La merveilleuse fente

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Message par haroun 6259 le Lun 3 Aoû - 21:10

Je te salue, ô merveillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente!
 
C'est toi qui fais que plus ne me tourmente
L'archer volant qui causait mes ennuis;
T'ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi déjà plus lente.
 
Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D'un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles:
Tous vers galans devraient, pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles!

   
 

Pierre de Ronsard (1524 - 1585


Dernière édition par haroun 6259 le Mer 5 Aoû - 8:17, édité 2 fois
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La merveilleuse fente Empty L'impuissance sexuelle

Message par haroun 6259 le Lun 3 Aoû - 21:19

Jean qui ne peut ( de Remy Belleau, 1577 )



Quel désastre nouveau, quel étrange malheur
Me brasse le Destin, me bannissant de l'heur (1)
Dont je pouvais jouir cette nuit près de celle
Qui brûle comme moi d'une amour naturelle ?
Hé quoi ! tenant ma langue auprès l'ivoire blanc
De sa bouche de baume, enté (2) flanc contre flanc,
Voyant du beau printemps les richesses écloses
Dessus son large sein les oeillets et les roses,
Un tétin ferme et rond, en fraise aboutissant,
Un crêpe d'or frisé sur un teint blanchissant,
Un petit mont feutré de mousse délicate,
Tracé sur le milieu d'un filet d'écarlate,
Sous un ventre arrondi, grasset et potelé,
Un petit pied mignard, bien fait et bien moulé,
Une grève, un genou, deux fermes rondes cuisses,
De l'amoureux plaisir les plus rares délices,
Un doux embrassement de deux bras gras et longs,
Mille tremblants soupirs, mille baisers mignons,
Mon vit fait le poltron, étant en même sorte
Qu'un boyau replié de quelque chèvre morte ;
Bref il reste perclus (3), morne, lâche et faquin,
Comme un drapeau mouillé, ou un viel brodequin
Baigné, trempé de l'eau, comme si la tempête
Eût voulu triompher des honneurs de ma tête !
Frappé d'un mauvais vent, je demeure sans coeur,
Flac, équené (4), transi sans force et sans vigueur.
Qu'est devenu ce vit à la pointe acérée,
Et rougissant ainsi que la tête pourprée
Qui couronne flottant, le morion (5) d'un coq,
Raide entrant tout ainsi que la pointe d'un soc
Qui se plonge et se cache en toute terre grasse
Jusqu'aux couillons ? Ce vit était enflé d'audace,
Ecumant de colère et de fumante ardeur.
Ce vit, comme un limier qui, de flairante odeur,
Suivait le trac (6) d'un con, vit de bonne espérance,
Toujours gonflé d'orgueil et gorgé de semence,
Et qui pour galoper ne faisait du rétif,
Mais maintenant, ô dieux, est couard et craintif.

Donc pour te faire arcer (7), mon vit, il te faut ores
Un vieille à deux dents qui se souvienne encore
De jeanne la Pucelle ; à qui l'entrefesson,
Sans enflure, sans poil, soit gelé de frisson,
Et si peu fréquenté qu'on sente, de la porte,
Un relent vermoulu, une peu déjà morte,
Entr'ouvrant tout ainsi qu'un sépulcre cendreux,
Béant sur le portail, tout rance et tout poudreux,
Où pende, pour trophée et pour belles enseignes,
Un vieux crêpe tissu des lèvres des araignes :
Renfrogné, découpé, marmiteux et chancreux (Cool.
Tel con sera pour toi, afin de mettre au plonge
Dans l'abîme profond ce nerf qui ne s'allonge
Et qui ne dresse point, glissant comme un poisson
Qui frétille, goulu, autour de l'hameçon,
Mais qui jamais ne prend amorce à la languette :
Une tripe, une peau, une savate infecte,
Rebouché, remoussé, et pliant de façon
Que fait contre l'acier une lame de plomb,
Brave sur le rempart et couard à la brèche,
Un canon démonté sans amorce et sans mèche,
Un manche sans marteau, un mortier sans pilon,
Un navire sans mât, boucle sans ardillon,
Un arc toujours courbé et qui jamais ne bande.
Un nerf toujours lâché et qui jamais ne tende.
Il faut donc pour ce vit un grand con vermoulu,
Un con démesuré qui dévore, goulu,
La tête et les couillons, pour le mettre en curée,
Un con toujours puant comme vieille marée.
Tel con sera pour toi, puisqu'un autre plus beau
Ne peut faire raidir cette couarde peau,
Adieu, contente-toi, et, ne pouvant dresser,
Que ce boyau ridé te serve de pisser !

haroun 6259
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