Guerre de Corée : comment tout a commencé

Aller en bas

Guerre de Corée : comment tout a commencé

Message par LARA BAÏKAL le Jeu 14 Juin - 18:16

Un résumé très intéressant pour comprendre cette guerre de Corée à l'heure où les choses entre les Etats Unis et la Corée du Nord semblent s'arranger.


* Pour voir les vidéos, veuillez cliquez sur le lien du bas.



Guerre de Corée : comment tout a commencé
CORÉE DU NORD - ANTOINE BOURGUILLEAU / GEO HISTOIRE - LUNDI 11 JUIN 2018



Rencontre inédite entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ce mardi, à Singapour. Pour rappel, il y a soixante-huit ans, sur une résolution des Nations unies, les Américains et leurs alliés partaient en guerre contre la Corée du Nord. Une guerre qui, techniquement, n'est toujours pas terminée.

Un président américain, Donald Trump, qui multiplie les déclarations tonitruantes et baptise son homologue "rocket man". Un dictateur nord-coréen, Kim Jung-un, qui intensifie les essais nucléaires et les tirs de missiles. Jusqu'à très récemment et l'organisation surprise de ce sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, la guerre paraissait bien près de reprendre en Corée. Fausse impression : car la guerre de Corée n’est tout simplement pas terminée. Elle dure depuis bientôt soixante-huit ans.


Retour en 1943. Les 22 et 23 novembre, à la conférence du Caire, les Alliés s’accordent sur la nécessité de redonner son indépendance à la Corée (occupée par les Japonais depuis 1910) à l’issue de la guerre. Deux ans plus tard, en août 1945, la péninsule est libérée et séparée en deux zones d’occupation : au nord du 38e parallèle, les Soviétiques, au sud, les Américains. Les deux grands vainqueurs de la guerre doivent, comme convenu, négocier pour déterminer l’avenir du pays. Mais à quelle condition et selon quel régime politique ? 


Dès octobre 1945, les Soviétiques ont en effet installé Kim Il-sung, au pouvoir à Pyongyang, la grande ville du Nord. Au sud, les Américains font de même avec Syngman Rhee, un anticommuniste farouche. Administrative en théorie, la séparation du 38e parallèle devient une frontière entre deux entités qui ne sont pas encore des Etats. En 1947, les Soviétiques rejettent la proposition américaine d’élections générales, et en mai 1948, les Américains organisent un scrutin qui donne naissance à la République de Corée du Sud, dirigée d’une main de fer par Syngman Rhee. Début septembre, les Soviétiques répliquent en proclamant la naissance de la République populaire de Corée, avec Kim Il-sung à sa tête.


Dans le contexte de Guerre froide, les choses ne peuvent cependant pas en rester là. De nombreux accrochages ont lieu le long du 38e parallèle. Notamment parce qu’au nord comme au sud, le sentiment national est très prononcé et que chacun n’aspire qu’à une chose : réunifier le pays, mais à ses conditions. Au sud de la Corée, le régime militaire pousse son allié américain à intervenir militairement. Au nord, le pouvoir stalinien fait de même auprès de son "grand frère" soviétique. Le 25 juin 1950, c’est l’embrasement. En Occident, on affirme que c’est l’attaque surprise de 600 0000 combattants nord-coréens qui a mis le feu aux poudres. Côté communiste, on prétend, au contraire, que les impérialistes ont frappé les premiers la ville frontalière d’Ongjin. Quelles qu’en soient les origines, la guerre de Corée commence. 

Profitant de l’absence des Russes au Conseil de sécurité, les Etats-Unis font voter une intervention


Séoul, la capitale du Sud, tombe rapidement aux mains des Nord-Coréens. Pris au dépourvu, les Sud-Coréens se replient autour de Busan, au sud de la péninsule. Profitant de l’absence de l’URSS au Conseil de sécurité (les Soviétiques boycottent les séances car ils revendiquent la présence de la République populaire de Chine), les Etats-Unis font voter une intervention de l’ONU en Corée. Le 15 septembre 1950, le commandant en chef Douglas MacArthur débarque avec ses troupes à Incheon, un port de la mer Jaune, situé à 50 kilomètres à l’ouest de Séoul. La capitale du Sud est reprise, et les Alliés franchissent le 38e parallèle avant de remonter vers le nord. "Derrière chaque montagne, il y avait une autre montagne", dit un colonel américain pour décrire les conditions dans lesquelles l’offensive se déroule. Façon imagée de dire que chaque difficulté en précède une nouvelle. Les troupes de l’ONU gagnent cependant bientôt les rives du fleuve Yalu, à la frontière chinoise.
Pour la Chine, c’en est trop. Le 26 novembre 1950, des milliers de "volontaires" chinois contre-attaquent en pénétrant en Corée, rejetant les Alliés vers le sud avant que le front ne se stabilise autour du 38e parallèle, au début de l’année 1951. MacArthur insiste à l’époque pour l’utilisation de l’arme atomique ! Déçu de ne pas être écouté, il accuse Truman de mollesse. En avril 1951, la sanction tombe : le président américain limoge MacArthur et nomme le général Ridgway à sa place. "Notre but est d’empêcher une troisième guerre mondiale, pas de la provoquer", explique Truman pour justifier ce remplacement. En juillet 1953, les combats cessent enfin. Nikita Khrouchtchev, le nouveau maître de l’URSS et Dwight D. Eisenhower, le successeur de Truman à la tête des Etats-Unis, sont pressés de voir ce conflit prendre fin. Lorsque survient le cessezle- feu, le bilan du nombre de morts dans cette guerre s’élève à 39 000 soldats de l’ONU (dont 269 Français), 70 000 soldats sud-coréens, 2 millions de soldats nord-coréens et chinois, et 3 millions de civils. Mais aucun traité de paix n’a été signé. Le 38e parallèle est donc, depuis soixante-neuf ans, une frontière de facto. Au nord, une dynastie communiste s’est installée sous l’égide de Kim Il-sung, grandpère du dirigeant actuel, Kim Jong-un, derrière la "DMZ", cette zone "démilitarisée" qui coupe toujours la Corée en deux. Un paravent qu’un simple souffle pourrait faire tomber.


Repères

• 27 juin 1950 : le Conseil de sécurité de l’ONU vote une assistance militaire à la Corée du Sud.
• 1er juillet 1950 : les troupes américaines livrent leur premier combat.
• 19 octobre 1950 : prise de Pyongyang par les forces américaines.
• 4 décembre 1950 : avec le renfort de "volontaires" chinois, le Nord reprend Pyongyang.
• 14 mars 1951 : contre-offensive américaine. Le front se stabilise sur le 38e parallèle fin mars.
• 27 juillet 1953 : signature de l’armistice de Panmunjom.



Les Kim, première dynastie communiste de l'histoire

Par Valérie Kubiak 
"Grand leader", "Président éternel", "Soleil de la nation"… Rarement un chef d’Etat n’a fait l’objet d’une telle vénération. Vingt-trois ans après sa mort, les portraits de Kim Il-sung continuent d’orner les façades, et même parfois les montagnes. Et chaque Nord-Coréen arbore un badge à l’effigie du père de la nation… sous peine de s’exposer à de sérieux problèmes.


Né en 1912, Kim Il-sung a 7 ans lorsque ses parents, paysans pauvres, s’exilent en Mandchourie. Le jeune homme y fait ses premières armes dans la résistance antijaponaise. L’histoire officielle prétend qu’il est alors un combattant exceptionnel, repéré par les Soviétiques qui le soumettent à une formation militaire et politique. Ce n’est qu’en 1945, à l’âge de 33 ans, qu’il retourne à Pyongyang. Sous le patronage de Moscou, il est placé à la tête du gouvernement provisoire de la Corée du Nord en 1948. S’inspirant du modèle stalinien, il va régner d’une main de fer : purges, répression, endoctrinement, culte de la personnalité… La Corée du Nord devient l’une des pires dictatures au monde. 


Après quarante-six ans de pouvoir, il s’éteint en 1994. Mais, Kim Il-sung n’a rien laissé au hasard. Son successeur sera son propre fils, Kim Jong-il. Depuis les années 1960, celui-ci travaille dans l’ombre de son père, occupant les plus hautes fonctions officielles. Mais l’homme qui arrive au pouvoir à 52 ans, n’a pas la personnalité charismatique de son aîné. Introverti, il déteste les foules et les grands discours. Cultivé, il a aussi la réputation d’être excentrique et imprévisible. Son règne sera marqué par le déclin économique. Dans les années 1960, Kim Jong-il doit affronter l’une des plus grandes famines qu’ait connue le pays (plus d’un million de victimes entre 1994 et 1998).


Après une première attaque cérébrale en 2008, il commence à préparer sa succession. Kim Jong-un, fils cadet de sa quatrième épouse, est désigné pour devenir le nouveau leader. A la mort de Kim Jong-il en 2011, le jeune homme, élevé en Suisse et âgé d’à peine 30 ans, n’a eu que peu de temps pour se préparer au pouvoir. Il se montre néanmoins le digne héritier de sa lignée : jouant de sa ressemblance avec son grand-père, il entretient le culte de la personnalité et procède à des purges, y compris au sein de sa propre famille, pour ne conserver dans l’administration que ses plus proches fidèles. Son premier geste sera d’accélérer la nucléarisation de son pays.


• 23 janvier 1968
Retour des hostilités entre Kim Il-sung et les Etats-Unis : un navire américain, le Pueblo, est capturé en mer du Japon. L’équipage sera libéré le 23 décembre.

• 17 septembre 1988
Vexée de ne pas participer à l’organisation des Jeux olympiques de Séoul avec sa "soeur ennemie" du Sud, la Corée du Nord boycotte la manifestation sportive. 

• 18 septembre 1996
Kim Jong-il déclare ne plus être engagé par le traité de 1953 et envoie des troupes dans la zone démilitarisée : 24 agents nord-coréens et 4 sudcoréens sont tués. 

• 3 septembre 2017
Kim Jong-un annonce avoir pratiqué un essai de bombe à hydrogène. Le tir de plusieurs missiles en mer du Japon lui vaut d’être menacé par Donald Trump.

• Samedi 21 avril 2018
La Corée du nord annonce la fin des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux ainsi que la fermeture de son site d'essais atomiques. 

• 12 juin 2018
Rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour.



Kim Jong Un annonce la fin des essais nucléaires nord-coréens


© AFP
https://www.geo.fr/photos/reportages-geo/guerre-de-coree-comment-tout-a-commence-189469

_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty


Jefferson. 
avatar
LARA BAÏKAL
Admin

Messages : 25107
Date d'inscription : 11/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Guerre de Corée : comment tout a commencé

Message par Invité le Jeu 14 Juin - 20:52

Ne pas oublier la présence d'un bataillon français aux côtés des Américains, bataillon qui subit de lourdes pertes !

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Guerre de Corée : comment tout a commencé

Message par LARA BAÏKAL le Jeu 14 Juin - 21:02

Je ne savais pas mais bon pour cette guerre je n'étais pas née Wink !
J'ai lu par contre certains livres sur la Corée d'avant très intéressants sur ce peuple.

_________________
Quand l'injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.
When Injustice becomes law, resistance becomes duty


Jefferson. 
avatar
LARA BAÏKAL
Admin

Messages : 25107
Date d'inscription : 11/03/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Guerre de Corée : comment tout a commencé

Message par Invité le Ven 15 Juin - 7:38

Les Français se battirent héroïqement au cours de la guerre de Corée. Ne pas oublier non plus qu'ils étaient à la même époque plongés dans une guerre contre les communistes en Indochine toute proche !

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum