède serait pire que le mal. La liberté de l'esprit est plus précieuse que les bonnes manières. Y renoncer serait plus grave que le blasphème.|
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Message par Invité le Jeu 4 Mai - 12:07

On a le droit, dans nos pays, d'être antifasciste, anticommuniste ou antilibéral. On a le droit tout aussi bien de combattre la religion ou l'irréligion, le judaïsme ou l'islam, le christianisme ou l'athéisme. Qu'il vaille mieux le faire poliment, respectueusement, c'est une évidence.   OUI

Mais faut-il pour autant interdire l'ironie, la dérision, la caricature ? OUI

Le remède serait pire que le mal. La liberté de l'esprit est plus précieuse que les bonnes manières. Y renoncer serait plus grave que le blasphème. On peut exprimer  sa pensée sans pour cela ridiculiser celle de l´autre. Ce moquer ne fait rire que celui qui se moque

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Message par haroun 6259 le Jeu 4 Mai - 12:57

elaine a écrit:On a le droit, dans nos pays, d'être antifasciste, anticommuniste ou antilibéral. On a le droit tout aussi bien de combattre la religion ou l'irréligion, le judaïsme ou l'islam, le christianisme ou l'athéisme. Qu'il vaille mieux le faire poliment, respectueusement, c'est une évidence.   OUI

Mais faut-il pour autant interdire l'ironie, la dérision, la caricature ? OUI

Le remède serait pire que le mal. La liberté de l'esprit est plus précieuse que les bonnes manières. Y renoncer serait plus grave que le blasphème. On peut exprimer  sa pensée sans pour cela ridiculiser celle de l´autre. Ce moquer ne fait rire que celui qui se moque

C'est ce que dit André Comte-Sponville ( dans ce que j'ai souligné en vert )
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Message par haroun 6259 le Jeu 4 Mai - 13:02

Focus antiquité. On ne badine pas avec les dieux


Gaétan Supertino - publié le 25/04/2017




Le blasphème n'est pas l'apanage des monothéismes. Dans la démocratie athénienne antique, l'injure faite aux dieux et la formulation d'une prière déplacée ont longtemps été réprimées, surtout si elles étaient prononcées pendant un rite sacrificiel. Le blasphémateur, perçu comme un fauteur de troubles, risquait de provoquer la colère divine. « Le mot grec blasphêmia désigne une parole qui blesse. Par extension, ce terme évoque les paroles de mauvais augures, dont on sait le poids sur les imaginaires et les pensées antiques, surtout si elles impliquaient le monde des dieux », écrit l'historien Baudouin Decharneux (Le Blasphème, du péché au crime, Université libre de Bruxelles, 2012). La victime la plus illustre de cet « imaginaire » est peut-être Socrate, condamné à boire la ciguë pour n'avoir pas « reconnu » les dieux de la cité. Pour les partisans du philosophe, toutefois, les blasphémateurs se trouvaient plutôt dans les rangs des accusateurs. Comme l'observe Baudouin Decharneux, « les Athéniens, lorsqu'ils accusèrent Socrate d'impiété, n'avaient compris ni le sens authentique du culte, ni la philosophie "véritable" qui se cachaient derrière les prescriptions relatives aux dieux ». Ainsi, pour Platon, disciple de Socrate, les dieux sont des êtres transcendants et inaltérables. Les blasphémateurs étaient donc du côté des poètes et des théologiens, qui représentaient les divinités comme des êtres à l'humeur inconstante et sensibles aux belles paroles. « Que les mères n'effraient pas leurs enfants en leur contant mal à propos que certains dieux errent la nuit, sous les traits d'étrangers de toutes sortes, afin d'éviter, à la fois de blasphémer contre les dieux et de rendre les enfants peureux », écrit le philosophe dans La République.

Le Satyricon témoigne

Dès la Grèce antique, donc, des accusations de blasphèmes furent jetées les unes contre les autres. Des tensions similaires se firent ressentir à Rome. L'Empire romain tolérait de nombreuses religions. Mais malheur pouvait arriver à celui qui injuriait les divinités protectrices des cités, surtout s'il était en bas de l'échelle sociale. « L'esclave Mithridate a été mis en croix parce qu'il avait blasphémé contre le génie tutélaire [dieu personnel] de notre maître Gaïus », peut-on lire dans le Satyricon de Pétrone, un livre romanesque relatant les moeurs du Ier siècle de notre ère. Vers le IIe siècle, l'Empire va imposer des sacrifices rituels à tous ses territoires. La religion prenait là un sens politique : nul besoin de croire aux dieux de la cité, le sacrifice était un signe d'allégeance à l'empereur.

« Aujourd'hui condamnant, et demain condamné »

Mais tout le monde n'était pas disposé à jouer le jeu. Nombreux furent ceux qui, parmi les premiers chrétiens, décidèrent de boycotter les sacrifices : leur dieu, estimaient-ils, refusait ces cajoleries idolâtres. Accusés d'injure envers la religion civile et, donc, envers l'empereur, nombre d'entre eux furent persécutés. Les « dieux de théâtre et de comédie » des Romains, dixit saint Augustin, finirent toutefois par s'incliner. L'Empire embrassa le christianisme, et le polythéisme perdit peu à peu tout caractère sacré. En avait-on fini avec la répression ? Pas vraiment. Avec le Code justinien, le blasphème contre l'orthodoxie chrétienne, « crime contre nature », se voyait puni des « derniers supplices ». « Les partisans de l'ancienne religion de l'empire, qui reprochaient le blasphème aux premiers chrétiens, furent condamnés eux-mêmes comme blasphémateurs », résume Voltaire dans son Dictionnaire philosophique. Et de conclure, citant le poète anglais John Dryden : « Tel est chaque parti dans sa rage obstiné, aujourd'hui condamnant, et demain condamné. » |

P.S : Je n'aime pas Voltaire pour beaucoup de raisons, mais je suis d'accord avec lui sur ce point : Les persécutés d'hier deviennent souvent les persécuteurs d'aujourd'hui .
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Message par haroun 6259 le Jeu 4 Mai - 13:19

Religions non monothéistes. Le blasphème identitaire


Nathalie Calmé - publié le 25/04/2017


En Inde, sur fond d'avancée du fondamentalisme hindou, le seul fait d'appartenir à une autre religion peut revêtir un caractère blasphématoire. 


L'Inde est une terre superbement religieuse. Parfois jusqu'au fanatisme. Cela n'est pas uniquement le fait de la religion dominante, l'hindouisme, mais aussi de l'islam, du bouddhisme, du jaïnisme, du sikhisme et du christianisme. La question du respect des religions, de leurs rites et croyances, est de celles qui permettent le partage entre les postures d'ouverture et de fermeture, d'accueil ou de refus de la liberté de conscience. Il n'y a pas, à proprement parler, de théorie systématique sur le blasphème dans les textes de l'hindouisme. En revanche, à de multiples reprises, il est possible de repérer dans ces textes (Upanishads, Védas...) un appel au respect scrupuleux des frontières entre les quatre grandes castes socioreligieuses qui structurent l'hindouisme et la société indienne. Il y a blasphème dès qu'il y a transgression de ces limites. Cela concerne aussi bien les métiers, l'alimentation ou les mariages. En revanche, beaucoup d'analystes estiment que sur le plan traditionnel, le pluralisme des religions est reconnu et accepté. Au XXe siècle, des gourous et sages célèbres de l'Inde, tels que Gandhi ou Vivekananda, ont d'ailleurs fait de Jésus un avatar ou un maître. Il en va de même à propos du bouddhisme. Les actes de blasphèmes qui ne sont pas tolérés relèvent souvent de problématiques culturelles et nationales, voire xénophobes, comme l'intolérance de certains moines de Birmanie à l'égard de la minorité musulmane. La tradition du dharma (l'enseignement du Bouddha), comme le Soutra du filet de Brahma, évoque néanmoins un blasphème. Il figure dans la liste des dix voeux principaux des bodhisattvas (êtres de compassion) : ne pas blasphémer les Trois Joyaux que sont le Bouddha, le dharma et le sangha - la communauté spirituelle. Autour du blasphème, de l'injure à la religion, de l'irrespect des formes traditionnelles et des dogmes se dessine aujourd'hui, en Inde et dans toute l'Asie, un paysage aux allures inquiétantes. La prospérité des économies et l'augmentation du niveau de vie ne sont pas les gages du développement d'une conscience démocratique et pluraliste, ni de l'esprit critique. Il ne faudrait pas croire, pour autant, que la dimension religieuse soit la seule engagée dans ces polémiques autour du blasphème et de la liberté. Il est facile de montrer que ceux qui entendent protéger leur sacré, leur foi religieuse ou leurs dogmes sont motivés par des raisons de types identitaire, idéologique et politique. Mieux vaut donc éviter d'ajouter de l'huile sur le feu de ces polémiques en affirmant, un peu trop rapidement, que la religion en tant que telle serait frileuse et intolérante. En outre, l'Inde est un pays très densément peuplé (près de 1 milliard 300 millions d'habitants), où cohabitent de nombreuses religions : les accrochages, s'ils sont à déplorer, restent néanmoins circonscrits.Il y a blasphème et blasphème. Car même si le religieux peut sembler remis en question, d'autres enjeux, politiques et intellectuels, peuvent apparaître. Le critère de démarcation est bien sûr l'intention de celui qui polémique. Depuis les années 1920, notamment dans le Sud de l'Inde, le mouvement communiste est fortement implanté et se trouve souvent associé à la direction politique de certains États. Or, sa conception du monde est considérée comme blasphématoire par les élites religieuses brahmaniques (les lettrés dans l'hindouisme), ne serait-ce qu'en raison de son athéisme supposé et de son matérialisme. Est également jugée comme une atteinte à la tradition la démarche des Indiens rationalistes qui entendent révéler la fausseté des miracles attribués à des gourous contemporains, de même que la finalité mercantile de cet usage de la crédulité populaire. Ainsi, Sanal Edamaruku, qui préside l'Association des rationalistes indiens, traque-t-il inlassablement les imposteurs et les charlatans, en particulier à travers des face-à-face avec les gourous. Les médias raffolent de ces conflits, procès, et parfois intimidations de la part de disciples fanatisés.

Hindouisme, pureté et concurrence

Mais toutes les attaques contre la religion ne viennent pas de milieux rationalistes. Elles trouvent aussi leur origine dans des cercles qui appartiennent à des religions concurrentes. Il est vrai que le regard porté sur les religions historiques de l'Inde n'est pas tendre lorsqu'il s'agit, par exemple, des missionnaires issus du fondamentalisme protestant étasunien. Le polythéisme hindou, de même que le bouddhisme, ne sont-ils pas, à leurs yeux, des idolâtries ? Des groupes nationalistes, dans le sillage de l'hindutva - idéologie fascisante qui affirme que seul l'hindou est en droit de revendiquer pleinement l'indianité -, estiment que la seule présence des minorités musulmane, chrétienne, bouddhiste, etc., dans l'espace public est une offense et un blasphème pour la pureté de l'ordre traditionnel. Depuis 2014 et la victoire du parti politique d'extrême-droite, le BJP, à la tête du pays, de plus en plus de décisions et de projets entendent « protéger la religion hindoue » du « blasphème » des autres confessions. Ainsi, en décembre 2014, le ministre des Affaires parlementaires appelait au vote d'une loi anticonversion à la Chambre basse du Parlement ; demande réitérée le 23 mars 2015 par Rajnath Singh, le ministre de l'Intérieur de l'Union indienne... Sans succès heureusement ! Le refus du « blasphème » ou de ce qui est considéré comme tel est générateur de mille et une violences dans le corps social de l'Inde. Mais le blasphème n'est pas seulement une offense volontaire à la religion. Le seul fait d'appartenir à une autre confession revêt un caractère blasphématoire aux yeux des fondamentalistes. En mai 2016, dans l'État du Chhattisgarh, deux Indiens du village de Dhurly ont ainsi dû déclarer qu'ils renonçaient à leur foi chrétienne. « Ces attaques font partie d'une stratégie claire, qui vise à promouvoir l'idéologie hindoue et à éliminer les minorités religieuses, dont les chrétiens, de la région », déclarait Mgr Sebastian Poomattam, vicaire général de l'archidiocèse catholique de Raipur. Les musulmans sont aussi victimes de cette violence qui prend racine, sous couvert de lutter contre le blasphème, dans une apologie de l'hindouisme. En septembre 2015, un musulman était lynché à mort par un groupe d'hindous, dans le village de Bishara, non loin de New Delhi, après avoir été soupçonné de manger du boeuf, durant la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.


La créatrice de Harry Potter accusée de blasphème

Mais la folie affecte toutes les communautés, et pour les raisons parfois les plus improbables. Il y a quelques mois, Alay Anil Dave, un avocat de l'État du Gujarat (dans l'Ouest de l'Inde), se faisait par exemple le porte-parole de l'un de ses clients contre le jeu sur smartphone Pokémon Go. Et d'expliquer que « les gens qui jouent au jeu se voient récompensés par des oeufs qui apparaissent généralement dans des lieux de culte de différents groupes religieux. Pour les hindous et les jaïnistes, il s'agit là d'un blasphème. Mon client demande donc l'interdiction du jeu dans le pays ». Une plainte a été déposée devant la Haute Cour du Gujarat. Et si l'écrivaine britannique J. K. Rowling a une passion pour l'Inde, dont elle aime l'histoire et la sagesse, cela ne l'a pas empêchée, en 2012-2013, d'être la cible de certains fondamentalistes sikhs. Dans son roman policier Une Place à prendre, l'un des protagonistes du récit est une jeune femme sikhe à la forte poitrine et moustachue. Ce portrait était jugé blasphématoire par le Comité responsable de l'Akal Takht, la haute institution politique sikhe, qui réclamait la censure du livre en raison de ses « insultes ». Pour sa part, la Fédération nationale des jeunes sikhs entendait faire pression sur les librairies. Le tragique, dans cette histoire de blasphème, est que J. K. Rowling vénère le sikhisme depuis qu'elle a 25 ans, notamment parce que dans cette religion, « les hommes et les femmes sont considérés comme égaux dans les livres saints, et qu'ils sont capables de participer aux mêmes rites religieux »... 

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Le dalaï-lama blasphémateur ?

La plus haute autorité du bouddhisme tibétain est périodiquement au centre de polémiques ayant trait au blasphème, et cela pour des raisons assez contradictoires... Le 7 septembre 2011, au Palais des Congrès de Montréal, le dalaï-lama participait à la deuxième Conférence mondiale sur les religions. Dans la déclaration finale, dont il fut signataire, figure cet article : « (4) Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement. » De nombreux commentateurs y ont vu l'interdiction du blasphème. Mais, quelques années après, en 2014-2015, le dalaï-lama sera, lui le défenseur des traditions, attaqué par les autorités chinoises pour blasphème... En effet, il soutenait qu'il n'aurait pas de successeur à sa mort, remettant en question le dogme de sa propre réincarnation. Le président du Comité permanent de l'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet, représentant du pôle prochinois de la société tibétaine, a dénoncé ces propos : « Ce qu'il a déclaré est un blasphème contre le bouddhisme tibétain. » Il va de soi que, derrière cette polémique religieuse, le débat est ici clairement politique.

À lire

La Démocratie en Inde. Religion, caste et politique Christophe Jaffrelot (Fayard, 1998)
Inde : la démocratie par la caste. Histoire d'une mutation socio-politique (1885-2005) Christophe Jaffrelot (Fayard, 2005)






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