En France, un remaniement ministériel ou médiatique?

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En France, un remaniement ministériel ou médiatique?

Message par LARA BAÏKAL le Jeu 11 Oct - 8:58

Tous les journalistes savent, tous les journalistes ne savent rien car peut-être également notre gouvernement n'en sait pas plus sur les noms des futurs Ministres....
Il suffit juste d'être patient et Edouard Philippe est en visite au Havre aujourd'hui en attendant le retour de Macron avec sa double veste Smile




En France, un remaniement ministériel ou médiatique?
OPINION. Machine présidentielle déréglée ou emballement journalistique incontrôlé? Depuis le départ de Gérard Collomb du Ministère de l’intérieur, le fossé s’est encore un peu plus creusé entre l’exécutif et les médias français. Au risque d’une déconnexion généralisée avec les électeurs…

Commençons par un mea-culpa. Mardi ensoleillé à Paris. Le «large» remaniement de l’équipe Macron est, depuis l’aube, présenté comme «garanti» par la plupart des éditorialistes. Durant le week-end, Le Journal du Dimanche a même franchi le pas en lâchant, déjà, quelques noms présumés de ministres censés incarner la «Saison 2» du quinquennat. L’auteur de ces lignes défend donc, au téléphone, l’idée d’un papier conséquent sur l’arrivée de nouvelles têtes ministérielles françaises. Un éditorial est même envisagé. Puisque tout le monde en parle. Puisque le calendrier semble arrêté. Puisque le président français a cruellement besoin d’un second souffle… Bref, Le Temps embraye sur ses confrères hexagonaux. Suivisme. Manque de recul. Jusqu’à l’annulation, vers 17 heures, du hasardeux dispositif…
Cette anecdote dit le vide qui, chaque jour un peu plus, se creuse en France sous les pieds du correspondant supposé raconter le pays, ses réussites et ses tourments. Est-il encore possible de croire, sur le front de la politique nationale, les analyses de commentateurs dont la crédibilité des sources, à l’évidence, laisse à désirer sur la réalité des intentions de «Jupiter-Macron»? Quelles autres sources privilégier, dès lors, pour se faire une idée juste du malaise politique actuel et de l’apparente panne du pouvoir exécutif? Plus grave: pourquoi personne ou presque, dans les médias français de premier plan, ne questionne cet emballement médiatique généralisé, dont les quatre chaînes télévisées d’information continue (LCI, BFM TV, CNews, France Info) font leur miel quotidien, avec force images rediffusées en boucle?

Des médias toujours plus voraces

On nous objectera que ce système médiatique n’a rien de surprenant. Que la déconnexion entre le rythme du pouvoir et celui des médias est d’abord alimentée par l’immédiateté d’internet et des réseaux sociaux. Et qu’elle affaiblit partout l’exercice de la démocratie. D’autres nous expliqueront que le jeu des pronostics ministériels est de longue date un sport républicain. Et que la surenchère actuelle est à la hauteur des promesses macroniennes. Soit.
Mais si on renversait, pour une fois, les termes du débat? Le suivi d’un tel remaniement gouvernemental, presque minute par minute, apporte-t-il une information essentielle au citoyen? On a de la peine à le croire. Plus sérieux: la conduite de l’Etat français est-elle mise en péril par le départ fâché d’un homme, fût-il ministre de l’Intérieur et ex-maire de Lyon? Vu la mobilisation permanente des forces de l’ordre dans un pays où l’état d’urgence, même levé, reste quasi en vigueur, l’argument ne tient guère. Bref: faut-il, aujourd’hui en France, satisfaire l’appétit de médias toujours plus voraces et à l’affût de la moindre petite phrase ou les tenir au contraire à distance des décisions dans l’espoir qu’ils cesseront, ainsi, de dicter l’agenda, comme semble le croire Emmanuel Macron? Et si la République française était devenue médiatiquement ingouvernable?

L’arithmétique du pouvoir

Poser la question ne signifie pas que l’on dispose de la réponse. Le manque chronique de suspense, à de rares exceptions près, des remaniements du Conseil fédéral ne peut certainement pas servir de référence. Mais la situation mérite qu’on s’y arrête dans une France où – le 60e anniversaire de la constitution de la Ve République, jeudi 2 octobre, est là pour le rappeler – tout procède, ou presque, du chef de l’Etat.
Emmanuel Macron a 40 ans. Son parti politique, La République en marche, reste une agrégation électorale. Sa volonté de «transformer» la France, par définition, bute sur les partis traditionnels et sur cet «ancien monde» qu’il a eu le grand tort de mépriser. Le brusque décrochage de sa cote de popularité (33% selon les derniers sondages) diminue, enfin, l’attrait d’un ministère à ses côtés. L’arithmétique du pouvoir est devenue plus compliquée. Faire croire qu’un changement de ministres est l’urbi et orbi d’un Acte 2 de la Macronie, capable de relancer la machine, est dès lors insensé. C’est sur le front européen, sur celui de la croissance économique, et auprès des classes moyennes et des retraités, que se jouera le sort de ce quinquennat malmené… En France, le plus indispensable des remaniements est peut-être… médiatique.
https://www.letemps.ch/opinions/france-un-remaniement-ministeriel-mediatique?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article

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