Recueil de poésies

Page 3 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Poème truculent

Message par cessybo le Jeu 24 Aoû - 16:24

Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne



Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S'il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.

Il n'est mal d'estomac, colique ni migraine
Qu'il ne puisse guérir, mais sur tout il a l'heur
Que contre l'accident de la pâle couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l'autre jour
Qui me dit que c'était un perroquet d'amour,
Et dès lors m'en offrit bon nombre de monnoie

Des autres perroquets il diffère pourtant :
Car eux fuient la cage, et lui, il l'aime tant
Qu'il n'y est jamais mis qu'il n'en pleure de joie.







  • Isaac de BENSERADE   (1613-1691)






Poète, courtisan et bel esprit, Isaac de Benserade fut le protégé du cardinal de Richelieu, du duc de Brézé, de Mazarin et de Louis XIV et fut adulé par les milieux mondains de son époque. Pensionné à la hauteur de six cents livres par an par Richelieu, on lui doit une épitaphe humoristique à la mort de ce dernier :



Cy-gist, oui, gist, par la mort-bleu !
Le cardinal de Richelieu ;
Et ce qui cause mon ennui,
Ma pension avecque lui.

cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Un grand parnassien : Leconte de Lisle

Message par cessybo le Jeu 31 Aoû - 17:50

Charles Leconte de Lisle

Né à Saint-Paul (France) le 22/10/1818 ; Mort à Voisins-le-Bretonneux (France) le 17/07/1894



Leconte de Lisle est né en 1818 à la Réunion, alors appelée île Bourbon. À 18 ans, il rejoint l'Hexagone pour étudier le droit. Lorsqu'il décide d'abandonner ses études pour s'adonner à sa passion pour la poésie, sa famille lui coupe les vivres. Il subsiste en donnant des cours particuliers et en faisant des traductions. Fervent républicain, ses écrits mêlent sa passion pour les mythes antiques aux nouvelles idées révolutionnaires.

En 1852, il publie un recueil de poésies, "Poèmes antiques". Dans la préface, il se présente comme le chef de file d'un nouveau mouvement littéraire, qui prône le retour aux sources antiques et la supériorité du beau sur l'utile : c'est ainsi qu'il fonde le Parnasse. Ce courant littéraire séduira notamment 
Villiers de L'Isle-Adam, ainsi que Mallarmé à ses débuts.

Leconte de Lisle a beaucoup écrit au cours de vie : il a composé des récits en prose, des essais et discours, et des pièces de théâtre. Mais il est surtout connu pour ses recueils poétiques. Il publiera deux autres recueils célèbres : "Poèmes barbares" en 1862, et "Poèmes tragiques" en 1884. Le recueil "Poèmes barbares" célèbre la beauté des paysages exotiques dans lesquels Leconte de Lisle a grandi. Ses poèmes sont ciselés, avec des vers réguliers soigneusement cadencés. En 1872, sous la IIIe république, il obtient un poste de bibliothécaire adjoint au Sénat, ce qui lui permet d'améliorer sa situation financière, longtemps instable. En 1886, il prend la succession de 
Victor Hugo à l'Académie française. Il meurt en 1894.


Nox



Sur la pente des monts les brises apaisées
Inclinent au sommeil les arbres onduleux ;
L'oiseau silencieux s'endort dans les rosées,
Et l'étoile a doré l'écume des flots bleus.

Au contour des ravins, sur les hauteurs sauvages,
Une molle vapeur efface les chemins ;
La lune tristement baigne les noirs feuillages ;
L'oreille n'entend plus les murmures humains.

Mais sur le sable au loin chante la Mer divine,
Et des hautes forêts gémit la grande voix,
Et l'air sonore, aux cieux que la nuit illumine,
Porte le chant des mers et le soupir des bois.

Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines
Entretien lent et doux de la Terre et du Ciel !
Montez, et demandez aux étoiles sereines
S'il est pour les atteindre un chemin éternel.

O mers, ô bois songeurs, voix pieuses du monde,
Vous m'avez répondu durant mes jours mauvais ;
Vous avez apaisé ma tristesse inféconde,
Et dans mon coeur aussi vous chantez à jamais !

cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Léo Ferré : la misère

Message par cessybo le Lun 4 Sep - 10:55

Madame la misère
 
Madame la misère écoutez le vacarme
Que font vos gens le dos vouté la langue au pas
Quand ils sont assoiffés il ne soulent de larmes
Quand ils ne pleurent plus il crèvent sous le charme
De la nature et des gravats

Ce sont des suppliciés au ventre translucide
Qui vont sans foi ni loi comme on le dit parfois
Régler son compte à Monseigneur Ephéméride
Qui a pris leur jeunesse et l'a mise en ses rides
Quand il ne leur restait que ça

Madame la misère écoutez le tumulte
Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi
Trainant des mots d'amour avalant les insultes
Et prenant par la main leurs colères adultes
Afin de ne les perdre pas

Ce sont des enragés qui dérangent l'histoire
Et qui mettent du sang sur les chiffres parfois
Comme si l'on devait toucher du doigt pour croire
Qu'un peuple heureux rotant tout seul dans sa mangeoire
Vaut bien une tête de roi

Madame la misère écoutez le silence
Qui entoure le lit défait des magistrats
Le code de la peur se rime avec potence
Il suffit de trouver quelques pendus d'avance
Et mon Dieu ça ne manque pas




cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Emmanuel d'Astier de la Vigerie

Message par cessybo le Sam 9 Sep - 22:00

  Emmanuel d'Astier de La Vigerie, alias Bernard dans la Résistance, fut le fondateur du groupe « Libération-zone Sud ». Après un premier voyage à Londres en 1942, il y retourne en 1943, où il écrit Complainte du Partisan, un poème qui fait parti de la résistance contre l'occupation allemande en France. Il retrace les souffrances endurées par Emmanuel d'Astier pendant la guerre.




Complainte du partisan

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme.



Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.



J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière.



Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris
Il est mort sans surprise.



Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières.



Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l'ombre
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par LARA BAÏKAL le Dim 10 Sep - 8:47

cessybo a écrit:  Emmanuel d'Astier de La Vigerie, alias Bernard dans la Résistance, fut le fondateur du groupe « Libération-zone Sud ». Après un premier voyage à Londres en 1942, il y retourne en 1943, où il écrit Complainte du Partisan, un poème qui fait parti de la résistance contre l'occupation allemande en France. Il retrace les souffrances endurées par Emmanuel d'Astier pendant la guerre.




Complainte du partisan

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme.



Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.



J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière.



Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris
Il est mort sans surprise.



Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières.



Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l'ombre



Mis en chanson par le très regretté Léonard Cohen 





_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty
Jefferson. 
LARA BAÏKAL
LARA BAÏKAL
Admin

Messages : 33156
Date d'inscription : 11/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Résister, c'est vivre !

Message par cessybo le Mar 12 Sep - 21:41

Jean Prévost, Le Petit Testament

     Jean Prévost est un écrivain français né le 13 juin 1901. Il adhère au Comité national des écrivains, créé par Aragon et sa femme, et participe à la création du journal clandestin Les étoiles à la fin de 1942. Il tombe le 1er août 1944 sous la mitraille nazie à l'âge de 43 ans. Dans le Petit testament, il nous fait partagé sa joie de vivre malgré la guerre qu'il est en train de subir. Il parle à l'imparfait comme s'il était déjà mort.

Claude, si la guerre incertaine
Un de ces beaux matins m'emmène
Les pieds devant,
N'écris pas mon nom sur la terre
Je souhaite que ma poussière
S'envole au vent.


Pas d'étendard avec ma chiffe
Que l'officiel et le pontife
Taisent leur bec;
Vous-mêmes, ce matin d'épreuve,
Mes trois enfants, et toi ma veuve
Gardez l'oeil sec.


Pas un regret ne m'importune.
Je suis content de ma fortune.
J'ai bien vécu.
Un homme qui s'est rempli l'âme
De trois enfants et d'une femme
Peut mourir nu.


Veux-tu que mon ombre s'égaie
Qu'un canot à double pagaie
Porte mon nom,
Qu'il ait un mât, voile latine,
Le nez léger, l'humeur marine
Et le flanc blond.


Tu sais comment j'aimais la vie.
Je détestais la jalousie
Et le tourment.
Si les morts ont droit aux étrennes
Je veux qu'au bout de l'an tu prennes
Un autre amant.








Jean Prévost
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty "Je me sens si seul, par moment"

Message par cessybo le Mar 12 Sep - 21:52

    Jean-Pierre Rosnay, né en 1926, entre dans les maquis de la Résistance contre le nazisme à l'âge de 15 ans et demi. Il fonde après la guerre le mouvement poétique des Jarivistes qui défraye la chronique en organisant des « scandales poétiques » (enlèvement de Julien Gracq, enterrement de l'Existentialisme). Après Robert Desnos, avec Philippe Soupault et André Frédérique, il est un des précurseurs d'une poésie qui prend à contre-pied le mythe du poète maudit et prétend trouver son public. Dans ce poème, il se remémore son adolescence, lorsqu'il est entré dans la résistance.


FRANCE

Ils disaient tous Ma France ou la France éternelle
Et chacun te prenait un peu de plume à l'aile
Mais quand l'ennemi arriva
Les guérites étaient là
Mais plus les sentinelles


Ils disaient tous Ma France ou la France éternelle
Moi je t'aimais et je ne disais rien,
Je n'avais pas seize ans, France, tu t'en souviens
Ils disaient tous ma France ou la France éternelle


Je n'ai rien dit, moi, j'étais trop enfant
J'ai pris le fusil de la sentinelle
Et puis c'est fini maintenant
France, pardonne-moi si je te le rappelle
Je me sens si seul par moment.




Jean-Pierre Rosnay
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Sam 23 Sep - 18:25

https://positivr.fr/serge-reggiani-recite-baudelaire-enivrez-vous/

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Poésies de la Résistance

Message par cessybo le Dim 1 Oct - 22:14

Octobre





Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés



Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Lun 2 Oct - 8:33

La lune et le soleil,

Comme des familiers
Qui n'ont pas leurs pareils,
Et d'avoir confié Le monde à sa mémoire Comme un clair cavalier A sa monture noire,
D'avoir donné visage A ces mots :
femme, enfants,
Et servi de rivage A d'errants continents,
Et d'avoir atteint l'âme A petit coups de rame Pour ne l'effaroucher D'une brusque approchée.
C'est beau d'avoir connu L'ombre sous le feuillage Et d'avoir senti l'âge Ramper sur le corps nu, Accompagné la peine Du sang noir dans nos veines Et doré son silence De l'étoile Patience,
Et d'avoir tous ces mots Qui bougent dans la tête, De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D'avoir senti la vie Hâtive et mal aimée,
De l'avoir enfermée Dans cette poésie.

Jules Supervielle

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Lun 2 Oct - 8:39


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Maximes, pensées, aphorismes, proverbes...

Message par cessybo le Lun 2 Oct - 15:12

Excellent choix, Alexandrine.
Le reproche de mettre trop de citations dans mes textes m'est souvent adressé.
Mais certaines sont tellement vraies, tellement pertinentes que j'aurais beaucoup aimé avoir l'intelligence de les écrire moi-même.
Elles me prennent aux tripes et m'obligent à réfléchir.
Dans les extraits ci-dessus, j'en connaissais quelques-unes.
Je vais m'efforcer d'en mémoriser des nouvelles.

Je trouve naturel d'emprunter  à des écrivains ou à des penseurs talentueux des sentiments et des opinions qui me correspondent.
J'avais une bonne mémoire. J'en ai beaucoup retenu mais mes souvenirs s'estompent.
En terminale, j'avais un prof de français qui nous reprochait souvent de ne pas placer assez de citations pour illustrer nos dissertations, narrations, analyses de textes. Comme j'avais beaucoup d'estime pour lui, je suppose que je lui dois ce virus que certains, sur ce forum, considèrent comme un défaut.

Je n'ai pas l'intention de modifier la façon de m'exprimer. J'écris comme je parle. Et, à l'oral, je crois que je suis encore pire. Un simple mot peut déclencher un extrait de texte enfoui dans ma mémoire. Mes amis, ma famille, y sont habitués. Ils se contentent de sourire.

Que les autres veuillent bien m'excuser.
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Lun 2 Oct - 19:01

les  voilà  cessybo  Recueil de poésies - Page 3 2105144925 Recueil de poésies - Page 3 2105144925


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Lun 2 Oct - 19:04

cessybo a écrit:Excellent choix, Alexandrine.
Le reproche de mettre trop de citations dans mes textes m'est souvent adressé.
Mais certaines sont tellement vraies, tellement pertinentes que j'aurais beaucoup aimé avoir l'intelligence de les écrire moi-même.
Elles me prennent aux tripes et m'obligent à réfléchir.
Dans les extraits ci-dessus, j'en connaissais quelques-unes.
Je vais m'efforcer d'en mémoriser des nouvelles.

Je trouve naturel d'emprunter  à des écrivains ou à des penseurs talentueux des sentiments et des opinions qui me correspondent.
J'avais une bonne mémoire. J'en ai beaucoup retenu mais mes souvenirs s'estompent.
En terminale, j'avais un prof de français qui nous reprochait souvent de ne pas placer assez de citations pour illustrer nos dissertations, narrations, analyses de textes. Comme j'avais beaucoup d'estime pour lui, je suppose que je lui dois ce virus que certains, sur ce forum, considèrent comme un défaut.

Je n'ai pas l'intention de modifier la façon de m'exprimer. J'écris comme je parle. Et, à l'oral, je crois que je suis encore pire. Un simple mot peut déclencher un extrait de texte enfoui dans ma mémoire. Mes amis, ma famille, y sont habitués. Ils se contentent de sourire.

Que les autres veuillent bien m'excuser.


surtout  ne  change  rien  , le  naturel vaut bien  plus  que  des  minauderies  Laughing Laughing Laughing

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Booz endormi

Message par cessybo le Lun 2 Oct - 21:44

Merci Alexandrine pour ta bonne intention.
Mais hélas, la version que tu as choisie est très raccourcie.
Je connais trop bien ce poème pour ne pas m'en apercevoir.
Il faut  écouter la version intégrale pour bien comprendre toute l'histoire.




Je l'écoute toujours avec un grand plaisir.
J'espère ne pas être le seul ?
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Poésies de la Résistance

Message par cessybo le Lun 2 Oct - 22:11

Je trahirai demain

     D'origine allemande, Marianne Cohn  était membre de la Résistance Juive, elle sauva des enfants par des placements dans des familles françaises ou par le passage vers la Suisse. Elle était membre des Eclaireurs Israélites de France. Ce poème témoigne de son courage et de sa volonté de sauver les juifs des mains de la Gestapo.

Je trahirai demain, pas aujourd'hui
Aujourd'hui, arrachez-moi les ongles
Je ne trahirai pas !
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre.
Il ne me faut pas moins d'une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui-
La lime est sous le carreau,
La lime n'est pas pour le bourreau,
La lime n'est pas pour le barreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd'hui, je n'ai rien à dire.
Je trahirai demain






Marianne Cohn, Je Trahirai Demain
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Nous devons accentuer notre résistance comme l'ont fait nos anciens.

Message par cessybo le Mar 3 Oct - 21:54

Poète alsacien de confession juive, pour échapper aux persécution nazies, Ivan Goll s'est exilé aux Etats-Unis au début de la guerre. C'est en exil qu'il a publié, dans la revue « Poet's Message » dont il fut le fondateur, La Grande Misère de la France. C'est un poème dans lequel il dévoile ses regrets d'avoir quitté la France à cause de la IIe Guerre Mondiale.


Nous n'irons plus au bois ma belle
Les lauriers sont coupés les ponts
Aussi : les arcs-en-ciel
Et même le pont d'Avignon


Jeanne d'Arc mortelle statue
Un peu de bronze ensanglanté
Dans cette France qui s'est tue
Ton coeur a cessé de chanter


Jeanne dans sa jupe de bure
Assise sous les framboisiers
Se prépare une confiture
Avec du sang de cuirassiers


La poule noire des nuages
Pond les oeufs pourris de la mort
Les coqs éplumés des villages
N'annoncent que les vents du Nord


Car l'aube avait du plomb dans l'aile
Et le soleil est un obus
Qui fait sauter les citadelles
Et les lilas sur les talus


Le ciel de France est noirci d'aigles
De lémures et de corbeaux
Ses soldats couchés dans les seigles
Ignorent qu'ils sont des héros


Ni Chartres, ni Rouen, ni Bruges
N'ont assez d'anges dans leurs tours
Pour lutter contre le déluge
Et les escadres de vautours


Taureau chassé des pâturages
Et du silence paternel
Devant la pourpre de l'outrage
Perd tout son sang au grand soleil


Il perd son sang par ses fontaines
Par ses veines par ses ruisseaux
Il perd son sang par l'Oise et l'Aisne
Par ses jets d'eau par ses naseaux


Les douze soeurs de ses rivières
Aux bras cambrés aux noeuds coulants
Dénouent leurs lacets et lanières
Pour se jeter à l'océan


Buvez buvez guerriers ivrognes
Les vins fermentés de la peur
Les sangs tournés de la Bourgogne
Les alcools amers du malheur


Les bières gueuses de la Meuse
Et les vins platinés du Rhin
Les sources saintes des Chartreuses
Et les absinthes du chagrin


Les larmes qui de chaque porte
Ont débordé sur le pays
Les eaux de vie et les eaux mortes
Grisantes comme le vin gris


Nous n'irons plus au bois ma belle
Les lauriers sont coupés les ponts
Aussi : les arcs-en-ciel
Et même le Pont d'Avignon.


Ivan Goll, La Grande Misère de la France
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Chanteurs, peintres et poètes

Message par cessybo le Ven 6 Oct - 12:19

Barbara : Gauguin




Gauguin (Lettre a Jacques Brel) ♪
 

Il pleut sur l'île d'Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d'ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l'île qui sommeille encore.

Il a dû s'étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s'étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l'enfance.

Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J'arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.

Tu sais,
Ce n'est pas que tu sois parti
Qui m'importe.
D'ailleurs, tu n'es jamais parti.
Ce n'est pas que tu ne chantes plus
Qui m'importe.
D'ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu'un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,

Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu'aujourd'hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu'il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s'étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s'étonner, Gauguin.

Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C'était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.

Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien



Recueil de poésies - Page 3 06ea0b10




Les tournesols

Mon prince noir et famélique, ma pauvre graine de clodo
Toi qui vécus fantomatique en peignant tes vieux godillots
Toi qui allais la dalle en pente, toi qu'on jetait dans le ruisseau
Qui grelotais dans ta soupente en inventant un art nouveau
T'étais zéro au Top cinquante, t'étais pas branché comme il faut
Avec ta gueule hallucinante pour attirer les capitaux

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant
Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent
Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance
Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence

Tu allais ainsi dans la vie comme un chien dans un jeu de quilles
La bourgeoisie de pacotille te faisait le coup du mépris
Et tu plongeais dans les ténèbres, et tu noyais dans les bistrots
L'absinthe à tes pensées funèbres, comme la lame d'un couteau
Tu valais rien au hit-parade, ni à la une des journaux
Toi qui vécus dans la panade sans vendre un seul de tes tableaux

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant
Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent
Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance
Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence

Dans ta palette frémissante de soufre pâle et d'infini
Ta peinture comme un défi lance une plainte flamboyante
Dans ce monde aux valeurs croulantes
Vincent, ma fleur, mon bel oiseau
Te voilà donc Eldorado de la bourgeoisie triomphante
Te voilà star du Top cinquante, te voilà branché comme il faut
C'est dans ta gueule hallucinante qu'ils ont placé leurs capitaux

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant
Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent
Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance
Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.



Recueil de poésies - Page 3 9-359-10
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Robert Desnos

Message par cessybo le Dim 8 Oct - 17:47

Ce cœur qui haïssait la guerre


Ce coeur qui haïssait la guerre
Voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
À celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
Un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.




Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs
Battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l'ombre
À la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
Au rythme même des saisons et des marées,
Du jour et de la nuit.




Robert Desnos,



     Résistant de la première heure (1940) membre du réseau Action, que dirigeait le colonel Hollard (toujours vivant), Desnos nous a laissé quelques-uns des poèmes les plus significatifs de la Résistance active, notamment Le veilleur du Pont au Change.

Ce Coeur qui Haïssait la Guerre témoigne de la haine qu'a Desnos pour la guerre, qu'il est obligé de subir.
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par mareaction le Dim 8 Oct - 18:40

Cessybo, vous remplacez Chatouille, que nous ne lisons plus, ce qui est regrettable, car beaucoup de talents!

_________________
La seule chose que le socialisme ait jamais faite pour les pauvres est leur donner beaucoup de compagnie.
Lawrence W. Reed  

mareaction
mareaction

Messages : 14840
Date d'inscription : 12/03/2015
Localisation : Provence

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par cessybo le Dim 8 Oct - 18:57

mareaction a écrit:Cessybo, vous remplacez Chatouille, que nous ne lisons plus, ce qui est regrettable, car beaucoup de talents!

Je regrette beaucoup ces départs inopinés sans justification. Peut-être avons-nous manqué d'hospitalité, d'attention, de convivialité envers eux/elles.
Il m'arrive de me le reprocher.
Si certain(e)s  sont parti(e)s parce qu'ils se sont sentis ignoré(e)s, seul(e)s dans leur coin, c'est regrettable. Je me sens une part de responsabilité.


J'ai placé sur ce fil des poésies écrites pendant la Résistance de 1940/1945, parce qu'il va peut-être falloir nous en inspirer.
Demain, nous aurons sans doute le devoir de transformer notre résistance passive en résistance active.
Il faut s'y préparer.
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par Invité le Lun 9 Oct - 9:01

oui  , il  faut  y  remédier  et  laisser  de  la  place  à  tous  , même  ceux  dont  vous  ignorez  qui  ils  sont !
le  respect  d'autrui  ça  excise  , commençons  par  là mgreen mgreen mgreen

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par LARA BAÏKAL le Lun 9 Oct - 12:08

Texte supprimé !


Lara

_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty
Jefferson. 
LARA BAÏKAL
LARA BAÏKAL
Admin

Messages : 33156
Date d'inscription : 11/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par cessybo le Jeu 12 Oct - 21:45

LE PAPILLON

                                    Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
                                    Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur;
                                    Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
                                    S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur;
                                    Secourant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
                                    S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles;
                                    Voilà du papillon le destin enchanté: Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
                                    Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
                                    Retourne enfin au ciel chercher la volupté.





     ALPHONSE DE LAMARTINE (1790-1869)





Recueil de poésies - Page 3 Papill10


Bonne nuit à toutes et tous !
N'oubliez pas de papillonner !
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Re: Recueil de poésies

Message par mareaction le Ven 13 Oct - 11:55

Recueil de poésies - Page 3 99659010

_________________
La seule chose que le socialisme ait jamais faite pour les pauvres est leur donner beaucoup de compagnie.
Lawrence W. Reed  

mareaction
mareaction

Messages : 14840
Date d'inscription : 12/03/2015
Localisation : Provence

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty Victor Hugo

Message par cessybo le Ven 20 Oct - 15:50

Pour Jeanne seule


Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J'ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S'il faut qu'on pleure ou qu'on danse,
Si les nids jasent entr'eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C'est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C'est au mouvement d'oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C'est qu'à travers l'horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m'ennuie ?
C'est l'air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m'occupe,
Jeanne ? c'est que j'aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.





  • Victor HUGO   (1802-1885)



cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Recueil de poésies - Page 3 Empty VOLTAIRE

Message par cessybo le Dim 22 Oct - 17:01

Polissonnerie

Je cherche un petit bois touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s’il n’est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.


– Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;


 Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M’en faire verser d’autres.


– Quoi ! vous craignez l’évènement
De l’amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;


 L’amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser le gazon
Sans imbiber la terre.


– Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.


 L’amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l’être.


Voltaire

- Ah ! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises !  Laughing
cessybo
cessybo

Messages : 12245
Date d'inscription : 02/03/2017
Localisation : Région Genevoise, côté Français.

Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum