L'élection française, vue du Canada

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L'élection française, vue du Canada

Message par cessybo le Lun 1 Mai - 14:50

1 mai 2017 |François Brousseau | Europe | Chroniques 

  

Impopulaire dans les sondages, bouc émissaire facile, cible de politiciens nationaux « qui montent », l’Union européenne paraît mal en point. Pourtant, elle pourrait retrouver, dans une humilité et une modestie nouvelles, les moyens de sa relance.

 

En Autriche, en décembre dernier, puis aux Pays-Bas en mars, deux formations « populistes » et europhobes, le Parti populaire autrichien et le Parti de la liberté, auxquelles on accordait des chances de prendre le pouvoir ou de s’en rapprocher, ont eu des résultats en deçà des attentes.

 

Dans la présidentielle française de dimanche — d’une importance cruciale pour l’avenir de l’Europe —, il est significatif que Marine Le Pen, europhobe finaliste contre l’europhile favori Emmanuel Macron, ait mis beaucoup d’eau dans son vin, ces derniers jours, sur des sujets cruciaux comme l’Union européenne et la monnaie commune.

 

Dans le programme du Front national se trouve en toutes lettres l’objectif d’un « rétablissement » de la souveraineté nationale et d’une monnaie nationale par voie de référendum. Or, dans les derniers discours de Mme Le Pen, on entend qu’un tel référendum n’est plus une priorité, et que beaucoup de problèmes pourraient se régler dans le cadre actuel.

 

Comme tout le monde, Marine Le Pen lit les sondages et a bien vu que plus de 70 % des Français — par enthousiasme ou par réalisme — souhaitent aujourd’hui conserver l’euro.

 

L’euro en 2002, avec les 19 pays qui en sont devenus membres, était une erreur, produit d’une foi technocratique liée à l’absurde conviction de la disparition imminente des nations. Mais en sortir quinze ans plus tard, sauf peut-être dans un cas extrême comme la Grèce, comporterait plus d’inconvénients et de coûts que d’avantages.

 

Indépendamment du fond de la question, ce « pas de côté » tactique de Mme Le Pen montre que la progression des populistes en Europe n’est pas qu’une simple et irrésistible ligne droite ascendante.

 

Si, par exemple, Marine Le Pen obtient dimanche 45 % des suffrages (ce qui serait une immense victoire morale, un score phénoménal), ça n’aura pas la même signification que si elle ne fait « que » 35 % (ce qui, dans le contexte, compte tenu des attentes, représenterait une défaite décisive).

 

On voit également qu’en Allemagne, pour les législatives de septembre, les intentions de vote favorables au parti Alternative für Deutschland (cousin du Front national) ont tendance à se tasser (alors que ce parti se radicalise, ce qui n’est pas le cas du Front national).

 

L’affrontement de septembre concernera, pour l’essentiel, deux « vieux partis » : les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates, ces derniers revigorés par l’arrivée d’un certain Martin Schulz, ex-président du Parlement européen.

 

N’en doutons pas : l’Europe comme projet politique commun, facteur de rapprochement des peuples et acteur crédible sur la scène internationale, ne va pas bien. Elle n’est pas prise très au sérieux à Washington, Pékin ou Moscou. Si le populisme nationaliste de droite marque le pas en Europe de l’Ouest — ce que l’on pourrait voir dimanche en France —, ce n’est pas encore le cas en Hongrie ou en Pologne.

 

Mais est-elle pour autant à l’article de la mort ?

 

Deux des reproches le plus souvent adressés à Emmanuel Macron sont :
 1) qu’il serait prêt à jeter aux poubelles de l’Histoire la nation française dans le grand magma « postnational » européiste et mondialiste ;
 et 2) qu’il ne voudra ou ne pourra pas tenir tête aux Allemands dans la redéfinition nécessaire de l’Europe, une Europe plus modeste (oublier la convergence politique à marche forcée, au détriment des nations), mais plus généreuse en matière de politique économique.
 
Cet homme a dit : « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France, et elle est diverse. » On en a immédiatement fait un idéologue multiculturaliste à la sauce Justin Trudeau… ce qu’il n’est pas.
 
Dans une réponse à la polémique qui a suivi, M. Macron a écrit dans Le Figaro : « La langue française […] est la condition de notre projet. […] Dans ce monde qui change si profondément, qui menace d’effacer les frontières, de nous fondre de façon indistincte, notre culture est un atout maître. »
 
Quant aux Allemands… eh ! bien, peut-être faudra-t-il à l’Élysée un libéral pro-Europe, mais qui se découvrirait patriote, pour leur faire comprendre le danger mortel, pour le projet européen, que représente l’intransigeance teutonne en matière économique.

Source "Le Devoir du 1er mai
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Re: L'élection française, vue du Canada

Message par Invité le Lun 1 Mai - 15:19

Excuse-moi cessybo mais ce serait plus simple de mettre le lien, j´ai cherché un moment sur le net pour retrouver cet article. Mais pourquoi vu du Canada

http://www.ledevoir.com/international/europe/497686/l-europe-resiste

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Leçons et "Devoir"

Message par cessybo le Lun 1 Mai - 16:12

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