Les monades urbaines

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les monades urbaines

Message par haroun 6259 le Ven 18 Mar - 12:39

Jai lu plusieurs fois ce classique de la S.F. Ces gens vivent dans ce qui est censé être le meilleur des mondes, ces gigantesques gratte-ciel ( 1000 étages ! ) . Liberté sexuelle totale - du moins pour les maris, pas pour les femmes qui ne peuvent se refuser à personne, mais qui sont déconsidérées lorsqu'elles-mêmes cherchent un partenaire sexuel pour la nuit.
Leur credo et leur loi : "croissez et multipliez-vous !" , la contraception un péché abominable. Mais certains habitants ne s'adaptent pas à la vie de ce qui est un grand clapier, et ces "anomos", qui se rebellent contre l'ordre établi, qui veulent sortir de ce gratte-ciel, ou qui refusent une nouvelle grossesse, sont exécutés. Certains sentiments bassement humains réapparaissent : la jalousie, l'ambition, l'amour....Certains personnages se rendent compte que les promenades sexuelles nocturnes sont en quelque sorte une obligation, qu'ils vivent dans un gigantesque clapier.
Au fur et à mesure du récit, en suivant les destins de chaque protagoniste, on se rend compte que les "anomos" ne sont pas si rares, et l'aventure de l'un d'entre eux, qui réussit à sortir du bâtiment pour aller visiter l'une des communautés rurales ( il en faut pour produire la nourriture des 75 milliards d'habitants qui peuplent la Terre ! ) , se termine tragiquement.
Je voudrais émettre une remarque négative : ces "monades" d'une hauteur de 3000 mètres doivent peser des millions de tonnes , ce qui doit mettre à mal le terrain sur lequel elles sont construites : glissement de terrain, peut-être fracture de la croute terrestre ? Or, Silverberg ne donne pas d'explications sur la construction de ces gratte-ciel, de même qu'il ne donne pas de renseignements sur les dimensions en largeur, sur les équipements "commerciaux". Il se contente de dire que la monade est divisée en 25 "cités" de 40 étages chacune, et qu'il est plutôt mal vu de fréquenter les habitants d'une autre cité que la sienne.
Autre remarque : les personnages de ce roman sont presque tous étonnamment jeunes, pubères à 9 ans, mariés à 12 ans. Les familles comptent en moyenne 8 à 10 enfants. De mémoire, Sygmund, à l'âge de 14 ans, est déjà promis à un bel avenir et est père de famille; Charles Mattern, 23 ans, est socio-computeur et n'a "que " 4 enfants. Mais, logiquement, il doit bien y avoir des vieux ? Or, l'auteur n'en parle nulle part.
Enfin, étant donné la copulation à tout-va et l'interdiction absolue de contraception, comment les pères de famille peuvent-ils savoir que les enfants de leurs épouses sont bien les leurs ? J'ai dit " leurs épouses" au pluriel car il semble bien qu'un homme puisse être bigame ( c'est dit dès le début du roman )

En tout cas, un livre à lire !
avatar
haroun 6259

Messages : 2049
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les monades urbaines

Message par Kevin Kelvin le Ven 18 Mar - 20:58

C'est comme dans "Le meilleur des mondes" : on s'intéresse à un aspect de la société et on ne s'occupe pas du reste comme la production d'énergie ou même la biotechnologie (car les explications d'Huxley sur la fabrication des bébés en éprouvette sont plutôt sommaires).
avatar
Kevin Kelvin

Messages : 597
Date d'inscription : 24/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les monades urbaines

Message par haroun 6259 le Sam 19 Mar - 9:15

Kevin Kelvin a écrit:C'est comme dans "Le meilleur des mondes" : on s'intéresse à un aspect de la société et on ne s'occupe pas du reste comme la production d'énergie ou  même la biotechnologie (car les explications d'Huxley sur la fabrication des bébés en éprouvette sont plutôt sommaires).

Effectivement, Robert Silverberg met surtout l'accent sur la liberté sexuelle totale - ( et obligatoire ! ) . Nul homme, nulle femme ne peut se refuser à un homme ou à une femme. Sinon, il risque la mort ( la "chute", être précipité dans un vide-ordures vers les profondeurs de la monade où il sera broyé dans les machines qui transforment en engrais, en chaleur et énergie les déchets de toutes sortes produits par les 800 000 habitants du bâtiment, excréments compris).
Et cette liberté sexuelle - parfois mal acceptée par les téméraires "anomos" - a pour corollaire, étant donnée l'interdiction absolue de contraception, l'augmentation effrénée de la population : 3 milliards d'habitants supplémentaires chaque année !
C'est vrai que les explications sur le fonctionnement technique de la monade manquent : Silverberg explique, mais de façon succinte, comment l'humanité en est arrivée à cette situation. Au XXème siècle, on s'est rendu compte que les villes ne pouvaient plus s'étendre davantage, ceci au détriment des surfaces cultivables. Après une période de conflits, la solution est apparue : il fallait construire le plus verticalement possible, raser les villes horizontales ( tout en conservant quelques unités villageoises agricoles pour assurer le ravitaillement des nouveaux gratte-ciels, ces unités agricoles devant, elles pratiquer une sévère contraception pour ne pas s'étendre ) . Il fallait remplacer le territoire des anciennes villes par des surfaces cultivables, sans s'occuper de la flore ni de la faune naturelle ( disparition des animaux et des forêts )
De même qu'il explique que chaque "cité" des monades est spécialisée dans une profession : les plus basses fabriquant des pièces détachées pour les machines agricoles, celles un peu plus élevées étant réservées aux artistes, d'autres étant le domaine des chercheurs, scientifiques et historiens....et la plus élevée étant le domaine des administrateurs . Mais les explications sont maigres.

De même que sont bien maigres les explications concernant les rares habitants des unités agricoles qui semblent avoir subi, dans leur mentalité, une véritable régression puisqu'y sont occasionnellement pratiqués des sacrifices humains.

Enfin, bizarrement, ces monades urbaines ne sont jamais enveloppées dans les nuages  :-)
avatar
haroun 6259

Messages : 2049
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les monades urbaines

Message par Kevin Kelvin le Sam 19 Mar - 9:51

Il ne s'est pas non plus très bien renseigné sur la sexualité humaine : il est notoire que ce sont les sociétés où la répression sexuelle est la plus forte qui ont également la plus forte natalité.
avatar
Kevin Kelvin

Messages : 597
Date d'inscription : 24/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les monades urbaines

Message par haroun 6259 le Dim 20 Mar - 9:30

Kevin Kelvin a écrit:Il ne s'est pas non plus très bien renseigné sur la sexualité humaine : il est notoire que ce sont les sociétés où la répression sexuelle est la plus forte qui ont également la plus forte natalité.

Disons que dans le cas des " Monades urbaines", la contraception dans les communautés rurales est une obligation : si la population s'accroît, les villages s'étendent et on retourne à la situation pré-monadiale : moins d'espace cultivable. Je crois que les sacrifices humains ont pour raison de maintenir la population toujours au même niveau.
 Par contre, dans les monades, il est obligatoire, sous peine de mort, d'avoir le plus d'enfants possible. La densité de population est extrêmement élevée ( plus de 800 000 habitants par monade, 80 à 100 appartements par niveau ! ), ce qui risque de créer des tensions entre individus. Et, pour éviter ces tensions, la solution est, si je puis dire, la " fuite dans le sexe" et la suppression de toute intimité ( même satisfaire les besoins naturels tels que la défécation, cela se fait au vu de tout le monde ) ! Il existe bien des " rideaux d'intimité", mais on ne s'en sert que très rarement.
Au début de ce petit roman, on voit le socio-computeur Charles Mattern accueillir un homologue à lui - un colon venu de Vénus ( qui est en processus de colonisation ) . Ce " Vénusien" n'est jamais venu sur la Terre, et la très jeune Mme Mattern lui montre l'endroit où elle et sa famille défèquent : " C'est ici que nous déféquons. Lorsque vous déféquerez, préférez-vous que l'on mette le rideau d'intimité ? " . " Oui, svp, car je ne suis pas habitué à déféquer à la vue de tout le monde :-)   "
avatar
haroun 6259

Messages : 2049
Date d'inscription : 21/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les monades urbaines

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum