La Chine prévoit de licencier jusqu'à six millions de personnes

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La Chine prévoit de licencier jusqu'à six millions de personnes

Message par mareaction le Jeu 3 Mar - 17:30

La Chine prévoit de licencier jusqu'à six millions de personnes




Confronté à un ralentissement de sa croissance économique, l'Empire du Milieu désire licencier plusieurs millions de personnes, selon l'agence de presse Reuters. Un plan majeur qui devrait s'étaler sur les trois prochaines années.




Le taux de chômage en Chine va-t-il grimper de façon significative? Le gouvernement chinois prévoit en effet de licencier 5 à 6 millions de personnes, sur les trois prochaines années, selon l'agence de presse Reuters, qui cite deux sources proches de l'exécutif. Un programme qui s'inscrirait dans le cadre du treizième plan quinquennal, destiné à tracer les grandes lignes des politiques et priorités de l'économie chinoise de 2016 à 2020. Pour Agatha Kratz, chercheuse à l'ECFR (Conseil européen des relations internationales), «ce plan constitue une aubaine pour relancer l'économie chinoise».
De fait, la Chine a enregistré en 2015 sa croissance la plus faible depuis un quart de siècle. La seconde économie mondiale a vu son PIB croître de 6,9%, contre 7,3% l'année précédente. Certains économistes estiment même que ces chiffres sont largement surévalués.

Industrie navale, BTP, charbon... Sept secteurs industriels dans le viseur

Pour redynamiser l'Empire du Milieu, le plan massif de licenciements vise les entreprises dites “zombies”, c'est-à-dire les entreprises publiques déficitaires maintenues artificiellement par l'Etat et les banques publiques chinoises. «L'émergence de ces entreprises “zombies” résulte avant tout d'un ralentissement du marché immobilier: il n'y a plus besoin de construire autant de logements qu'auparavant», explique l'économiste au Figaro. «En l'absence de débouchés pour leur production, maintenir ces entreprises à flot contribue surtout à augmenter l'endettement chinois, et à capter des ressources importantes, lesquelles pourraient être mieux utilisées dans d'autres secteurs». Résultat, cinq secteurs industriels affiliés au BTP sont aujourd'hui menacés.



Mais les objectifs du gouvernement sont beaucoup plus larges et devraient affecter sept industries au total, dont la construction navale et le charbon. «L'industrie navale est directement touchée par la baisse de la demande mondiale», soutient Agatha Kratz. «Le secteur du charbon se trouve aussi en situation de surcapacité, non seulement en raison du ralentissement soudain de la demande d'électricité dans le pays, mais également pour des raisons politiques, puisque le gouvernement chinois s'est engagé à baisser ses émissions de gaz à effet de serre». Pour limiter sa production, le gouvernement a déjà échafaudé un plan: diminuer la production de charbon de 500 millions de tonnes, sur trois à cinq ans.
»» Lire aussi: COP21: François Hollande peut-il faire confiance à la Chine?

Une hausse de la contestation sociale?

Il pourrait bien s'agir du plan de suppressions de postes le plus ambitieux, depuis la fin des années 1990. La restructuration des entreprises d'Etat entre 1998 et 2003 avait entraîné le licenciement de 28 millions de salariés. Les autorités avaient alors mobilisé plus de 73,1 milliards de yuans pour assurer leur réinsertion, soit 11,2 milliards de dollars.
Dans un premier temps, Pékin a indiqué qu'il s'attendait ainsi à la disparition de 1,8 million d'emplois dans les industries houillères et sidérurgiques, sans pour autant en préciser le calendrier. Mais avec cinq à six millions de chômeurs, la Chine doit-elle s'attendre à une montée de la contestation sociale? «Le mécontentement risque d'être plus fort que lors des réformes de 1997-2003, car les opportunités de reclassement sont moins nombreuses qu'auparavant. Pour autant, la Chine est un Etat qui maintient un contrôle fort sur sa population, et sur les mouvements sociaux», nuance la chercheuse spécialisée en économie chinoise.

Poursuivre la libéralisation de l'économie

Pour Agatha Kratz, toute la problématique réside dans la capacité de la Chine à reclasser les futurs chômeurs. «Le gouvernement a indiqué qu'il débloquerait 14 milliards d'euros sur les deux prochaines années pour la réinsertion des employés licenciés dans des secteurs comme la sidérurgie», indique l'économiste. «Mais aucun détail n'a encore été communiqué concernant l'allocation de ces fonds».



Si ce plan massif de licenciements risque de fragiliser la société chinoise, il pourrait, à terme, constituer «une véritable aubaine» pour l'Empire du milieu. «On peut espérer que ce plan de réduction de la surcapacité, et de restructuration des entreprises d'Etat, va inciter les Banques publiques chinoises à investir dans des secteurs plus risqués et plus prometteurs pour l'économie chinoise», espère Agatha Kratz. Est-ce pour autant le seul levier pour redynamiser la croissance économique chinoise? Aux yeux de la chercheuse, Pékin doit surtout poursuivre ses efforts pour libéraliser l'économie. Reste à savoir si, dans le cadre du treizième plan quinquennal qui sera entériné ce samedi, l'exécutif fera des efforts dans ce sens.

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