Par ici les poètes

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Message par Invité le Jeu 6 Juil - 17:24

Luchini, grand artiste de cinéma, et aussi un humour qu'il faut saisir, super intelligent

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 7:13

et  une  tête  ,  qu'est  ce  qu'il  emmagasine  ce  mec  , c'est  une  encyclopédie  à  lui  tout  seul 
2

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 8:32

Mais je vous dis que je suis gai 
Gai à en pleurer 
À en pleurer ou à en rire 
Mais, dans le fond, qu'est-ce que ça fait ? 
Mais je vous dis que je suis gai 
Gai à en crever 
À en crever ou à en vivre 
Mais, dans le fond, qu'est-ce que ça fait ? 

Y a bien longtemps, oui, je le sais 
Que vous ne m'avez vu sourire 
Que vous ne m'avez pas vu rire 
Alors, voilà, vous en doutez 
Y a bien longtemps, oui, je le sais 
Que je ne chante ni ne murmure 
Que je fais trop triste figure 
Alors, voilà, vous hésitez 

Mais je vous dis que je suis gai 
Gai à en pleurer 



À en pleurer ou à en rire 
Mais, dans le fond, qu'est-ce que ça fait ? 
Mais je vous dis que je suis gai 
Gai à en crever 
À en crever ou à en vivre 
Mais, dans le fond, qu'est-ce que ça fait ? 

Quand autrefois vous m'entendiez 
Chanter tous les airs à la mode 
Vous disiez sur un ton commode 
"Écoutez-le comme il est gai" 
Et maintenant, oui, que j'écris 
Tous ces petits airs à la mode 
Vous dites sur un ton commode 
"Ah, sa gaieté, c'est bien fini" 

Mais je suis gai, que je vous dis ! 
Gai à en crever 
À en crever ou à en vivre 
Mais, dans le fond, qu'est-ce que ça fait ? 

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Message par cessybo le Ven 7 Juil - 11:37

Comment s'appelle ce joyeux luron ?
Jadis, Rabelais nous entretenait avec son "gai savoir"...
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Message par Invité le Ven 7 Juil - 13:27

Dis, regarde-moi 
A quoi ca sert de crier ta déroute 
Dis, écoute-moi 
Ne crois tu donc qu'elle est belle ma route 

Non, ce n'est pas vrai
Ce n'est pas vrai que tout meurt un matin
Oh non, ce n'est pas vrai
Il y en a d'autres qu'on appelle demain, demain

Dis écoute-moi
Écoute-moi faut reprendre la route
Dis, au fond de moi
Au fond de moi n'est qu'ombre et que doute

Dis il faut penser 
Il faut penser à te faire un chemin
Oh dis écarte moi
Mais jette- moi de tes rêves demain, demain
Regarde-moi 
Écoute-moi, écoute-moi je t'en supplie 
Ne pleure pas, ne pleure pas
Ne te sauve pas, non sauve pas
La fin du monde

Dis, écoute-moi, écoute-moi
Faut reprendre la route
Dis, même sans moi
Il faut repartir coute que coute

Non, ce n'est pas vrai
Ce n'est pas vrai que tout meurt un matin
Oh non, ce n'est pas vrai
Il faut penser à te faire un chemin
Un chemin

Dis, regardes-moi, ce n'est pas vrai
Qu'il n'est pas d'autres routes
Dis ce n'est pas vrai 
L'orage lève sur d'autres matins

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 13:31

cessybo a écrit:Comment s'appelle ce joyeux luron ?
Jadis, Rabelais nous entretenait avec son "gai savoir"...


je  te  rassure  , rien   de  Rabelais  de  ces  écrits  ..et  pour  tout  te  dire  je  n'en  sais  rien  !
pardonne  moi  !
en  échange  te  voilà  un  autre  récit  tout  aussi  si  non  plus  magnifique  .........;
 d’Alain  Barrière  NA 2

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 17:31

Rabelais a dit:
Le rire est le propre de l'homme
Alors rions à gorge déployée

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 17:46

Voltaire aussi disait, une journée où l' on n' a pas ri est une journée de perdue

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Message par Invité le Ven 7 Juil - 17:59

et  moi  je  dis  !"

une  vie  sans  pognon  , c'est   rire  jaune  au  fil  du  temps  2

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Message par LARA BAÏKAL le Ven 7 Juil - 19:06

mgreen

_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty
Jefferson. 
LARA BAÏKAL
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Message par Invité le Dim 23 Juil - 7:11

 Livre, quand je te ferme
J'ouvre la vie.
J'entends des cris
Dans les ports.
Les lingots de cuivre
Ils traversent les sables.
Ils descendent à tocopilla.
C'est la nuit.
Entre les îles
Nos océans
Bat-les avec leurs poissons.
Touche les pieds, les cuisses,
Les côtes calcaires
De ma patrie.
Toute la nuit colle sur ses rives
Et avec la lumière du jour
Le soleil se lève
Comme s'il se réveillait une guitare.
Moi j'appelle le coup
De L'Océan. Il m'appelle le vent,
Et Rodriguez M'appelle,
José Antonio, j'ai reçu un télégramme
Du syndicat "Mina"
Et elle, celle que j'aime
(je ne leur dirai pas votre nom),
Un bucalenu m'attend.
Livre, tu n'as pas pu
Empapelarme, tu ne m'as pas rempli
De typographie,
Des impressions célestes,
Tu ne pouvais pas relier mes yeux.
Je sors de toi pour peupler les bosquets
Avec la famille ronfle de mon chant,
Au travail des métaux allumés
Ou à manger de la viande grillée
Près du feu dans les montagnes.
J'aime les livres
Explorateurs,
Livre avec des forêts ou de la neige,
Profondeur ou ciel,
Mais je déteste le livre.
Où la pensée
A été
Fil toxique
Pour qu'ils se loin
Les jeunes et les mouches.
Livre, laisse-moi partir.
Je ne veux pas y aller.
En volume,
Je ne viens pas d'un tome,
Mes poèmes
Ils n'ont pas mangé de poèmes.
Dévore
Des événements passionnés,
Ils se nourrissent de intempéries,
Tirent de nourriture
De la terre et des hommes."

Pablo Neruda. Par ici les poètes   - Page 8 1f49c

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Message par Invité le Dim 23 Juil - 7:38

Très proche de mon coucher de soleil, je te bénis, vie,
Parce que tu ne m'as jamais donné de faux espoirs,
Ni travail injuste, ni peine injustifiée ;
Parce que je vois à la fin de mon dur chemin
Que j'étais l'architecte de ma propre destinée ;
Que si j'ai enlevé les miels ou la bile des choses,
C'est parce que j'ai mis du fiel ou des miels savoureux :
Quand j'ai planté des rosiers, je récolte toujours des roses.
... Vrai, mes fleurs vont suivre l'hiver :
Mais tu ne m'avais pas dit que mai était Éternel !
J'ai sans doute trouvé les nuits de mes peines.
Mais tu ne m'as pas promis de bonnes nuits.
Et au lieu de ça j'ai eu quelques atteindre sereines...
J'ai aimé, j'ai été aimé, le soleil a caressé ma face.
Tu ne me dois rien ! La vie, on est quittes !

Aimé aimé Par ici les poètes   - Page 8 2105144925


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Message par Invité le Dim 23 Juil - 7:39

C'est étrange d'errer dans le brouillard !
Des pierres et des sotos.
Il ne voit pas l'arbre les autres arbres.
Chacun est seul.

Plein était le monde des amis
Quand mon ciel était beau.
En tombant maintenant le brouillard
Il les a tous effacés.

C'est étrange d'errer dans le brouillard !
Aucun homme ne connaît l'autre.
La vie et la solitude se confondent.
Chacun est seul.

Hermann Hesse




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Message par Invité le Dim 23 Juil - 7:52

Quand la nuit vous enveloppent
Les ailes de tulle du sommeil
Et tes cils
Ressemblent arcs d'ébène,
Pour écouter les battements
De ton cœur agité
Et reposer ton sommeil
Tête sur ma poitrine,
Donnez, mon âme,
Combien je possède,
La lumière, l'air
Et la pensée !

G. A. Becker


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Message par Invité le Dim 23 Juil - 8:29

Si ça ne t'apporte pas de joie à ta vie... Lâche
Si tu ne t'illumine ni te construit...
S'il reste, mais il ne pousse pas...
Si vous essayez de la sécurité et que vous évitez l'effort de de...
Si vous ne offre pas vos talents...
Si tu ne caresse pas ton être...
Si vous ne pousse pas votre décollage...
S'il dit, mais il ne fait pas...
S'il n'y a pas un endroit dans sa vie pour toi... Lâche
Si vous essayez de vous changer...
S'il s'impose le ' moi '... Lâche
S'ils sont plus les désaccords que les rencontres... Lâche
Si tu ne somme pas ta vie...
Lâche... la chute sera beaucoup moins douloureuse que la douleur de rester accroché à ce que c'était mais ce n'est plus


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Message par Invité le Dim 23 Juil - 8:53

À travers la route
Impossible de traverser la vie...
Sans qu'un travail soit mal fait,
Sans qu'une amitié soit décevante,
Sans aucune atteinte à la santé,
Sans qu'un amour nous quitte,
Sans que personne de la famille ne meure,
Sans se tromper dans une affaire.
C'est le coût de la vie.
Mais l'important n'est pas ce qui se passe,
Sinon, comment réagissez-vous ?
Si tu te mets à collectionner des plaies éternelles,
Tu vivras comme un oiseau blessé incapable de voler.
On grandit...
On grandit quand il n'y a pas de vide d'espoir,
Ni affaiblissement de la volonté, ni perte de foi.
L'un grandit quand il accepte la réalité et a
L'assurance de la vivre.
Quand il accepte son destin,
Mais il a la volonté de travailler pour le changer.
On grandit en assimilant ce qu'il laisse derrière, en construisant ce qu'il a à faire et en projette ce qui peut être l'avenir
Il grandit quand il dépasse, se valorise et sait porter des fruits.
On grandit quand on ouvre la voie.
Assimiler des expériences...
Et sème les racines !

On grandit quand on impose des buts, sans s'en soucier
Commentaires négatifs, pas de préjugés,
Quand il donne des exemples sans se soucier de moqueries, ni de dédains,
Quand il accomplit son travail.
On grandit quand
Il est fort par caractère,
Soutenu par la formation, sensible par tempérament...
Et humain par naissance !

On grandit quand on affronte l'hiver même si on perd les feuilles,
Cueille des fleurs même si elles ont des épines et
Marque le chemin même si la poussière est levée.

On grandit quand on est capable de s'affirmer avec
Des résidus d'illusions, capables de parfume avec des résidus de fleurs...
Et de s'enflammer avec des résidus d'amour !
On grandit en aidant ses semblables,
Se connaître lui-même et
Donner à la vie plus qu'elle ne reçoit.
On grandit quand on plante pour ne pas reculer...
Quand il se défend comme un aigle pour ne pas s'arrêter...
Quand il se plante comme une ancre et s'illumine comme une étoile.
Alors... On grandit


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Message par Invité le Lun 24 Juil - 10:25

Cette étoile là-bas
Aujourd'hui il brillera pour toi
Vos rêves se réaliseront
C'est toujours comme ça.
Cette étoile là-bas
Il a une étrange lumière.
Peut-être qu'il ne partira jamais.
Si vous la suivez.


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Message par Invité le Lun 24 Juil - 10:30

Ils sont là, avec leur effrayante peur, portant leurs quarante et tellement, jolies, lues, parcourus, sensibles.
Surveille-les.
Ils viennent de fermer une porte avec décision, mais sans oublier.
 Ils ont aimé, construit, accouché, rempli.
Ils ont aimé leur homme, ils ont donné des ailes à leurs petits et maintenant, ils desentumecieron les leurs : elles étaient intactes, brillantes, magnifiques, majestueuses, prêtes pour le vol :
 pas déjà celles d'un Fournier, oui celles d'une mouette, souveraine et Curieuse.
Ils savent à propos de la vie et de ta faim parce qu'avec leur corps ils ont su exploite.
Expertes en stupidité et leurs nuances : elles se sont reconnues immergées en elle jusqu'à la stupeur et ont enduré beaucoup jusqu'à la douleur ;
 ils sauront la distinguer, n'hésitez pas.
Versées en économie, l'appliquent dans le geste, dans la marche et dans leur sensualité exacte.
Oeil avec leurs hanches sages :
 ils se sont déjà et se sont ont, se sont ont et agitèrent.
Ils savent de l'amour, dans toutes leurs couleurs, du rouge lueur au, gris.
Ses jambes fortes ont encore des racines.
Rapidement à sentir, ils vont avec une vieille chanson sur les lèvres, profonde intensité dans le regard et délicate sécurité dans le sourire.
Mais si cet avertissement est tardif, et que vous découvrez que vous ne pouvez plus arrêter de penser à elle, alors faites attention à présent, ne vous trompez pas, ne le gâche pas :
 ne leur envoyez pas un message de texte, vous devriez lui offrir un café avec Temps ;
 ne tu pas au e-mail, ils préféreront certainement un poème sur serviette.
 Ne leur fais pas de promesses, ne leur vends pas de l'image. Ne tombe pas, en remplir, en étourdi du bruit creux, laisse-le respirer un silence en commun.
Ils viennent de brûler les vaisseaux et de changer le confort indolent pour le risque vital.
Ils avancent sur un chemin incertain, mais choisi.
Dans son portefeuille, ses photos, son parfum et quelques larmes.
Dans son regard, une décision...
Si tu as de la chance, il y en a une sur ton chemin.

Jorge Eduardo 

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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Malherbe

Message par cessybo le Lun 20 Nov - 17:39









Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours

Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?

Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.

Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu?

Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil ?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?

Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l'âme du corps,
L'âge s'évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts...

La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend point nos rois.

De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.



François de MALHERBE   (1555-1628)
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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Clément MAROT : Adieu aux dames de la cour

Message par cessybo le Jeu 7 Déc - 11:22

Adieu aux Dames de la Cour


Adieu la cour, adieu les dames,
Adieu les filles et les femmes,
Adieu vous dis pour quelques temps,
Adieu vos plaisants passetemps ;
Adieu le bal, adieu la danse,
Adieu mesure, adieu cadence,
Tambourin, haubois et violons,
Puisqu'à la guerre nous allons.
Adieu les regards gracieux,
Messagers des coeurs soucieux ;
Adieu les profondes pensées,
Satisfaites ou offensées ;
Adieu les harmonieux sons
De rondeaux, dizains et chansons ;
Adieu piteux département,
Adieu regrets, adieu tourment,
Adieu la lettre, adieu le page,
Adieu la cour et l'équipage,
Adieu l'amitié si loyale,
Qu'on la pourrait dire royale,
Etant gardée en ferme foi
Par ferme coeur digne de roi.
Adieu ma mie la dernière,
En vertus et beauté première ;
Je vous prie me rendre à présent
Le coeur dont je vous fis présent,
Pour, en la guerre où il faut être,
En faire service à mon maître.
Or quand de vous se souviendra,
L'aiguillon d'honneur l'époindra
Aux armes et vertueux faits :
Et s'il en sortait quelque effet
Digne d'une louange entière,
Vous en seriez seule héritière.
De votre coeur donc se souvienne,
Car si dieu veut que je revienne,
Je le rendrai en ce beau lieu.

Or je fais fin à mon adieu.




Clément MAROT   (1497-1544)


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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Ronsard

Message par cessybo le Sam 9 Déc - 21:36

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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Les deux pigeons ( La Fontaine )

Message par cessybo le Sam 9 Déc - 21:48

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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Pierre Louys

Message par cessybo le Mer 21 Fév - 17:26

A l'intention des personnes sensibles, je dirais que Pierre Louÿs est un poète dérangeant :


Pierre-Félix Louis (Pierre Louÿs) naît d’un second lit le 10 décembre 1870 à Gand, de Pierre-Philippe Louis, remarié à Claire-Céline Maldan.

Sa naissance constitue un premier mystère : son demi-frère aîné, Georges, né du premier lit, pourrait être son véritable père.

A la mort de sa mère, le petit Pierre âgé de 9 ans est confié à son frère aîné, Georges, haut fonctionnaire à Paris.
En 1882, il devient élève à l’école Alsacienne où il se lie d’amitié avec Gide à partir de 1888.
Il rentre à Janson de Sailly et obtient son baccalauréat en 1889.
En 1890, Pierre Louÿs fait la connaissance de Paul Valery à Montpellier, il commence à fréquenter les rencontres littéraires de Mallarmé et le salon de Jose-Maria de Heredia.

Voir le reste de sa biographie : >  I.C.I.



Parmi ses œuvres les plus célèbres, notons les chansons de Bilitis, les aventures du roi Pausole,  Aphrodite.

D'autres moins célèbres n'en sont pas moins intéressantes, comme par exemple le "Catalogue chronologique et descriptif des femmes avec qui j'ai couché".

Ah ! Aussi le "Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation".



Je vais en citer quelques exemples pour que vous puissiez vous rendre compte à quel point l'éducation de nos jeunes filles d'aujourd'hui a été négligée.








GLOSSAIRE




Nous avons jugé inutile d’expliquer les mots : con, fente, moniche, motte, pine, queue, bitte, couille, foutre (verbe) foutre (subst.), bander, branler, sucer, lécher, pomper, baiser, piner, enfiler, enconner, enculer, décharger, godemichet, gougnotte, gousse, soixante-neuf, minette, mimi, putain, bordel.



Ces mots sont familiers à toutes les petites filles.



À LA CHAMBRE




Si l’on vous surprend toute nue, mettez pudiquement une main sur votre visage et l’autre sur votre con ; mais ne faites pas de pied de nez avec la première et ne vous branlez pas avec la seconde.



Ne pissez pas dans le calorifère, allez aux W.-C.



Ne suspendez pas de godmichet au bénitier de votre lit. Ces instruments-là se mettent sous le traversin.



À LA MAISON




Ne vous mettez pas au balcon pour cracher sur les passants ; surtout si vous avez du foutre dans la bouche.



Ne pissez pas sur la plus haute marche de l’escalier pour faire des cascades.



Ne fourrez pas un godmichet dans la bouche d’un petit bébé pour lui faire téter le lait qui reste dans les couilles de caoutchouc, quand vous n’êtes pas tout à fait sûre que votre gougnotte n’a pas la vérole.



À L’OFFICE




Quand vous vous êtes servie d’une banane pour vous amuser toute seule ou pour faire jouir la femme de chambre, ne remettez pas la banane dans la jatte sans l’avoir soigneusement essuyée.



Ne branlez pas tous vos petits amis dans une carafe de citronnade, même si cette boisson vous paraît meilleure additionnée de foutre frais. Les invités de monsieur votre père ne partagent peut-être pas votre goût.



Si vous videz subrepticement la moitié d’une bouteille de champagne, ne pissez pas dedans pour la remplir.



Ne suggérez pas au serveur de faire l’amour dans le cul d’une poularde cuite, sans vous être assurée par vous-même que le serveur n’est pas malade.



Ne faites pas caca dans la crème au chocolat, même si, étant privée de dessert, vous êtes sûre de n’en pas manger.



À TABLE




Si l’on vous demande ce que vous buvez à vos repas, ne répondez pas : « Je ne bois que du foutre. »



Ne faites pas aller et venir une asperge dans votre bouche en regardant languissamment le jeune homme que vous voulez séduire.



Ne faites pas minette à un abricot fendu en clignant de l’œil vers la tribade la plus célèbre de la société.



Ne prenez pas deux mandarines pour faire des couilles à une banane.



Si vous branlez votre voisin dans sa serviette, faites-le si discrètement que nul ne s’en aperçoive.



Si votre gougnotte ordinaire est placée en face de vous, ne lui faites pas de scène de jalousie à travers la table.



Quand une grande personne raconte une histoire leste que les petites ne doivent pas comprendre, ne vous mettez pas à pousser des cris inarticulés comme une petite fille qui décharge, même si l’histoire vous excite au plus haut point.



Si vous trouvez un cheveu suspect dans votre potage, ne dites pas : « Chic, un poil du cul ! »



Ne cachez pas un godemiché dans la jatte de fruits pour faire rire les jeunes filles à l’heure du dessert.



Quand on vous servira des bananes, ne mettez pas la plus grosse dans votre poche. Cela ferait sourire les messieurs, et peut-être même les jeunes filles.



Si vous êtes encore impubère, ne vous écrasez pas une poignée de fraises entre les jambes pour aller ensuite montrer à tout le monde que vous avez vos règles.



Il est du dernier mauvais goût de glisser un godemiché sous la serviette d’une jeune fille à la place de son petit pain.










NE DITES PAS… DITES…




Ne dites pas : « Mon con. » Dites : « Mon cœur. »



Ne dites pas : « J’ai envie de baiser. » Dites : « Je suis nerveuse. »



Ne dites pas : « Je viens de jouir comme une folle. » Dites : « Je me sens un peu fatiguée. »



Ne dites pas : « Je vais me branler. » Dites : « Je vais revenir. »



Ne dites pas : « Quand j’aurai du poil au cul. » Dites : « Quand je serai grande. »



Ne dites pas : « J’aime mieux la langue que la queue. » Dites : « Je n’aime que les plaisirs délicats. »



Ne dites pas : « Entre mes repas je ne bois que du foutre. » Dites : « J’ai un régime spécial. »



Ne dites pas : « J’ai douze godmichés dans mon tiroir. » Dites : « Je ne m’ennuie jamais toute seule. »



Ne dites pas : « Les romans honnêtes m’emmerdent. » Dites : « Je voudrais quelque chose d’intéressant à lire. »



Ne dites pas : « Elle jouit comme une jument qui pisse. » Dites : « C’est une exaltée. »



Ne dites pas : « Quand on lui montre une pine, elle se fâche. » Dites : « C’est une originale. »



Ne dites pas : « C’est une fille qui se branle à en crever. » Dites : « C’est une sentimentale. »



Ne dites pas : « C’est la plus grande putain de la terre. » Dites : « C’est la meilleure fille du monde. »



Ne dites pas : « Elle se laisse enculer par tous ceux qui lui font minette. » Dites : « Elle est un peu flirteuse. »



Ne dites pas : « C’est une gougnotte enragée. » Dites : « Elle n’est pas flirteuse du tout. »



Ne dites pas : « Je l’ai vue baiser par les deux trous. » Dites : « C’est une éclectique. »



Ne dites pas : « Il bande comme un cheval. » Dites : « C’est un jeune homme accompli. »



Ne dites pas : « Sa pine est trop grosse pour ma bouche. » Dites : « Je me sens bien petite fille quand je cause avec lui. »



Ne dites pas : « Il a joui dans ma gueule et moi sur la sienne. » Dites : « Nous avons échangé quelques impressions. »



Ne dites pas : « Quand on le suce, il décharge tout de suite. » Dites : « Il est primesautier. »



Ne dites pas : « Il tire trois coups sans déconner. » Dites : « Il a le caractère très ferme. »



Ne dites pas : « Il baise très bien les petites filles, mais il ne sait pas les enculer. » Dites : « C’est un simple. »



Évitez les comparaisons risquées. Ne dites pas : « Dur comme une pine, rond comme une couille, mouillé comme ma fente, salé comme du foutre, pas plus gros que mon petit bouton », et autres expressions qui ne sont pas admises par le dictionnaire de l’Académie.








P.S. J'ai considéré que les conseils qui étaient prodigués aux jeunes filles par Pierre Louÿs devaient pouvoir être lus par des adultes.
Si tel n'était pas le cas, je prie dame Lara d'user des pouvoirs qui lui sont conférés et d'utiliser sans vergogne les ciseaux de Sainte Anastasie !
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Message par cessybo le Jeu 22 Fév - 11:02

Bonjour !

J'ai entendu la force de votre silence réprobateur. 2

Je n'ai voulu choquer ni blesser personne. Mais je comprends que l'œuvre de Pierre Louys n'est pas très romantique.
J'étais en train de lire un livre qui traite des écrivains paillards et polissons de la "belle époque". Il y en eut beaucoup.
J'aurais pu citer Octave Mirbeau et "le jardin des supplices", Jean de Tinan et son "détournement de mineure", Alfred Jarry avec " le surmâle", Adolphe Belot avec "les stations de l'amour" etc... Mais Pierre Louÿs m'a paru le plus représentatif, d'où ces extraits ci dessus.

Alors, ce matin, je vais rester encore dans la polissonnerie avec Issac de Benserade, un poète du XVII° siècle qui dit les choses avec un vocabulaire beaucoup plus délicat, débonnaire, agréable.

J'espère que les dames l'apprécieront car ce sonnet leur est dédié :

Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S'il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.

Il n'est mal d'estomac, colique ni migraine
Qu'il ne puisse guérir, mais sur tout il a l'heur
Que contre l'accident de la pâle couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l'autre jour
Qui me dit que c'était un perroquet d'amour,
Et dès lors m'en offrit bon nombre de monnoie

Des autres perroquets il diffère pourtant :
Car eux fuient la cage, et lui, il l'aime tant
Qu'il n'y est jamais mis qu'il n'en pleure de joie.












Isaac de BENSERADE   (1613-1691)
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Message par cessybo le Sam 24 Fév - 11:33

Titre : L'Etrangère


Poète : Louis Aragon (1897-1982)


Recueil : Le Roman inachevé (1956).

Il existe près des écluses
Un bas quartier de bohémiens
Dont la belle jeunesse s'use
À démêler le tien du mien
En bande on s'y rend en voiture,
Ordinairement au mois d'août,
Ils disent la bonne aventure
Pour des piments et du vin doux.

On passe la nuit claire à boire
On danse en frappant dans ses mains,
On n'a pas le temps de le croire
Il fait grand jour et c'est demain.
On revient d'une seule traite
Gais, sans un sou, vaguement gris,
Avec des fleurs plein les charrettes
Son destin dans la paume écrit.

J'ai pris la main d'une éphémère
Qui m'a suivi dans ma maison
Elle avait des yeux d'outremer
Elle en montrait la déraison.
Elle avait la marche légère
Et de longues jambes de faon,
J'aimais déjà les étrangères
Quand j'étais un petit enfant !

Celle-ci parla vite vite
De l'odeur des magnolias,
Sa robe tomba tout de suite
Quand ma hâte la délia.
En ce temps-là, j'étais crédule
Un mot m'était promission,
Et je prenais les campanules
Pour des fleurs de la passion.

À chaque fois tout recommence
Toute musique me saisit,
Et la plus banale romance
M'est éternelle poésie
Nous avions joué de notre âme
Un long jour, une courte nuit,
Puis au matin : "Bonsoir madame"
L'amour s'achève avec la pluie.


Louis Aragon.


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Par ici les poètes   - Page 8 Empty Demain 4 mars 2018 Fête des Grand-mères !

Message par cessybo le Sam 3 Mar - 16:46

La vie n'a pas d'âge.
La vraie jeunesse ne s'use pas.
On a beau l'appeler souvenir,
On a beau dire qu'elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide, c'est une bien fâcheuse histoire,
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur coeur bat
Là ou il n'y a pas d'autrefois.


(Jacques Prévert)












Romance.


Dansez, fillettes du village,
Chantez vos doux refrains d'amour :
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage
Vient obscurcir le plus beau jour.

En vous voyant, je me rappelle
Et mes plaisirs et mes succès ;
Comme vous, j'étais jeune et belle,
Et, comme vous, je le savais.
Soudain ma blonde chevelure
Me montra quelques cheveux blancs...
J'ai vu, comme dans la nature,
L'hiver succéder au printemps.

Dansez, fillettes du village,
Chantez vos doux refrains d'amour ;
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage
Vient obscurcir le plus beau jour.

Naïve et sans expérience,
D'amour je crus les doux serments,
Et j'aimais avec confiance...
On croit au bonheur à quinze ans !
Une fleur, par Julien cueillie,
Était le gage de sa foi ;
Mais, avant qu'elle fût flétrie,
L'ingrat ne pensait plus à moi !

Dansez, fillettes du Village,
Chantez vos doux refrains d'amour ;
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage
Vient obscurcir le plus beau jour.

À vingt ans, un ami fidèle
Adoucit mon premier chagrin ;
J'étais triste, mais j'étais belle,
Il m'offrit son cœur et sa main.
Trop tôt pour nous vint la vieillesse ;
Nous nous aimions, nous étions vieux...
La mort rompit notre tendresse...
Mon ami fut le plus heureux !

Dansez, fillettes du village,
Chantez vos doux refrains d'amour ;
Trop vite, hélas ! un ciel d'orage
Vient obscurcir le plus beau jour.

Pour moi, n'arrêtez pas la danse ;
Le ciel est pur, je suis au port,
Aux bruyants plaisirs de l'enfance
La grand-mère sourit encor.
Que cette larme que j'efface
N'attriste pas vos jeunes cœurs :
Le soleil brille sur la glace,
L'hiver conserve quelques fleurs.

Dansez, fillettes du village,
Chantez vos doux refrains d'amour,
Et, sous un ciel exempt d'orage,
Embellissez mon dernier jour !



Sophie d'Arbouville.









     
Ma Grand-mère

 

Ma grand-mère, un soir à sa fête,
De vin pur ayant bu deux doigts,
Nous disait en branlant la tête :
Que d'amoureux j'eus autrefois !
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Quoi ! maman vous n'étiez pas sage !
— Non , vraiment ; et de mes appas
Seule à quinze ans j'appris l'usage,
Car la nuit je ne dormais pas.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Maman, vous aviez le cœur tendre ?
— Oui, si tendre, qu'à dix-sept ans
Lindor ne se fit pas attendre,
Et qu'il n'attendit pas longtemps.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Maman, Lindor savait donc plaire ?
— Oui, seul il me plut quatre mois ;
Mais bientôt j'estimais Valère,
Et fis deux heureux à la fois.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Quoi ! maman ! deux amants ensemble !
— Oui, mais chacun d'eux me trompa.
Plus fine alors qu'il ne vous semble,
J'épousais votre grand-papa.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Maman, que lui dit la famille ?
— Rien ; mais un mari plus sensé
Eût pu connaître à la coquille
Que l'œuf était déjà cassé.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Maman, lui fûtes-vous fidèle ?
— Oh ! sur cela je me tais bien.
A moins qu'à lui Dieu ne m'appelle
Mon confesseur n'en saura rien.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Bien tard, maman vous fûtes veuve
— Oui ; mais, grâce à ma gaîté,
Si l'église n'était plus neuve,
Le saint n'en fut pas moins fêté.
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !


Comme vous, maman, faut il faire ?
— Hé, mes petits enfants, pourquoi,
Quand j'ai fait comme ma grand-mère,
Ne feriez-vous pas comme moi ?
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu !



Extrait de: 

Toutes les chansons de Béranger (1843)

Pierre-jean de Béranger
 

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Message par LARA BAÏKAL le Sam 3 Mar - 16:48

Très jolis poèmes, merci Cessybo !

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When Injustice becomes law, resistance becomes duty
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