Un brûlot sur un monde interlope : Showbiz, Presse, Pègre et Politique...

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Message par Invité le Lun 29 Oct - 16:01

25 octobre 2018
Gérard Fauré, une clientèle haut de came.
L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.
Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré , fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle, pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.
Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux - ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.
Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des "mouvements patriotiques", en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»
L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»
Backgammon.
A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou "le Belge", qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.
Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre - «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes... Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»
Hommage.
Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson - une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…
Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

Un brûlot sur un monde interlope : Showbiz, Presse, Pègre et Politique...  Dealer11
Voilà un livre qui devrait faire parler...son auteur était sur CNews en début d'après-midi...Il déclare que les noms des célébrités du show-biz et de la politique dévoilés dans son bouquin ne représentent que 20% de ceux de son manuscrit initial...l'éditeur ayant préféré éviter des poursuites judiciaires en série...
Il n'en reste pas moins qu'un coin du voile est levé sur les pratiques et relations inavouables entre le monde de la pègre, de la nuit, du spectacle, de la presse et de la politique...
Et l'on s'étonnera qu'il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de France...

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Message par LARA BAÏKAL le Lun 29 Oct - 16:55

Ce livre me semble intéressant au niveau des passerelles qui existent entre les politiques, les personnes du spectacle mais cela ne m'étonne pas du tout.
En ce qui concerne Johnny Hallyday, c'est bien possible puisqu'il avait ouvert une boîte de nuit :
" Les vieux amis de Johnny se prennent la tête entre les mains en apprenant que l'Amnésia du Cap d'Agde a été fermée un temps pour des affaires de stupéfiants (même s'il s'agit plutôt d'une boite plutôt chic et « select »), que l'Amnésia de Bonifacio a été détruite en 2000 par un attentat. On ne sait pas qui a « allumé le feu », mais cet établissement faisait l'objet d'une enquête fiscale. Et qu'enfin le titulaire du bail de l'Amnésia de Paris est le propriétaire d'autres établissements parisiens : une fusillade a éclaté dans l'un d'entre eux, laissant ce propriétaire handicapé à vie…"
L'article en entier ici :


https://www.ladepeche.fr/article/2003/10/15/124270-johnny-hallyday-rumeurs-autour-du-financement-de-l-amnesia.html


Ensuite un autre nom retient mon attention, celui de Zampa, cité dernièrement dans les souvenirs de jeunesse de Castaner, j'avais posté l'article ici tant cela me semblait bancal. :

Christian Oraison, dit "le Grand Blond". Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que cet homme, un caïd des Alpes-de-Haute-­Provence, a été abattu de plusieurs balles de 9 millimètres, une nuit d'août 2008, alors qu'il ­s'apprêtait à rentrer chez lui. Le "Grand Blond" avait été formé par ­Gaëtan Zampa, l'un des parrains du Marseille des années 1970. Et, fait beaucoup moins connu, c'était un proche de Christophe ­Castaner, l'actuel ministre des Relations avec le Parlement. "Oraison, c'était mon grand frère, mon protecteur. Il m'appelait l'étudiant", confirme le chef d'En marche, le parti présidentiel. "

L'article en entier ici :

https://www.lejdd.fr/politique/les-erreurs-de-jeunesse-de-christophe-castaner-3670172


Avec la publication non autorisée maintenant de Mimi Marchand, c'est pas mal non plus alors que sa biographie est parue sans son autorisation, on comprend mieux;

https://endirectduchaos.com/2018/10/26/michele-marchand-aurait-etouffe-une-affaire-de-pedo-pornographie-impliquant-du-gratin/


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