Martin de Tours

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Message par haroun 6259 le Mer 11 Nov - 16:45

Si vous ne l'avez pas lu, je vous conseille la biographie, forcément romancée, qu'a consacré Max Gallo à ce légionnaire romain, né au début du 4ème siècle en Pannonie ( Hongrie actuelle ) , qui quitta l'armée vers l'âge de 44 ans pour se convertir au christianisme "nicéen" ( trinitaire ), se fit ermite, puis élu malgré lui évêque de Tours, et avec l'aide de quelques disciples, évangélisa une partie du centre de la Gaule et mourut à un âge avancé à la fin du 4ème siècle.
La fin de sa vie fut assombrie par l'"affaire Priscillien", lorsque le pouvoir politique voulut interférer dans des affaires purement religieuses.
L'épisode du partage de son manteau est bien connu;
 Alors qu'il était encore légionnaire, devant les murailles de la ville d'Amiens, en plein hiver, il vit un pauvre grelottant de froid, il coupa son manteau en deux pour en donner la moitié à ce pauvre ( il ne pouvait le donner entièrement, car n'étant propriétaire que de la moitié de son équipement, l'autre moitié appartenant à l'Empire, il ne pouvait donner que ce qui lui appartenait ! ). La nuit suivante, il vit en songe le Christ lui dire que ce qu'il avait donné à ce pauvre, c'est à lui qu'il l'avait donné. Martin se convertit au christianisme quelques années plus tard après avoir quitté l'armée.
Ci-dessous, un article de Wikipédia:

316 ou 317. Il est mort à Candes, en Gaule, le 8 novembre 397. Il est un des principaux saints de la chrétienté et le plus célèbre des évêques tourangeaux avec Saint Grégoire de Tours.

Martin est né[Note 2] en l’an 316 ou 317 dans la province romaine de Pannonie dans la cité de Sabaria[Note 3], l’actuelle ville de Szombathely en Hongrie.
Son père dont la famille est originaire de Pavie (en Italie du Nord), était tribun militaire de l'Empire romain[Note 4], c'est-à-dire un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée, et ce n’est probablement pas un hasard si le nom de Martin signifie « voué à Mars », Mars étant le dieu de la guerre à Rome. Son père est muté à Pavie où Martin va à l'école et est vraisemblablement en contact avec des chrétiens en cette époque marquée par le développement de la Chrétienté[2].
Quoi qu’il en soit, vers l’âge de 10 ans, l’enfant veut se convertir au christianisme et il se sent attiré par le service du Christ[Note 5].


Légionnaire romain

En tant que fils de magistrat militaire, Martin suit son père au gré des affectations de garnison ; il est pour ainsi dire héréditairement lié à la carrière de son père, voué au culte impérial. Ce père est irrité de voir son fils tourné vers une foi nouvelle : alors que l'âge légal de l’enrôlement est de 17 ans, il force son fils de 15 ans à entrer dans l’armée[Note 6]. Il est probable que Martin ne s’est laissé convaincre que pour ne pas nuire à la position sociale de ses parents tant sa vocation chrétienne est puissante.
Il n’en reste pas moins vrai que ce n’est pas en simple soldat que Martin entre dans l’armée romaine : en tant que fils de vétéran, il a le grade de circitor[3] avec une double solde ; le rôle du circitor est celui de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde et la surveillance de nuit de la garnison. Il possède alors un esclave, mais selon ses hagiographes, il le traite comme son propre frère.


La Charité de Martin

 

Affecté en Gaule, un soir de l’hiver 338 à Amiens[Note 7] il partage son manteau avec un déshérité transi de froid car il n’a déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent[Note 8]. Il tranche son manteau ou tout du moins la doublure de sa pelisse et la nuit suivante le Christ lui apparaît en songe vêtu de ce même pan de manteau[Note 9]. Il a alors 18 ans[Note 10]. Le reste de son manteau, appelé « cape » sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l'origine du mot : chapelle[Note 11] (cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand).

Campagne contre les Alamans sur le Rhin

C’est aussi le temps où les grandes invasions germaniques se préparent ; les Barbares sont aux portes de l’empire ; depuis longtemps déjà les milices auxiliaires des légions sont composées de mercenaires d’origine germanique. En mars 354, Martin participe à la campagne sur le Rhin contre les Alamans à Civitas Vangionum en Rhénanie[Note 12] ; ses convictions religieuses lui interdisent de verser le sang et il refuse de se battre[Note 13]. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la providence et à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il est enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix[Note 14].
Selon Sulpice Sévère, Martin sert encore deux années dans l'armée[Note 15] puis il se fait baptiser à Pâques toujours en garnison à Amiens[réf. nécessaire] ; cette époque est un temps de transition, la fin d’un règne et le début d’un autre règne où tous, même les soldats, sont pénétrés par les idées nouvelles.


Vie d'ermite


En 356, ayant pu quitter l’armée il se rend à Poitiers pour rejoindre Hilaire[Note 16], évêque de la ville depuis 350. Hilaire a le même âge que lui et appartient comme lui à l’aristocratie, mais il a embrassé la foi chrétienne tardivement, et est moins tourné vers la mortification et plus intellectuel ; l’homme lui a plu cependant et il a donc décidé de se joindre à lui.
Son statut d’ancien homme de guerre empêche Martin de devenir prêtre : aussi refuse-t-il la fonction de diacre que lui propose l’évêque. Il devient donc simplement exorciste[Note 17]. Au cours du même voyage, il rencontra le Diable[4].
Dans la région des Alpes, il fut un jour attaqué par des brigands. L'un des voleurs lui demanda s'il avait peur. Martin lui répondit qu'il n'avait jamais eu autant de courage et qu'il plaignait les brigands. Il se mit à leur expliquer l'évangile. Les voleurs le délivrèrent et l'un d'eux demanda à Martin de prier pour lui[4].
La Chrétienté est alors déchirée par des courants de pensée qui se combattent violemment et physiquement ; les ariens sont les disciples d’un prêtre, Arius qui nie que le Christ soit Dieu fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’Église romaine ; à cette époque les ariens sont très influents auprès du pouvoir politique. Alors que Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux tombe en disgrâce et est exilé, Martin est averti « en songe » qu’il doit rejoindre ses parents en Illyrie afin de les convertir[Note 18]. Il réussit à convertir sa mère mais son père reste étranger à sa foi[Note 19] ; cette position peut du reste n’être que tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié.
En Illyrie c’est la foi arienne qui est la foi dominante et Martin qui est un fervent représentant de la foi trinitaire doit sans doute avoir de violentes disputes avec les ariens car il est publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugie à Milan mais là aussi les ariens dominent et Martin est à nouveau chassé[Note 20]. Il se retire en compagnie d'un prêtre dans l’île déserte de Gallinara non loin du port d'Albenga et se nourrit de racines et d’herbes sauvages[Note 21]. Martin s’empoisonne avec de l’hellébore et il s’en faut de peu qu’il ne meure[Note 22].
En 360, avec les canons du concile de Nicée, les trinitaires regagnent définitivement leur influence politique et Hilaire retrouve son évêché. Martin en est informé et revient lui-même à Poitiers[Note 23].
Alors âgé de 44 ans, il s’installe sur un domaine gallo-romain qu'Hilaire lui indique près de Poitiers. Martin y crée un petit ermitage[Note 24], que la tradition situe à 8 km de la ville : l’abbaye de Ligugé où il est rejoint par des disciples. Il crée ici la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère est le lieu de l’activité d’évangélisation de saint Martin pendant dix ans. Il accomplit ses premiers miracles et se fait ainsi reconnaître par le petit peuple comme un saint homme.


Évêque de Tours

En 371 à Tours, l’évêque en place Lidoire vient de mourir ; les habitants veulent choisir Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à l'épiscopat. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement[Note 25] ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine[réf. nécessaire] (un cas identique de contrainte face à un non-consentement se reproduira en 435 pour Eucher de Lyon).

Les autres évêques ne l’aiment guère car il a un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’inflige, il porte des vêtements rustiques et grossiers[Note 26].
Désormais, même s’il est évêque, il ne modifie en rien son train de vie[Note 27]. Il crée un nouvel ermitage à 3 km au nord-est des murs de la ville : c’est l’origine de Marmoutier[Note 28] avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines doivent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copient des manuscrits, pêchent dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s’isolent des moines ermites.
Le monastère est construit en bois ; Martin vit dans une cabane de bois dans laquelle il repousse les « apparitions diaboliques et converse avec les anges et les saints » : c’est une vie faite d’un courage viril et militaire[réf. nécessaire] que Martin impose à sa communauté.
Tout ce monde voyage à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin est toujours escorté de ses moines et disciples, sans doute en grande partie pour des raisons de sécurité car il ne manque pas de voyager très loin de Tours. Ailleurs l’autorité de l’évêque est limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sort des murs et pénètre profondément à l’intérieur des terres. Martin semble avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il n’a pas pu aller, il a envoyé ses moines.
À cette époque les campagnes sont païennes, il les parcourt donc faisant détruire temples et idoles. Il fait par exemple abattre un pin sacré[Note 29].
Il prêche avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêche par la parole et par sa force, il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l'utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait : ainsi il dit d’une brebis tondue « qu’elle accomplit le précepte de l’évangile basé sur le partage »[5].
Il remplace les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donne les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne est encore essentiellement urbaine.
Marmoutier sert de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; c’est pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule.
Martin de Tours est présent à Trèves lorsque les évêques d’Espagne Hydace et Ithace demandent à l'empereur Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci est condamné (pour motifs civils) au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan (délégué par le jeune empereur Valentinien II), Martin demande la grâce pour Priscillien. Bien qu’Ambroise, menacé de mort par l’empereur, ne le soutienne pas, Martin obtient que les disciples de Prisicillien ne soient pas poursuivis. Le pape Sirice s’élevera contre les procédés de Maxime[Note 30].
Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose Ier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace sera déposé quelques années plus tard, et Hydace démissionnera de lui-même de sa charge.
Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permettait à Martin de jouir d’une grande influence et de se faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il existe désormais une complicité entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique. Mais cela n'empêche pas Martin, à la table de l'empereur, de servir en premier le prêtre qui l'accompagne et d'expliquer que le sacerdoce est plus éminent que la pourpre impériale.
Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens [6]. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l'évêque ; ce sont les martins-pêcheurs.

Au soir de sa vie, sa présence est requise pour réconcilier des clercs à Candes-sur-Loire, à l'ouest de Tours ; l'urgence de l'unité de l'Église fait que malgré sa vieillesse, il décide de s'y rendre. Son intervention est couronnée de succès, mais le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin meurt à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendre comme mouraient les saints hommes ; disputé entre Poitevins et Tourangeaux, son corps est subtilisé par ces derniers et rapidement reconduit par le fleuve jusqu'à Tours où il est enterré le 11 novembre.
Une légende veut que les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre, au passage de son corps sur la Loire entre Candes et Tours. Ce phénomène étonnant donnera naissance à l’expression « été de la Saint-Martin[Note 31] ». Son successeur est Brice, un de ses disciples. Une église lui est consacrée à Renaix, ville de Belgique (province de Flandre-Orientale).

Postérité



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Bien que les miracles de Martin de Tours fussent déjà connus de son vivant par delà les frontières de son diocèse, qu'il ait prêché l'évangile dans les campagnes et que Sulpice Sévère en fasse l'égal des apôtres, il ne semble pas qu'il ait organisé son action. Sa tombe a été marquée rapidement par l'érection d'un petit oratoire, remplacée par une collégiale en 818, reconstruite et agrandie après les raids vikings en 1014 puis par hervé de Buzanceau après le grand incendie de Tours de 1203: Basilique Saint-Martin de Tours avec le service de 200 chanoines réguliers . C'était le siège de pèlerinages favorisés par l'existence d'un double déambulatoire et l'exposition des os du saint, mis dans une chasse d'or par les soins de Charles VII en 1424. Mais progressivement, la désaffection et la vétusté des locaux, aggravés par les destruction au cours des guerres de religion, en particulier par les Huguenot en 1562 , abouti à la décision de la démolition de la basilique au XVIIIe et l'écroulement de la voute en 1797 avec percement de nouvelles rues, qui ne laissèrent en place que les tours de l’horloge et de Charlemagne, qui elle-même s'effondrera en 1928. Néanmoins une nouvelle basilique, plus petite (et positionné perpendiculairement) a néanmoins été reconstruite de 1886 à 1924 dans la crypte de laquelle se trouve le tombeau du saint.


En Gaule



L'importance historique de Martin de Tours tient surtout au fait qu'il a créé les premiers monastères en Gaule et qu'il a formé des clercs par la voie monastique. D'abord admiré par ses amis qui l'ont pris pour modèle (Sulpice-Sévère, Paulin de Nole), son culte a été instauré par ses successeurs au trône épiscopal de Tours, qui surent faire de leur basilique un sanctuaire. La place prise par le culte de Martin dans la liturgie et la littérature pieuse est surtout due à l'action de Perpetuus († vers 490), avec un Indiculus des miracles qu'il a fait versifier par Paulin de Périgueux, et de Grégoire de Tours († 594), qui de même dressa une liste des miracles qu'il fit mettre en vers par Venance Fortunat[Note 32]. Ainsi, dès le Ve siècle, Tours était le premier lieu de pèlerinage des Gaules ; le choix de Martin de Tours comme seigneur tutélaire des Mérovingiens est fait sous Clovis. Tours reste par la suite un foyer spirituel important. À l'époque carolingienne, Alcuin, conseiller de Charlemagne, fut nommé abbé de Saint-Martin de Tours et de Cormery. Ces abbayes furent des foyers importants de la renaissance carolingienne aux alentours de l’an 800. La cathédrale de Mayence, au cœur de la Germanie franque, est également dédiée à saint Martin.
La cape de saint Martin de Tours, qui fut envoyée comme relique à la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle pour Charlemagne, est elle-même à l'origine du mot « chapelle », c'est-à-dire l'endroit où l'on gardait la « c(h)ape » du saint qui était emportée lors des batailles et portée en bannière.
Elle est aussi à l'origine du mot « Capet », nom de la dynastie des rois de France : Francs capétiens[7]. Ainsi, du royaume d'Austrasie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, saint Martin reste le symbole de l'unité franque (resp. française).
Aujourd’hui plus de 236 communes portent son nom en France et plus de 4 000 églises sont placées sous son vocable ; son nom de baptême est devenu le nom de famille le plus fréquent de France.
Une communauté de prêtres et de diacres séculiers, la communauté Saint-Martin, fondée en 1976 et présente principalement en France, s'est placée sous son patronage.
haroun 6259
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Messages : 2082
Date d'inscription : 21/03/2015

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Message par lili@ne le Mer 11 Nov - 16:50

Merci pour cette évocation , la communauté fondée en 1976 est donc très récente je ne savais pas qu'il y avait de nouvelles communautés à notre époque .

lili@ne

Messages : 4276
Date d'inscription : 22/04/2015

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