Ce que Paul Veyne, LE spécialiste de l'empire gréco-romain, dit du Christ et du christianisme

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Message par haroun 6259 le Ven 10 Avr - 19:47

Au hasard de mes lectures des ouvrages de ce grand historien qu'est Paul Veyne  ( je rappelle que Paul Veyne est athée ):

- " Le négationniste" Faurisson est proche, en effet, d'une variété d'illuminés à laquelle les historiens de ces deux derniers siècles se heurtent parfois : anticléricaux qui nient l'historicité du Christ ( ce qui a le don d'exaspérer l'athée que je suis ), cervelles fêlées qui nient celle de Socrate, Jeanne d'Arc, Shakespeare ou Molière, s'excitent sur l'Atlantide ou découvrent sur l'île de Pâques des monuments érigés par les extraterrestres " ( lu dans " Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?", Editions " Points")

- "Voici une lettre de Pline le Jeune, isolée comme un aérolithe, qui nous apprend formellement qu'au début du deuxième siècle, quelque part en Asie Mineure, les chrétiens étaient très nombreux; faute de contexte, on ne pourra même pas décider ( à supposer qu'on pense seulement à se le demander ) si cette lettre prouve que, trois générations seulement après la mort du Christ, le christianisme, au moins dans les régions de haute culture, avait déjà presque achevé la conquête des âmes; ou s'il ne faut pas estimer seulement que l'attention de Pline venait d'être attirée par un épisode d'actualité momentanée". ( Lu dans " Comment on écrit l'Histoire", Edition "Points )

- "Le prince  ( l'empereur) convoque qui il lui plaît pour décider de son sort.
C'est ainsi que les petits-neveux de Jésus de Nazareth furent amenés à Rome devant Domitien, qui apprit de leur bouche que ces descendants du roi David n'étaient que des paysans inoffensifs qui cultivaient moins d'un hectare; il les relâcha " ( "L'Empire gréco-romain" )

- "Ce culte très officiel ( le culte impérial ) ne naissait pas de la pensée populaire ni de la superstition sur les hommes divins comme Apollonios de Tyane ou Jésus de Nazareth" ( l'Empire gréco-romain)

-"Profitons de l'occasion pour le dire : imputer la libido au christianisme est un lieu commun erroné : ce sont l'Antiquité païenne tardive, quelques sectaires païens et chrétiens, et le césarisme païen ou chrétien qui sont les vrais responsables " ( l'Empire gréco-romain )

- Quoi que l'on pense, le christianisme n'a pas réprimé la liberté sexuelle qui, dans la réalité païenne, était beaucoup plus timide que ne le fait croire l'imaginaire littéraire et artistique où se réfugiaient les païens ." (l'Empire gréco-romain )

- " Jésus de Nazareth fut avant tout un prophète eschatologique juif, ce fut un thaumaturge célèbre en son pays, mais ce fut aussi un prédicateur qui enseignait que la douceur, la miséricorde, le pardon mutuel, l'amour ou "agapê" ( charité ) envers tous, frères ou ennemis, auraient leur récompense sous le règne imminent de Dieu" ( l'Empire gréco-romain )

- Jésus annonçait à Israël, son peuple - et à lui seul - car il ne s'adressait nullement au vaste monde , que le jour du Jugement était proche. Jésus a été un réformateur juif, et non un fondateur de religion ( l'Empire gréco-romain )

- Une des raisons du succès du christianisme fut que Jésus, lui, était un personnage historique qui avait vécu au temps des premiers empereurs et non dans la temporalité incroyable du mythe ( l'Empire gréco-romain )

- Le peuple travailleur , gagnant ce que gagnent de nos jours les classes les plus défavorisées du tiers-monde, mangeant de la viande dans les grandes occasions,......vêtu d'habit de récupération, de pièces et de morceaux ( d'où l'importance du métier de fripier ) :... cette attention qu'on porte, dans les Evangiles , au manteau sans coutures du Christ, ce chef de secte qui était capable d'avoir un manteau tout neuf ! ( Sexe et Pouvoir à Rome )

- Entre le dieu du christianisme et les dieux païens, il n'y a que le mot " dieu" qui soit commun. Le dieu du christianisme est un être gigantesque et éternel, extérieur et infiniment supérieur au monde qu'il a d'ailleurs créé. Les dieux païens, eux, font partie du monde et ne sont que l'une des trois espèces peuplant le monde : animaux mortels et non raisonnables, hommes mortels et raisonnables, dieux immortels - et non éternels puisqu'ils sont nés - et raisonnables. ( "Sexe et Pouvoir à Rome" )

Un peu H.S : dans " Quand notre monde est devenu chrétien", Paul Veyne s'attarde longtemps sur l'empereur Constantin Ier. Pour lui, il n'y a aucun doute : cette conversion, qui a eu lieu aux environs de 310 ou 312, ( bien que Constantin ne fut baptisé que sur son lit de mort, quelque 25 ans plus tard )  fut sincère .
 Le christianisme ne "touchait" qu'une minorité des habitants de l'Empire, peut-être le cinquième ou le dixième. Cette minorité, par ailleurs répartie dans toutes les classes sociales - et non chez les " humbles" comme on a longtemps cru , n'avait pas particulièrement d'influence . L'empereur n'avait aucun intérêt particulier à devenir chrétien. D'ailleurs, il ne l'imposa nullement à qui que ce soit, et laissa le libre culte à toutes les religions, à condition qu'elles ne pratiquent pas la magie. De plus, avec l'épisode de Julien, mort en 364, qui retourna au néo-platonisme, le christianisme faillit bien disparaître et ce ne fut que par hasard,  en désignant dans l'urgence un chrétien excellent guerrier comme successeur de Julien, et non un païen , que le christianisme survécut.
Alors, pourquoi la conversion de Constantin Ier ? Pour Paul Veyne, la réponse est évidente : à ce grand empereur, il fallait une grande religion...et, ,tenez-vous bien, l'athée Paul Veyne qualifie le christianisme de " chef-d'oeuvre" !
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Message par haroun 6259 le Dim 12 Avr - 8:25

Kevin Kelvin a écrit:Ce Paul Veyne est un farceur : la correspondance de Pline et de Trajan est un faux médiéval.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidoine_Apollinaire

Sidoine Apollinaire, évêque d’Auvergne mort en 486 n’en avait pas encore entendu parler

Il ne connaissait que neuf livres de Pline, la correspondance avec Trajan nous étant présentée comme le dixième.

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/sidoine/lettres9.htm


    Le motif, selon toi, qui doit me porter à augmenter d’un livre neuvième les huit volumes précédents, c’est que C. Secundus, dont tu dis que je suis les traces dans mon ouvrage, assigne les mêmes limites à son recueil épistolaire.

Livre IX, lettre I

Eusèbe de Césarée, historien de l’Eglise, qui participa en 325 au concile de Nicée, ville sise en Bithynie, n’a jamais rencontré le moindre curé dans le coin pour lui transmettre une tradition chrétienne locale sur Pline.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_concile_de_Nic%C3%A9e

Tout ce qu’il sait de cette histoire, il l’a pris dans Tertullien, lequel ignore quelle province a pu gouverner Pline.

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/histoire3.htm

Chapitre XXXIII

Pline n’a même pas pu être nommé gouverneur de Bithynie par Trajan car il s’agissait alors d’une province sénatoriale devenue province impériale seulement en 135.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bithynie

Or Trajan est mort en 117 et Pline est mort avant 115.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trajan

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_le_Jeune
Entre Wikipédia et Paul Veyne, historien dont l'érudition est mondialement reconnue, et qui cite toujours ses sources, qui ne peut même pas être suspect de parti-pris envers le christianisme ( il est athée ) et qui a enseigné au Collège de France, mon choix est vite fait   :-)

Et puis, il faut être prudent quant à la datation des évènements de l'Antiquité - et même du Moyen-Âge. Par exemple, lorsque j'allais à l'école, on affirmait que le baptême de Clovis eut lieu à Noël 496 ( probablement en s'appuyant sur les écrits de Grégoire de Tours, qui écrivit vers 575). Puis d'autres auteurs dirent que c'était vraisemblablement à Noël 499. Et j'ai lu dernièrement que c'était plutôt à Noël 506 ( je vous assure que je l'ai lu ). Alors ? Disons que ce baptême eut lieu à une date comprise entre 496 et 506 .
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Message par haroun 6259 le Dim 12 Avr - 10:16

II. L'autorité de l'empereur
•  L'empereur concentre à Rome tous les pouvoirs de décision. Comme le premier empereur, Auguste, il nomme les sénateurs, ses collaborateurs à Rome et les gouverneurs des provinces de l'Empire. Ses ordres partent de Rome vers les provinces, qui lui envoient en retour des informations. Ces échanges se font grâce à la poste impériale, organisée en relais (qui fournissent des chevaux frais à intervalles réguliers le long de la voie romaine). Ainsi, pour avertir l'empereur de l'invasion d'un peuple du Danube, un cavalier porte à Rome un bâton avec des plumes (signe d'une nouvelle grave et urgente) ; s'il annonce la victoire, il brandit des feuilles de laurier.

•  L'empereur est partout considéré comme un dieu : dans chaque cité impériale est édifié un temple en son honneur, où sont organisées des fêtes selon un calendrier précis.

•  L'Empire est divisé en quarante-quatre provinces dont le gouverneur est nommé par l'empereur ou tiré au sort parmi les sénateurs. L'empereur en conserve néanmoins le contrôle et peut remplacer un sénateur par un gouverneur de son choix. C'est ce que fait Trajan lorsqu'il nomme son ami Pline le Jeune gouverneur de Bithynie. Celui-ci, comme tous les chefs de province, doit s'occuper de la levée des impôts et des affaires de justice. La poste impériale est alors précieuse. Pline correspond avec Trajan, lui demandant conseil dans les cas difficiles. Ayant le souci de rendre justice à tous, l'Empire développe ce que l'on appelle le droit romain.



P.S : c'est une recherche sur le net  :-)
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