Où en est la dissuasion nucléaire française ?

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Où en est la dissuasion nucléaire française ?

Message par cessybo le Ven 11 Jan - 19:12

La manif des gilets jaunes à Bourges m'ayant conduit à évoquer la base aérienne d'Avord qui, dans les années 70, disposait de Mirage IV, porteurs de l'arme atomique et d'un D.A.M.S., m'a donné l'opportunité d'ouvrir ce fil.



Les Dépôts Ateliers de Munitions Spéciales (DAMS), qui abritaient les armements nucléaires sur quelques bases aériennes stratégiques, sont réorganisées et perdent leur nom à l’occasion de l’arrivée du nouveau missile ASMPA. Jusqu’à présent, le missile et la tête nucléaire étaient stockés au même endroit, dans le site très protégé du DAMS. Ce ne sera plus le cas désormais : le missile sera confié à l’escadron qui le met en oeuvre alors que les têtes nucléaires seront dans ce qui s’appelle désormais un «bâtiment K». Sur les cinq DAMS existants, trois sont ainsi rénovés (Istres, Saint-Dizier, Avord). Un quatrième (Mont-de-Marsan) pourrait être conservé. En revanche, celui de Luxeuil sera fermé.

Le système d’armes ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré) est entré en service en 2009 sur Mirage 2000N K3 et en 2010 sur Rafale. Le missile ASMPA emporte la charge nucléaire de nouvelle génération TNA (tête nucléaire aéroportée).

Une rénovation à mi-vie est en cours de préparation pour traiter les péremptions et obsolescences d’une part, et maintenir le niveau de performances opérationnelles face à l’évolution des défenses adverses d’autre part.

L’ASMPA rénové restera un missile propulsé par un statoréacteur.   
(Ce qui va faire plaisir à l'ami Girondin, qui m'a tellement mis en boite, à ce propos, en me disant que ce système de propulsion n'avait aucun avenir…n.d.l.r….)  Very Happy Very Happy Very Happy
Ce mode de propulsion permet, par rapport à un mode de propulsion fusée, de réduire considérablement l'encombrement et la masse du missile pour une portée et une charge utile données. Il permet au missile de couvrir un vaste domaine de vol à des vitesses très largement supersoniques.

La tête nucléaire aéroportée est une charge thermonucléaire dont le concept a été validé lors de la dernière campagne d'essais nucléaires. Sa garantie de fonctionnement est assurée par la simulation.

Maître d’œuvre industriel vecteur : MBDA France.

(Source : Défense.gouv.)

En 2016…

Un rapport du sénat invite a moderniser la dissuasion nucléaire française. Les sénateurs estiment qu'il faut accélérer la livraison des MRTT et lancer un programme de remplacement de l'ASMPA.

Les sénateurs Xavier Pintat et Jeanny Lorgeoux ont présenté ce matin à la presse un rapport d'information intitulé "La nécessaire modernisation de la dissuasion nucléaire". Partant du postulat de la nécessité pour la France de conserver une dissuasion nucléaire crédible, les deux sénateurs passent en revue les programmes liés aux armes nucléaires en France.

Le rapport s'intéresse notamment à la composante aéroportée de la dissuasion qui est mise en oeuvre par les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) de l'armée de l'Air et la Force aéronavale nucléaire (FANU) de la Marine Nationale. Les FAS opèreront jusqu'en 2018 des Mirage 2000N et des Rafale. A partir de l'an prochain, les deux escadrons de chasse des FAS seront équipés du Rafale B pouvant emporter, pour la mission nucléaire le missile de croisière ASMPA. Les FAS comprennent aussi la flotte de 14 ravitailleurs en vol C-135. Ceux-ci seront remplacés par 12 A330 MRTT. 9 appareils ont été commandés pour l'heure. Les sénateurs appellent à une accélération du programme de livraison des appareils qui doit s'étaler entre 2018 et 2024. Xavier Pintat a aussi expliqué qu'il serait souhaitable d'acquérir un à deux MRTT supplémentaires.

Un programme de rénovation de l'ASMPA est en cours de réalisation depuis 2016 et conduira à la mise en service de l'ASMPA-R à partir de 2022. Selon les sénateurs, l'ASMPA-R permettra à la France de conserver sa supériorité technologique jusqu'en 2035. 

A cette date il faudra pouvoir remplacer l'ASMPA-R par un missile de nouvelle génération, l'ASN4G (Air-sol nucléaire de 4e génération). Le rapport sénatorial considère que le lancement de ce programme est impératif pour maintenir la crédibilité de la dissuasion nucléaire française à l'horizon 2040. En le faisant évoluer, le futur missile pourrait être employé jusqu'en 2070.

En 2016, un objectif d'état major a été exprimé. Les sénateurs rappellent qu'il faudra trouver un compromis entre la furtivité et la vitesse du missile, le tout avec un coût maitrisé. Les niveaux de développement actuels laissent présager un missile plus long que l'ASMPA. Au delà du vecteur se posera aussi la question de la tête nucléaire et du porteur. En l'état actuel des connaissances les sénateurs estiment que le futur porteur pourrait être une nouvelle version allongée du Rafale. Un sujet qui a été évoqué avec Dassault qui a confirmé la faisabilité d'un tel projet a expliqué Xavier Pintat. 

Les sénateurs appellent aussi à la prudence, l'évolution rapide des technologies et notamment des capacités des systèmes de défense aériennes peuvent entrainer des ruptures. Xavier Pintat et Jeanny Lorgeoux invitent donc les spécialistes à se donner un maximum de temps avant d'arrêter les caractéristiques définitives du futur missile de croisière et de son porteur. L'objectif sera de disposer de la nouvelle arme d'ici 2035, le développement final de l'ASN4G pourrait donc n'être lancé qu'en 2024. En attendant il faudra poursuivre les travaux sur les technologies clefs pour ce type de système. 

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