LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Aller en bas

happy LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par LARA BAÏKAL le Mer 1 Juin - 14:26

Superbe Petit Prince qui a accompagné mon enfance Smile  J'avais même un disque et il me semble que c'était Gérard Philippe, le narrateur, un autre Prince...
L'aquarelle du Petit Prince adjugée plus de 133.000 euros






Estimé entre 50.000 et 60.000 euros, le dessin d'Antoine de Saint-Exupéry destiné à illustrer le manuscrit du best-seller de l'aviateur a finalement été cédé par la maison Artcurial presque trois fois son prix.


Une aquarelle originale du chef-d'œuvre d'Antoine de Saint-Exupéry, Le petit Prince, a été adjugée ce mardi 31 mai 133.200 euros, a-t-on appris auprès de la maison Artcurial qui organisait cette vente.


«Les enchères ont salué avec ferveur l'aquarelle originale du Petit Prince de Saint-Exupéry. Le prix obtenu pour cette image iconique est à la mesure de cette œuvre universelle et de sa notoriété internationale», s'est félicité Guillaume Romaneix, spécialiste du département Livres et Manuscrits d'Artcurial.


L'aquarelle était estimée entre 50.000 et 60.000 euros. C'est un collectionneur européen qui a emporté la précieuse aquarelle. Cette dernière, ocre monochrome et comportant quelques traits de crayon, représente le Petit Prince dans le désert, debout sur une dune, écharpe et cheveux battus par le vent, les mains jointes sur le devant.


«Le jeune héros s'évade sans bruit pendant la nuit et marche seul dans les dunes, écharpe au vent. Sa disparition est toute proche et l'émotion intense», explique Guillaume Romaneix.



Un best-seller vendu à plus de 145 millions d'exemplaires


Ce dessin (279 x 214 mm) a été utilisé pour la première édition américaine du best-seller vendu à plus de 145 millions d'exemplaires et traduit dans 270 langues.


Le Petit Prince a été conçu et rédigé aux États-Unis pendant l'exil de l'écrivain aviateur en 1942. Il a été publié pour la première fois à New York en 1943. Une semaine après la publication du livre,Antoine de Saint-Exupéry s'envolera pour l'Afrique du Nord, après avoir remis le manuscrit et les dessins préparatoires à son amie Sylvia Hamilton. Il ne reviendra pas.

Le manuscrit et les dessins ont ensuite été acquis par la Pierpont Morgan Library, à New York, où ils sont conservés. Quant aux aquarelles, elles sont rentrées en France dans les malles de Consuelo, l'épouse de Saint-Exupéry. Le dessin avait été acquis lors d'une vente publique par un collectionneur européen il y a environ une trentaine d'années.


L'écrivain-aviateur a quant à lui disparu en vol le 31 juillet 1944 au large de Marseille alors qu'il effectuait une mission pour préparer le débarquement des Alliés en Provence.


http://www.lefigaro.fr/culture/2016/05/31/03004-20160531ARTFIG00339-l-aquarelle-du-petit-prince-adjugee-plus-de-133000-euros.php

_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty


Jefferson. 
avatar
LARA BAÏKAL
Admin

Messages : 23769
Date d'inscription : 11/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par haroun 6259 le Dim 12 Juin - 18:14

J'ai déjà lu ce petit roman - ou plutôt cette suite de courtes nouvelles - de Saint-Exupéry. J'ai bien aimé, mais j'ai néanmoins du mal à comprendre le gigantesque succès mondial qui est le sien. On en a fait une œuvre poétique ( et là, je suis d'accord ), mais aussi une œuvre philosophique ( et là, je suis ....moins d'accord ) . Peut-être ai-je perdu mon âme d'enfant ?      Smile
avatar
haroun 6259

Messages : 2082
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par Kevin Kelvin le Lun 13 Juin - 19:55

En quoi n'est-ce point une oeuvre philosophique ?

On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
avatar
Kevin Kelvin

Messages : 651
Date d'inscription : 24/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par haroun 6259 le Lun 13 Juin - 21:42

Kevin Kelvin a écrit:En quoi n'est-ce point une oeuvre philosophique ?

On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
Disons que je n'ai peut-être pas apprécié à sa juste valeur ce roman. C'est même probablement le cas, vu le succès énorme qu'il a eu . Des goûts et des couleurs, hein, ça ne se discute pas :-)
avatar
haroun 6259

Messages : 2082
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par Kevin Kelvin le Lun 13 Juin - 21:50

C'est comme les fables de La Fontaine : parce qu'on les fait apprendre en primaire, on oublie que leur contenu parle à des adultes.
avatar
Kevin Kelvin

Messages : 651
Date d'inscription : 24/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par Invité le Dim 26 Juin - 13:38


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

happy Re: LE PETIT PRINCE - SAINT EXUPERY

Message par haroun 6259 le Mar 19 Juil - 16:57

Mea culpa : j'ai dit que je n'avais pas gardé un souvenir inoubliable du Petit Prince, et que je n'avais pas trouvé de "message" philosophique de ce petit roman, du grand Saint-Exupéry. Aussi, je me suis décidé à le relire, et j'ai changé d'avis.  Dans à travers un conte qui fait à peine cent pages, l'auteur se révèle philosophe !
Ci-dessous, un article pioché dans une revue :

L'incertitude de l'au-delà. Le petit prince


Kyrill Nikitine - publié le 30/06/2016

Le deuxième livre le plus lu au monde après la Bible est un conte pour enfant, mais un conte atypique, dont le chant dépouillé prive sa dernière note de happy end. Analyse de Kyrill Nikitine


L'adieu

Il y avait, à côté du puits, une ruine de vieux mur de pierre. Lorsque je revins de mon travail, le lendemain soir, j'aperçus de loin mon petit prince assis là-haut, les jambes pendantes. Et je l'entendis qui parlait : - Tu ne t'en souviens donc pas ? disait-il. Ce n'est pas tout à fait ici ! Une autre voix lui répondit sans doute, puisqu'il répliqua : - Si ! Si ! C'est bien le jour, mais ce n'est pas ici l'endroit... Je poursuivis ma marche vers le mur. Je ne voyais ni n'entendais toujours personne. Pourtant le petit prince répliqua de nouveau : - ... Bien sûr. Tu verras où commence ma trace dans le sable. Tu n'as qu'à m'y attendre. J'y serai cette nuit. J'étais à vingt mètres du mur et je ne voyais toujours rien. Le petit prince dit encore, après un silence : - Tu as du bon venin ? Tu es sûr de ne pas me faire souffrir longtemps ? Je fis halte, le coeur serré, mais je ne comprenais toujours pas. - Maintenant va-t'en, dit-il... je veux redescendre ! Alors j'abaissai moi-même les yeux vers le pied du mur, et je fis un bond ! Il était là, dressé vers le petit prince, un de ces serpents jaunes qui vous exécutent en trente secondes. Tout en fouillant ma poche pour en tirer mon revolver, je pris le pas de course, mais, au bruit que je fis, le serpent se laissa doucement couler dans le sable, comme un jet d'eau qui meurt, et, sans trop se presser, se faufila entre les pierres avec un léger bruit de métal. Je parvins au mur juste à temps pour y recevoir dans les bras mon petit bonhomme de prince, pâle comme la neige.




La mystique révélée à la fin du Petit Prince est à l'image des motivations spirituelles de son auteur Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) : inquiètes, parfois amères, mais toujours sans concession et fidèles à ses interrogations. Dans les arcanes de cette oeuvre, certaines énigmes persistent et voilent le sens final du conte philosophique. Le petit prince est-il retourné auprès de sa rose ? S'est-il volatilisé ? À la question « De quelle façon se termine Le Petit Prince ? », il n'existe pas de réponse limpide et définitive. Saint-Exupéry ne nous dit rien. Aucun indice suffisant ne nous est donné pour suggérer la trame concrète du dernier acte. Et pourtant... C'est après une morsure de serpent que le petit prince disparaît. Par ce dernier événement, l'enfant se sépare de l'adulte. Notre petit héros peut ainsi retourner sur sa planète comme il l'avait initialement prévu. Cependant, cette mésaventure peut sous-entendre une tout autre hypothèse... Pour le lecteur, enfant comme adulte, cette morsure est la douce métaphore chargée de dissimuler une réalité plus amère : celle de sa mort. Ces deux issues ne se contredisent en rien ; elles se superposent. C'est là toute la particularité du noeud dramatique et spirituel de l'histoire. Si cette mort a une portée sacrificielle, délivrant l'aviateur par la même occasion et lui permettant de s'envoler à nouveau, il n'y a pas de promesse de résurrection pour l'enfant. L'auteur met volontairement le lecteur face à une absence d'issue narrative et laisse son oeuvre ouverte. Un vide qui va propulser le conte vers une dimension réaliste, là où même le petit prince n'échappe pas au destin auquel tous les hommes sont liés, l'aviateur comme le lecteur.

La mort et l'enfant

Symbole traditionnel du mal et, par extension, de la mort, le serpent se manifeste ici d'une façon inhabituelle. Alors que tout les oppose, le petit prince a tissé une relation presque amicale avec le reptile et ne semble pas être surpris de sa seconde apparition. Une accointance inattendue et dont la première rencontre nous livre un dialogue fort explicite : « - Celui que je touche, je le rends à la terre dont il est sorti, dit-il encore. Mais tu es pur et tu viens d'une étoile... [...] Je puis t'aider un jour si tu regrettes trop ta planète. Je puis... - Oh ! J'ai très bien compris, fit le petit prince, mais pourquoi parles-tu toujours par énigmes ? - Je les résous toutes. » Lors de la seconde rencontre et sans que la conversation ne soit entièrement restituée par l'auteur, l'enfant nous laisse entendre qu'il connaît désormais parfaitement le rôle clé de la créature et les raisons de sa venue. Le serpent ne se présente donc pas en tant qu'ennemi. Il revient pour signaler le départ du petit héros : le temps qui lui était imparti est écoulé. Tel Charon, dans la mythologie grecque, faisant traverser le fleuve Achéron pour mener les âmes vers le royaume des morts, le reptile accompagne l'enfant dans l'accomplissement de son destin. Cette disparition traduisant la mort du petit prince est encore suggérée par les deux dernières aquarelles illustrant le livre. L'une montre le petit prince de dos, tombant sur le sable, face à l'étoile, comme foudroyé. Sur l'ultime image, seules subsistent l'étoile et une double ligne décrivant l'horizon. Une suite graphique transcrivant l'idée de mirage et presque d'illusion. Viennent alors ces dernières pensées de l'aviateur : « Ça, c'est, pour moi, le plus beau et le plus triste paysage du monde. [...] C'est ici que le petit prince a apparu sur terre, puis disparu. »

La perte inconcevable

Le narrateur lui-même nous confie son incapacité à dire ce qui est advenu de son ami : « Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste : écrivez-moi vite qu'il est revenu... ». Est-il mort ou est-il vivant ? Est-il ailleurs ou est-il encore parmi nous ? Pour Saint-Exupéry, il s'agit moins de suggérer ou de décrire littéralement la mort du petit prince que de traduire la perte. Mort, disparition, mirage, l'essentiel est de nous faire méditer sur notre relation avec ce qui est perdu ou ce qui peut se perdre. Saint-Exupéry porte le conte au-delà des histoires d'enfance perdue, puis retrouvée. Cette enfance-ci n'est pas pleinement atteinte. Par son dénouement, le drame dépasse le mythe de l'enfant éternel ou de l'enfant-roi. En témoigne le style teinté de mélancolie et empreint d'une profonde nostalgie. Celle-ci fait écho à l'expérience d'une vie dont les lois ont effacé naturellement l'existence de son innocence. Les réactions du petit héros ne figurent plus un étonnement enfantin : elles sont étrangement audacieuses et surtout étonnées du sens que les hommes donnent à ce qu'ils font. Dans ce désert où plus rien n'a de véritable consistance, où le petit prince nous renvoie à nos propres vanités et au triste sort icarien des adultes, l'aviateur se trouve confronté aux valeurs et aux idéaux que cette enfance véhicule. L'essentiel est de ne pas perdre de vue l'humanité originelle qu'elle incarne. Une humanité que nous risquons de voir disparaître et qui n'est jamais totalement à l'abri. C'est le sens même de la dernière phrase du livre, « écrivez-moi vite qu'il est revenu... ». Plus qu'une révélation de l'âpreté de la vie, la perte révèle le visage double, néanmoins cohérent de l'enfant-adulte et de l'adulte-enfant. Si l'enfant incarne le sacré, il n'en reste pas moins intouchable et symbolise par excellence l'être vulnérable. Pour preuve, l'auteur met l'aviateur et l'enfant face aux mêmes difficultés : rentrer chez soi, retrouver le chemin de l'essentiel. La vie n'épargne aucun des deux personnages. Le Petit Prince n'offre donc pas une promesse d'immortalité ou de cette plénitude éternelle que la figure de l'enfant donne à contempler. Il devient néanmoins une constante source d'espoir. Espoir précaire, mais essentiel à notre foi et à toutes les valeurs qu'elle représente, celles qui transcendent notre être au-delà de tous les rôles qu'il peut endosser (roi, géographe, homme d'affaires, etc.). Pour Saint-Exupéry, cette humanité originelle reste toujours à reconquérir, car le salut des hommes n'est jamais véritablement acquis. Rien ne peut procurer un véritable repos. S'il existe une éternité pour les simples mortels, elle est en sursis et ne s'acquiert que par un labeur constant : la transmission de l'esprit. C'est là toute la complexité de Saint-Exupéry : l'esprit n'est jamais totalement synonyme d'éternité et le corps n'est jamais complétement synonyme de mortalité.

Ne mourir qu'à demi

Dans Terre des hommes (1939), l'aviateur évoque déjà cette vision si spécifique de la mort et de son lien avec l'idée d'éternité. Une relation qui revêt un caractère fondamentalement tellurique : « Ce qui donne sens à la vie donne aussi sens à la mort. Celle-ci est douce quand elle est dans l'ordre des choses, quand le vieux paysan de Provence, au terme de son règne, remet en dépôt à ses fils son lot de chèvres et d'oliviers, afin qu'ils le transmettent, à leur tour, aux fils de leur fils. On ne meurt qu'à demi, dans une lignée paysanne. Chaque existence craque à son tour comme une cosse qui livre ses graines ». De fait, l'aviateur doit repartir. Son salut se trouve dans l'envol et le petit prince ne peut que s'effacer face à l'urgence que l'existence nous impose devant la mort. La fin de l'histoire est le sens même de cette vie : une vie qui expérimente la perte et qui, par la même occasion, trouve sa raison. Elle met en lumière tout ce qui fait sens en ce monde, ou plutôt, elle donne tout le sens dont le monde a besoin. C'est la réponse du serpent au petit prince à propos des énigmes : « Je les résous toutes. » Cette perte, n'annonçant pas de vérité absolue, révèle cependant aux hommes ce qui leur est le plus cher. Si cette existence est donc réticente à l'idée de nous offrir du sens, elle nous offre en échange la possibilité de partager son désert de solitude avec un autre. Par la perte, l'existence nous révèle l'amour et la fidélité. L'astéroïde B612 et la rose que l'enfant veut tant revoir deviennent autant les symboles d'un foyer originel que ceux d'un au-delà. Dans la mort, le petit prince rejoint également l'être aimé et c'est dans cette espérance même que l'amour revendique son immortalité. 




Le dernier envol

Situé dans l'avant-dernier chapitre, l'événement relaté précède la séparation entre le petit prince et le narrateur. Après avoir découvert le puits tant recherché dans lequel l'aviateur et l'enfant peuvent enfin se désaltérer, le petit prince explique qu'il est maintenant sur Terre depuis un an et qu'il serait grand temps pour lui de retourner sur son astéroïde. Il recommande donc au narrateur de trouver le moyen de réparer son avion afin de quitter, lui aussi, le désert pour de bon. De retour de sa réparation, l'aviateur aperçoit l'enfant discutant avec un serpent.

ANECDOTE

L'engagement de Saint-Exupéry dans la guerre en avril 1943 - l'année de la publication du Petit Prince - témoigne d'un élan humaniste et patriotique sans précédent. La fin du Petit Prince est devenu le prélude au dernier épisode de sa vie. Dès son arrivée en Afrique du Nord, il ne cessera d'évoquer ce pressentiment funeste quant à son destin : « Je ne pars pas pour mourir, écrit-il à Consuelo, je pars pour souffrir et ainsi communier avec les miens... ». Plus tard, à son amie Silvia Hamilton : « Je suis bien content de pouvoir attester, en engageant ma chair jusqu'à la moelle, que je suis pur. On ne peut signer qu'avec son sang... ». 

Kyrill Nikitine Écrivain, chercheur à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, il a publié Le Chant du derviche tourneur (bibliocratie.com, 2011).
avatar
haroun 6259

Messages : 2082
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum