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Message par LARA BAÏKAL le Sam 5 Mai - 12:49

Un petit passage historique sur la ville de Lyon, comme quoi il n'y a pas que Guignol !

Le 5 mai 1790, les canuts décident « de se gouverner par eux-mêmes » ! ... C’est à Lyon avec Denis Monnet que le syndicalisme est fondé
Publié le 5 mai 2018 | Mise à jour le 7 mai 2017



« La classe des maîtres-ouvriers lyonnais est, par l’esprit de résistance et d’organisation, ou même par la netteté de certaines formules sociales, en avance sur la classe ouvrière du 18e siècle. » C’est ainsi que Jean Jaurès entrevoit la lutte des canuts, qui se sont soulevés dès 1744, puis en 1786, 1789, 1790 c’est-à-dire bien avant les révoltes des canuts de 1831 et 1834.

Les canuts lyonnais, avant-garde du mouvement ouvrier en France de 1744 à la Révolution


C’est ainsi que Jean Jaurès entrevoit la lutte des canuts :
« La classe des maîtres-ouvriers lyonnais est, par l’esprit de résistance et d’organisation, ou même par la netteté de certaines formules sociales, en avance sur la classe ouvrière du 18e siècle. » N’est-ce pas à Lyon qu’a été prononcé, et bien avant 1789, le mot de salaire ?

Des soulèvements importants de canuts s’étaient produits déjà à Lyon en 1744, sans qu’ils obtiennent gain de cause. Ce fut, parait-il, la plus grande grève de l’Ancien Régime. Jusqu’à 15.000 émeutiers dans les rues de Lyon durant une semaine en août 1744. Ces ouvriers, essentiellement du textile, luddites avant les luddites, se soulevaient non pas contre l’introduction d’une machine, mais contre celle d’un règlement qui, entre autres griefs, contraignait l’artisanat à se plier aux procédures de l’industrie naissante. L’auteur de ce règlement était ce "mécanicien de génie", Vaucanson, le prototype de l’ingénieur.

La révolte de deux sous




En 1786, dans une requête de Denis Monnet, on relève déjà une partie de la devise rendue célèbre par les canuts en 1831 : « L’honteuse avarice, ou plutôt la cupidité de nombre de marchands-fabricants de cette ville porta, dans l’année 1786, le désespoir dans l’âme des maîtres-ouvriers qui travaillaient nuit et jour. Ils s’adressèrent aux anciens juges-consuls ; mais ils étaient marchands, et ils rejetèrent leurs remontrances et leurs réclamations. Ils prirent alors le parti de convenir entre eux que pour vivre en travaillant, il ne fallait ouvrer tels et tels genres d’étoffes qu’aux prix qu’ils déterminèrent. »
"L’émeute des deux sous", le 8 août 1786 avait finalement arraché au Consulat (l’ancienne administration municipale de Lyon) une augmentation des prix de façon de 2 sous par aune de tissu, alors qu’ils demandaient 4 sous. Mais, après une intervention auprès du roi, les marchands-fabricants, qui ne fabriquent rien, avaient fait en sorte que cet arrêt avait été révoqué le 3 septembre par le Conseil du roi. Alors l’agitation reprend et des réunions de canuts sont signalées à la Croix-Rousse, à Saint-Just, et même dans la presqu’île.

Des papiers circulent et on se réunit beaucoup pendant la Révolution




Des papiers circulaient entre canuts, dont l’un d’eux portait l’écriture de Denis Monnet : « Nous estimons que si la voie de la représentation ne suffit pas pour obtenir un Tarif, il faut d’un esprit ferme et d’un accord sincère, chacun à part soi, faire monter les prix de façon... un tiers entier des prix présents ». Ce papier avait été intercepté par un garde de la Fabrique et remis à Tolozan, le prévost des marchands de Lyon, équivalent du maire actuel. Et Monnet, "l’auteur de libelles et écrits séditieux", d’être surveillé et même incarcéré à la prison St Joseph par Tolozan le 22 novembre 1786. Aucun témoin à charge n’ayant pu être trouvé, il en fut libéré sous conditions, après 70 jours, le 30 janvier 1787. Il est dit lors de l’interrogatoire, et c’est ce qui gêne les bourgeois, que Denis Monnet est « le point de ralliement de la confiance et des intérêts des ouvriers ». Ce que lui-même admettait bien volontiers en reconnaissant « oser mettre par écrit les premiers accents de nos justes luttes ». En effet, il recopiait et distribuait aussi des papiers d’autres ouvriers, permettant ainsi la circulation des informations.
Un mémoire, dont on peut attribuer la rédaction à Denis Monnet, avait été élaboré lors des réunions électorales pour les États Généraux, les 26 et 27 février 1789, à la primatiale St-Jean où 3.300 maîtres-ouvriers nommèrent 34 électeurs, les canuts refusant que les députés du tiers-état puissent être des fabricants de soierie, c’est-à-dire le patronat bourgeois.
On peut y lire : « L’ouvrier en soie ne peut vivre du salaire qu’il obtient par un travail forcé de dix-huit heures par jour. » Un tableau précis présente toutes les dépenses de première nécessité comparées à un salaire « qui ne saurait fournir aux deux-tiers des besoins les plus urgents de la vie. » Pour éviter d’être totalement à la merci du fabricant, il est proposé la convention d’un Tarif, révisable à époques fixes et déterminées. En attendant, la demande est faite d’appliquer le Tarif arraché en 1786, une réforme de l’organisation corporative pour que les canuts soient mieux représentés, et d’éviter la main d’oeuvre sous-payée (femmes et enfants). Ils réfutent le faux argument de la concurrence étrangère. La conclusion est : « Quand on ne considèrerait les ouvriers en soie que comme des instruments mécaniques...ou...comme des animaux domestiques... toujours faudrait-il leur accorder la subsistance qu’on est forcé de fournir à ceux-ci, si on ne voulait pas s’exposer à se voir bientôt frustré du fruit de leurs travaux. »
Des "Doléances des maîtres-ouvriers, fabricants en étoffes d’or, d’argent et de soie de la ville de Lyon, adressées au roi et à la nation assemblée" sont ensuite élaborées en juin 1789. Denis Monnet, mandataire des maîtres-ouvriers, se rend fréquemment à Versailles et à Paris. Il multiplie les interventions auprès des députés lyonnais. Il finit par obtenir du Conseil du roi le 29 novembre 1789 le fameux Tarif demandé par les canuts.


Fini les patrons : les canuts décident de se gouverner par eux-mêmes

Mais son application se fait attendre et Denis Monnet publie lui-même un Recueil de mémoires et Tarif. En fin de compte, la nouvelle municipalité élue déclare le Tarif exécutoire le 27 avril 1790. Denis Monnet et les canuts avaient enfin leur revanche sur 1786 et obtenait du Conseil du roi un arrêt contre les mêmes marchands de la classe bourgeoise, ceux qui se font appeler les fabricants de soierie.
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C’est ainsi que le 5 mai 1790, 3.500 maîtres-ouvriers se réunissent en la primatiale St Jean sous la présidence de Denis Monnet à partir de six heures du matin, et considérant que les marchands ont des intérêts opposés aux leurs, ils décident de « se régir et gouverner par eux-mêmes »sans les marchands. Puis ils élisent des commissaires selon les 28 quartiers de Lyon. Denis Monnet est élu à l’unanimité maître-garde syndic pour veiller à l’éxécution de l’arrêt du Conseil du roi.
Dans les "Doléances" une nouvelle proposition était apparue de ne plus exiger de certificat de catholicité pour l’apprentissage et la maîtrise, permettant d’ouvrir leur profession aux non-catholiques de tous pays. Ils comparent aussi leur situation de "prétendue liberté" au Code Noir. Denis Monnet en parlera dans une requête qu’il fit le 21 mars 1791 : « Il faut aller dans un autre hémisphère pour trouver des hommes qui se soient impunément arrogé le droit de faire travailler d’autres hommes aux conditions qu’ils veulent. Encore ce droit barbare, réprouvé déjà dans une grande partie de ces contrées, est-il l’objet de réclamations des âmes sensibles qui unissent leurs voix de tous les endroits où l’on connaît l’humanité et les droits de l’homme. »
En conclusion, laissons Fernand Rude résumer la formidable action de Denis Monnet et des canuts : « En arrachant le Tarif au Conseil du roi, en brisant le corset du système corporatif, en voulant ainsi profiter des principes consacrés dans les droits de l’homme et du citoyen, c’est déjà le syndicalismeque préfiguraient Denis Monnet et les militants ouvriers lyonnais de l’époque révolutionnaire ! » 

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Message par Girondin le Dim 6 Mai - 9:57

j'étais très jeune ,mais je m'en rappelle très bien..... Ma tante avait un magasin bd de la Croix Rousse....sa vitrine fut brisée "un samedi soir après le turbin"il est vrai qu'elle provoquait un peu en vendant des PD (pièces détachées ,pas pédérastes )pour métier à tisser......mon oncle s'appelait Jacquard .....il fabriquait des ANPE.......quelle époque ..Les gens disaient mourir pour le travail plutôt que vivre sans travailler ...de nos jours c’est plutôt ..la retraite à 25 ans   ..se battre  pour rien foutre ...et vive les RTT .....comme dirait Martine Débris ...enfin vous ,Lara , à La Rochelle ,à part Richelieu qui est venu glander  là bas , vous n'avez pas eu ce genre de problèmes.....La digue pour la Rochelle , les ponts , les aqueducs , pour les travailleurs des masses populaires....pas vrais les Camarades  syndiqués ?
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Message par cessybo le Dim 6 Mai - 11:44

Puisque la dérision est très à la mode sur ce forum... rigolo

et en m'excusant auprès de Lara, qui ne mérite pas ça,  Very Happy

je vais passer du ver à soie


au verre à soi

en buvant à votre santé, à toutes           et tous !  Cool





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Message par LARA BAÏKAL le Dim 6 Mai - 11:57

2
A la bonne vôtre !

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Message par Girondin le Dim 6 Mai - 12:33

Tout est dérision sur terre .........(y compris sur mer)
Tout est dérision sous terre ....(y compris sous mer)
quant on pense que certains achètent des cercueils en acajou massif pour les laisser pourrir sous terre ,avec ce qu'il y a dedans ,pendant que l’âme du défunt contemple tout ça ,probablement avec compassion...il y a de quoi se la prendre et se la mordre  (la lèvre supérieure) 
oui tout est dérision........comme l'art de vivre dans une ....2CV  mgreen

l'homme est finalement un bien étrange animal.....mais frères Zigomar,nous dira , que les voies du Seigneur sont impénétrables ....(sauf celles de ....................Perle je me marre)
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