Un Sujet pour Haroun...

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Message par Zigomar le Jeu 25 Jan - 14:07

25 janvier 2018
Légende et colonialisme : le roi David n’a pas existé, mais il est interdit de le dire.
Les fondateurs du sionisme n’étaient pas religieux. Herzl était agnostique et Ben Gourion était athée, considérant les rabbins comme des arriérés.
Mais ces braves gens ont utilisé la Bible comme un livre de conquête coloniale, croyant ou feignant de croire à l’historicité de la Bible.
« Dieu n’existe pas, mais il a donné cette terre au peuple juif » auraient-ils pu dire.
L’histoire est têtue.
Aujourd’hui, les archéologues et les historiens sont arrivés à un consensus. L’épisode d’Abraham est légendaire. Les Hébreux ne sont pas arrivés de Mésopotamie, il n’y a pas la moindre trace d’un tel déplacement.
Les Hébreux ne sont ni rentrés ni sortis d’Égypte. Moïse et son berceau sur le Nil ou Joseph « ministre du pharaon », c’est une légende. Le Sinaï était alors une province égyptienne truffée de garnisons et le passage d’un peuple dans cette région aurait forcément laissé des traces. Or la première preuve historique de l’existence d’un peuple « d’Israël » est postérieure : c’est la stèle du pharaon Mérenptah (1207 av JC) qui parle d’un peuple vassal.
La conquête sanglante de Canaan par Josué n’a pas eu lieu. Les trompettes n’ont pas sonné à Jéricho. Les Hébreux sont un peuple autochtone et ils ne se sont pas conquis eux-mêmes. Dommage pour les colons qui affirment que « Dieu a donné cette terre au peuple juif » et qui veulent imiter contre les Palestiniens le nettoyage ethnique sanglant de Josué contre les « peuples impies ».
Le royaume unifié de David et Salomon n’a probablement jamais existé. À l’époque présumée de David et Salomon, Jérusalem était un petit village de l’âge de fer. Tant pis pour le « grand temple de Salomon » dont les collégiens de ma génération devaient apprendre le plan par cœur. Et tant pis pour la reine de Saba qui nous a fait rêver. Il y a bien une stèle postérieure de quelques siècles qui parle d’un roi David mais ce n’est pas celui de la Bible. Si celui-ci a existé, il avait un troupeau un peu plus grand que ceux des autres bergers. Les deux royaumes d’Israël (détruit par les Assyriens) et de Judée (détruit par les Babyloniens) ont une existence historique avérée. Avant, on est dans la légende.
Ces faits sont connus depuis longtemps. Dans « La Bible dévoilée » (2001), deux Israéliens (l’archéologue Israël Finkelstein et l’historien et archéologue Neil Asher Silberman) racontent l’évolution du savoir. Depuis, Shlomo Sand ou l’archéologue français Jean-Baptiste Humbert ont confirmé, voire amplifié le caractère légendaire du récit biblique. La Bible a largement été écrite pendant l’exil des Juifs à Babylone au VIe siècle avant JC.
Une tentative pitoyable.
Pour les autorités israéliennes, ce savoir historique fait désordre. Nétanyahou est souvent affublé par ses partisans du sobriquet de « roi d’Israël » ressuscitant le prétendu royaume unifié de l’Antiquité. Les principaux rites et les principales fêtes juives sont liés à l’épisode égyptien et à l’esclavage dont les Juifs se seraient libérés. Et le roi David est censé avoir combattu les Philistins qui ont donné leur nom à la Palestine. La référence à l’ennemi héréditaire est un enjeu.
Du coup, les autorités israéliennes ont multiplié les fouilles pour prouver que les archéologues s’étaient trompés. Hélas, l’histoire est têtue. Tout ce qu’on avait attribué à Salomon et David est soit antérieur (les ruines de Megiddo), soit postérieur (les ruines d’Hatzor), soit n’a rien à voir avec les rois légendaires (les mines dites « du roi Salomon » sont clairement égyptiennes). Quant aux fouilles menées à coup de tunnels sous l’esplanade des mosquées au risque de provoquer une révolte généralisée, elles n’ont rien donné.
Grande histoire et petite histoire.
Dans les universités israéliennes, il y a deux départements d’histoire. Il y a l’histoire classique, celle qui produit des articles et des thèses. Dans ce département, un étudiant qui voudrait faire une thèse sur l’historicité de David et Salomon serait traité comme un charlatan, un peu comme un étudiant français qui voudrait faire une thèse sur le créationnisme.
Mais il y a aussi un département « d’histoire juive ». C’est ce département qui fabrique les programmes et qui définit le « roman national » sioniste. Dans ce département, le récit biblique est sacré. Parfois, il faut même broder autour de ce récit. Les autorités israéliennes ont donc décidé que le roi David avait vécu à Silwan.
Nettoyage ethnique biblique.
Silwan, c’est un des quartiers qui a été incorporé dans Jérusalem Est, en contrebas de la vieille ville. Il y a 50 000 habitants. Depuis des années, les colons envahissent ce quartier, réquisitionnant des maisons et expulsant les habitants. Le gouvernement israélien travaille avec l’association de colons « Ateret Cohanim » pour faciliter le nettoyage ethnique en cours.
Il y a une tente de la solidarité au centre du quartier. Les habitants s’organisent, racontent les incursions des colons et de l’armée. Les écoliers disent que, quand ils rentrent de l’école, ils ne sont pas sûrs que leur maison ne soit pas occupée. Il y a déjà 2800 colons installés dans le quartier.
« Justification » des autorités coloniales : elles construisent à Silwan le musée du roi David, la maison du roi David et surtout le Parc du roi David. C’est connu, ce brave roi était un précurseur de l’écologie.
Comme la vieille ville de Jérusalem est appelée par les Israéliens « cité du roi David », comme il y a déjà un « parc national » du roi David, comme on peut bien sûr visiter le « tombeau du roi David » sur le mont Sion à Jérusalem Est, le tour est joué. Les autochtones n’ont plus qu’à déménager.

Pierre Stambul


Je m'adresse plus particulièrement à Haroun dont l'érudition n'est plus à démontrer...sur un sujet historico-religieux des plus sensibles...afin qu'il nous donne son avis ou sentiment, reposant, de préférence, sur des faits historiques incontestables, concernant l'exégèse ci-dessus...
En le remerciant par avance... Smile
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par haroun 6259 le Jeu 25 Jan - 18:05

Je crois que ce qu'écrit Pierre Stambul, on le sait depuis longtemps :-)
Israël a construit son " roman national", tout comme le France s'est inventée un "roman national", tout comme le Latium s'est inventé un passé remontant à Enée, tout comme les Francs prétendaient descendre des "Troyens" ( pas de la Troie française, hein, mais de la Troie - Hissarlik de la célèbre Guerre de Troie,) tout comme Jules César prétendait descendre de la déesse Vénus.
On a longtemps cru que les Etrusques avaient une origine mystérieuse, alors qu'ils étaient tout bonnement un peuple italique autochtone, établi pas très loin du Latium.
Certains hurluberlus ont, de même, voulu faire des habitants de l'île de Pâques - qui érigèrent les moaï- ou encore des Aztèques, des descendants  d'extra-terrestres, ou encore sont persuadés que les anciens Egyptiens ont reçu un coup de main des Atlantes afin de construire leurs pyramides.

Pour en revenir aux Hébreux, Finkelstein a probablement raison et les Hébreux sont un peuple autochtone, bel et bien originaires de la région qu'ils habitent actuellement.

Et historiquement, on ne peut rien confirmer l'histoire des Hébreux, telle qu'elle est racontée dans la Bible, pour la période antérieure à l'Exil en Babylonie, au VIème siècle avant Jésus-Christ .
Effectivement, l'archéologie n'a aucune trace d'Abraham ou de Moïse, et le "livre de l'Alliance", "découvert" vers 622 avant J-C au temps du roi Josias est à l'origine de la " réforme religieuse" ( qui est peut-être le début du judaïsme )
Aucun texte biblique n'a été écrit avant cette date; certains n'ont été écrits qu'à l'époque d'Alexandre le Grand et, je me répète, il est plus que probable qu'il n'y a pas eu de déportation en Egypte ( ou alors, ce fut celle d'un très petit groupe, que la légende grossit démesurément )

Et même après Josias, le monothéisme n'était pas la seule religion de ces régions. Il ne s'est pas imposé brutalement et les prophètes bibliques, qui parlent sans cesse des cultes idolâtres, en témoignent. Dans certains endroits, Yahvé était associé à ce qui semble bien être son épouse, la déesse Ashera. Dans d'autres endroits, on adorait Baal ou d'autres divinités. Beaucoup d'Hébreux étaient polythéistes.

Mais la déportation en Babylone a bien eu lieu ! Et l'histoire des Hébreux depuis le 6 ème siècle avant J-C est bien connue.
Par ailleurs, les Juifs de Judée ont été expulsés de leur pays, à l'issue de la deuxième " guerre juive" sous l'empereur Hadrien  ( vers 130 après Jésus- Christ ) avec l'interdiction d'y revenir. Ils ont rejoint la diaspora ( Alexandrie par exemple ) ou encore la péninsule arabique, ou encore se sont installés dans les royaumes d'Europe ou en Russie.

Il y a un bon siècle, effrayés par l'antisémitisme de plus en plus virulent ( comment oublier la Shoah ? )ils ont voulu y retourner. Je pense qu' en Israël, ils sont chez eux, et que les Palestiniens sont aussi chez eux. C'est un problème, peut-être sans solution . 

Voilà, monsieur Zygomar, mon humble avis sur cette question :-)
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par haroun 6259 le Ven 26 Jan - 9:55

Et si les juifs s'étaient installés au Kenya ? Autres problèmes, probablement !

Le projet Ouganda est un projet d'implantation juive au Kenya, alors sous l'autorité de l'empire britannique1. Il est présenté en 1903 par Theodor Herzl, et sur proposition britannique, lors du sixième Congrès sioniste, comme solution temporaire pour le peuple juif1. Du fait du refus du pouvoir turc d'accorder l'autorisation aux Juifs de s'installer en Palestine, et le désarroi des communautés d'Europe orientale grandissant, Herzl envisage l'idée d'une potentielle acceptation du projet. Nombreux dans le mouvement sioniste sont ceux qui redoutent ce projet, même comme solution temporaire. Herzl lui-même insiste, dans son discours lors du sixième Congrès, sur le fait que « l'Ouganda n'est pas Sion, et elle ne sera jamais Sion ». 292 voix pour, contre 177 contre et 132 abstentions amènent le Congrès à désigner trois représentants afin qu'ils étudient sur le terrain les possibilités d'implantation. À leur retour, deux des trois émissaires repoussent toute éventualité d'installation en Ouganda, et le septième Congrès Sioniste, qui se réunit en 1905, rejette le projet dans son ensemble, à une forte majorité, se référant au fait que « toute tentative d'implantation en dehors de la Terre d'Israël va à l'encontre des principes décidés à Bâle ».
Le projet Ouganda soulève une vive et amère opposition au sein du mouvement sioniste. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme une trahison envers la terre d'Israël, unique patrie du peuple juif. L'« affaire Ouganda » provoque une scission au sein du mouvement sioniste. Certains des adeptes du projet quittent le Congrès et l'Organisation sioniste mondiale et fondent le mouvement territorialiste.
Une poignée de familles venues de Pologne et de Russie s'installèrent tout de même au Kenya. En 2015, la communauté juive compte 150 membres, venus d'Europe, d'Afrique ou d'Asie1.
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par haroun 6259 le Ven 26 Jan - 10:26

Akhenaton et Moïse 

Il y a quelques années, j'ai lu un livre écrit par les frères Sabbah, intitulé " les secrets de l'Exode". J'avais bien aimé leur hypothèse.
Pour rappel, le pharaon Akhenaton qui régna quelque 20 ans, au 14 ème siècle avant Jésus-Christ, essaya d'instaurer une religion monothéiste, l'atonisme. Aton était symbolisé par le disque solaire. Akhenaton n'adorait pas le soleil, le soleil n'étant qu'un symbole.

Les Egyptiens de l'époque étaient profondément polythéistes, et le clergé de Thèbes, qui s'occupait principalement du dieu Amon, était très puissant....Et bien sûr, cette nouvelle religion, l'atonisme, qui menaçait leurs privilèges,ne leur plaisait pas.

Pour échapper à leur emprise, Akhenaton fit construire une ville, au milieu du désert, baptisée Akhet -Aton ( site actuel Tell el Amarna ), entièrement peuplée de ses partisans et consacrée par plusieurs temples à Aton. 
Akhenaton était le seul intermédiaire entre Dieu et ses fidèles.

Bon, la nouvelle religion était bien trop en décalage avec la civilisation égyptienne polythéiste, bien trop en opposition avec les prêtres des autres divinités, en particulier les prêtres de Thèbes...et à la mort d'Akhenaton, ceux-ci essayèrent de faire disparaître toute trace du pharaon " hérétique" et de son oeuvre ( destruction des bâtiments, des statues et jusqu'à son nom, qui fut effacé )

Les habitants d'Akhet Aton, fidèles à la nouvelle religion monothéiste, furent chassés - ou partirent d'eux-mêmes - à travers le désert vers la Palestine. Leurs guides s'appelaient Aï ou autres proches d'Akhenaton, qui devinrent, dans la tradition, Moïse ou Josué. Et la légende de l'Exode provient de ce petit exode.
Installés en Palestine, ce petit groupe essaya de garder, pendant 7 siècles ( ! ) le monothéisme qui prit sa véritable expansion après l'Exil en Babylonie;

Les frères Sabbah, dans leur bouquin très référencé, donnent vraiment beaucoup d'arguments à leur hypothèse ( proximité linguistique et stylistique de certains textes atoniens et de certains textes bibliques, quasi homonymie des noms des principaux acteurs de l'atonisme et de l'Exode biblique, parallèles entre ce que l'on sait des pharaons Amenophis III ( le père d'Akhenaton ), Ai, Horemheb et le cycle d'Abraham et de Moïse, etc )

A lire : les Secrets de l'Exode !
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par chatouille le Ven 26 Jan - 14:44

Merci à Zigomar d'avoir initié ce sujet fort intéressant et à Haroun de ses commentaires passionnants comme toujours.

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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par Zigomar le Ven 26 Jan - 19:33

...Merci Haroun...La première réponse au sujet, ainsi que la dernière concernant "Akhenaton et Moïse" sont, à mes yeux profanes, les plus intéressantes...
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par Kevin Kelvin le Lun 29 Jan - 22:33

La prétendue déportation à Babylone n'est que celle d'une élite ecclésiastique.

Et puis il y a un autre problème : il n'y a pas eu d'exil massif après les guerres de 70 et 138.

Les Juifs sont restés sur place. Et puis avec la venue de régimes officiellement chrétiens puis musulmans qui infligeaient toutes sortes de sévices au minorités, ces Judéens sont passés au christianisme puis à l'islam.

Et pendant ce temps là, les rabbins s'en allaient convertir hors de portée du pouvoir romain les élites de l'Adiabène, du Yémen, et des royaumes berbères, pour commencer.

Et puis sont arrivées les armées arabes et l'Adiabène et le Yémen ont cessé d'être des états juifs.

Les Berbères ont résisté plus longtemps. Et les Khazares se sont convertis au judaïsme pour n'être ni sujets de Byzance ni sujets de Bagdad.

Et un jour, les sionistes ont décidé que ces Gentils convertis au judaïsme devaient hériter du territoire des Juifs convertis à l'islam.
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par haroun 6259 le Mar 30 Jan - 15:40

Kevin Kelvin a écrit:La prétendue déportation à Babylone n'est que celle d'une élite ecclésiastique.

Et puis il y a un autre problème : il n'y a pas eu d'exil massif après les guerres de 70 et 138.


Les Juifs sont restés sur place. Et puis avec la venue de régimes officiellement chrétiens puis musulmans qui infligeaient toutes sortes de sévices au minorités, ces Judéens sont passés au christianisme puis à l'islam.

Et pendant ce temps là, les rabbins s'en allaient convertir hors de portée du pouvoir romain les élites de l'Adiabène, du Yémen, et des royaumes berbères, pour commencer.

Et puis sont arrivées les armées arabes et l'Adiabène et le Yémen ont cessé d'être des états juifs.

Les Berbères ont résisté plus longtemps. Et les Khazares se sont convertis au judaïsme pour n'être ni sujets de Byzance ni sujets de Bagdad.

Et un jour, les sionistes ont décidé que ces Gentils convertis au judaïsme devaient hériter du territoire des Juifs convertis à l'islam.

Ce que j'ai mis en gras est discutable.
Bien sûr, Dion Cassius écrivait près d'un siècle après cette " deuxième guerre juive", mais il en est ainsi pour la plupart des historiens de l'Antiquité, qui ne sont pas contemporains des faits qu'ils relatent.
En tout cas, ci-dessous un copié-collé de Wikipédia :

Malgré la ruine dans laquelle les Romains avaient plongé le pays au cours de la première guerre judéo-romaine, une autre rébellion juive eut lieu 60 ans plus tard, malgré l'opposition d'une partie de la classe sacerdotale. Bar Kokhba organise une armée, instaure un État juif indépendant en terre de Judée, projette de reconstruire le Temple, fait battre monnaie.
Les causes de la révolte font l'objet de débats entre les historiens[2]. Deux mesures prises par l'empereur Hadrien durant ses voyages en Judée au début des années 130 sont retenues en général comme causes principales[2]. La première est la décision de construire sur l'emplacement de Jérusalem une colonie du nom d'Ælia Capitolina autour d'un temple dédié à Jupiter capitolin, peut-être édifié à l'emplacement de l'ancien Temple de Jérusalem ou plus probablement au centre de la ville sur le site du Golgotha[2],[3]. La seconde est l'interdiction générale de la circoncision, prise à l'encontre de tous les peuples la pratiquant tels les Juifs, mais aussi les Arabes et les prêtres égyptiens ou syriens[2]. Il est toutefois délicat de savoir si cette seconde décision a été prise avant ou après la révolte[2]. En revanche, la numismatique semble montrer que la fondation d'Ælia Capitolina est effective dès 131-132, avant l'éclatement de la révolte, contrairement à ce que laissent entendre les sources rabbiniques et chrétiennes[2]. C'est d'ailleurs ce qu'indique Dion Cassius dans son Histoire romaine[4].

Déroulement de la révolte

À l'exception de quelques points forts retenus pour leur aspect symbolique, on dispose de très peu d'informations relatives au déroulement de la révolte[5]. « La guerre a touché uniquement la Judée et non l'ensemble de la Palestine[6]. » « Elle a duré au moins trois années pleines et a été prise très au sérieux par les autorités romaines[6]. »
« Les Judéens insurgés semblent avoir conçu une stratégie en trois étapes : libérer le nord de la Judée pour établir des communications avec la Galilée [...] ; empêcher l'arrivée de renforts romains en bloquant les routes ; reprendre Jérusalem afin de reconstruire le sanctuaire[6]. » Pour compenser leur infériorité militaire, les combats prennent la forme d'une guérilla rurale[6]. Les insurgés « s'appuient sur un dispositif de tours de guets, de forteresses perchées et d'habitats souterrains à partir desquels ils mènent leurs raids[6]. » Shimon bar Kokhba s'empare de la forteresse de l'Hérodion où il établit son quartier général[6].
Les Romains, faisant face à une force juive fortement unifiée et motivée, furent pris au dépourvu. L'annihilation d'une légion romaine avec ses auxiliaires obligea Rome à expédier pas moins de huit légions, sans compter les ailes de cavalerie et les cohortes[7], et son meilleur général de l'époque : Sextus Julius Severus est rappelé de Britannia[7] pour reconquérir la province rebelle.
Désavantagés par le nombre et subissant de lourdes pertes, les Romains décidèrent de pratiquer une tactique de terre brûlée, qui décima la population judéenne et entama petit à petit leur moral et leur détermination à poursuivre la guerre.
Bar Kokhba se replia dans la forteresse de Betar, au sud-ouest de Jérusalem, mais les Romains finirent par la prendre, et massacrèrent tous ses défenseurs en 135. Shimon bar Kochba était considéré comme le Messie par nombre de ses partisans, dont le plus célèbre est Rabbi Akiva.
Selon les récits des pères de l'Eglise Justin de Naplouse[8] et d'Eusèbe de Césarée[9], Bar-Kokhba persécuta les chrétiens.[10]

Géographie de la révolte

Les grottes occupées sous la révolte permettent de délimiter la zone du conflit judéo-romain. Ces grottes, comportant des traces d'occupation contemporaines de la révolte, se situent dans le Nahal Hever (pour ce qui est de la grotte aux lettres et de la grotte de l'Horreur) ; dans le Nahal David (grotte au Bassin) ; au Nahal Mishmar (grotte au Trésor) ; au Wadi el-Mafjar (grottes à la Sandale, aux Manuscrits, grotte d'Abi'or) et au Wadi Murabba'ât (grottes 1 et 2). Ces grottes sont toutes situées dans le désert de Juda et autour de la mer Morte. La grotte au Bassin est située à moins de deux kilomètres du village d'Engaddi, un des centres de la révolte, attesté comme tel par une série de correspondances entretenues par Bar Kokhba.
Hormis les grottes, qui servirent de refuge pendant la deuxième phase de la révolte, les archéologues Amos Kloner et Boaz Zissu ont révélé l'existence et l'utilisation pendant la révolte, de complexes souterrains dans les monts d'Hébron et dans la Shefela, comme à Horvat Etri[11].
Bar Kokhba disposait de deux camps de résidence, selon une étude universitaire française réalisée en 2005 et 2006 : L'Hérodium et Qiryat Arabayyah[12]. Ils étaient ses quartiers généraux. Aucune correspondance (lettre) ne mentionne Jérusalem, laquelle ville semble n'avoir jamais été occupée par le leader de la révolte, ce que la numismatique confirme[13].

Conséquences de la révolte

Dion Cassius rapporte que les troupes romaines auraient détruit 985 villages de Judée et que 180 000 Judéens ont trouvé la mort au combat, sans compter ceux, en plus grand nombre encore, qui sont morts de faim[14]. Selon Simon Claude Mimouni, la prudence s'impose à l'égard de ces informations ; quant aux chiffres donnés par la tradition rabbinique, ils sont invraisemblables et veulent simplement souligner l'étendue de la défaite et le dépeuplement de la Judée autour de la « Ville sainte »[14].
Après la défaite, Jérusalem est rasée par Hadrien et interdite aux Juifs, qui toutes tendances confondues sont expulsés de la ville comme de l'ensemble de la Chôra[14]. Ils y sont interdits de droit de cité sous peine de mort[14] jusqu'à une date inconnue. Une ville romaine, Ælia Capitolina, est bâtie sur le site de Jérusalem. La Chôra de la ville s'étend désormais de l'ancienne frontière de Judée et de Samarie vers le nord, jusqu'à la mer Morte et Hébron vers le sud et jusqu'au territoire de Éleuthéropolis, de Nicopolis et de Diospolis : 80 petites villes et villages y sont inclus[14]. La population d'Aelia Capitolina est désormais composée de vétérans de la Ve légion Macedonia, mais aussi de Grecs et de Syriens en général[14]. Pour sa part, la Xe légion romaine reconstruit son camp et forme aussi le cœur de la population de la ville[14]. Après 135, le mouvement rabbinique se déplace vers la Galilée[15].
Traditionnellement, l'expulsion des Juifs d'une grande partie de la Judée et les dures conditions qui leur furent imposées à la suite de la révolte sont vues comme marquant la fin de la relation de peuple autochtone que les Juifs entretenaient depuis plus d'un millénaire avec la terre des anciens royaumes d'Israël et de Juda[réf. nécessaire]. Cet événement contribue donc à la construction du mythe du Juif errant[16].
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par Kevin Kelvin le Mar 30 Jan - 19:12

Après la défaite, Jérusalem est rasée par Hadrien et interdite aux Juifs, qui toutes tendances confondues sont expulsés de la ville comme de l'ensemble de la Chôra. Ils y sont interdits de droit de cité sous peine de mort jusqu'à une date inconnue. Une ville romaine, Ælia Capitolina, est bâtie sur le site de Jérusalem. La Chôra de la ville s'étend désormais de l'ancienne frontière de Judée et de Samarie vers le nord, jusqu'à la mer Morte et Hébron vers le sud et jusqu'au territoire de Éleuthéropolis, de Nicopolis et de Diospolis : 80 petites villes et villages y sont inclus.

Et cette région interdite n'est en fait qu'un tas de cailloux à faible densité démographique.

Les habitants des régions de forte densité ne sont pas concernés.

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Apocalypse et Civilisation Humaine...

Message par Zigomar le Ven 2 Fév - 20:34

02.02.2018
Voici les détails de l'«apocalypse de feu» survenue sur Terre à la fin de l'ère glaciaire.
La collision de notre planète avec des fragments d'une comète désintégrée, qui s'est produite vers 11.000 av. J.-C., a provoqué de puissants incendies qui ont envahi près de 10% de la surface de la Terre, ce qui a eu des conséquences importantes pour le développement de la civilisation humaine.


Avancée pour la première fois en 2007, l'hypothèse selon laquelle la Terre a survécu, à la fin du dernier âge glaciaire, à un impact extraterrestre a trouvé ces dernières années un regain d'intérêt grâce à de nouvelles preuves.
Ainsi, selon une étude publiée dans la revue Journal of Geology, la chute d'un ou plusieurs corps célestes pendant le Dryas récent (10.800 à 9.500 av. J.-C.) a provoqué de puissants incendies dont les traces ont été découvertes dans des échantillons venant de 170 endroits de notre planète.
«Le grand nombre d'indicateurs chimiques indique qu'un dixième des terres, environ 10 millions de kilomètres carrés, a été couvert par un feu des plus puissants», explique Adrian Melott de l'Université du Kansas.
Cette tempête de feu n'a pas été sans conséquences pour l'humanité et le monde animal de l'époque. Par exemple, les changements climatiques ont conduit à l'extinction complète de la mégafaune de l'Amérique du Nord y compris des mastodontes, des paresseux géants, des chats à dents de sabre et d'autres grands animaux. Avec la disparition de ces derniers, les tribus de chasseurs-cueilleurs ont été privés de leur principale source de nourriture ce qui aurait pu servir d'impulsion pour le développement de l'agriculture et de l'émergence de l'Homme dans des régions comme le Moyen-Orient.
«Nos calculs montrent qu'un cataclysme aurait pu complètement détruire la couche d'ozone, ou l'affaiblir de manière significative, ce qui a augmenté le risque de cancer de la peau et d'autres problèmes de santé. Bien sûr, cette idée reste encore une hypothèse, mais nous avons réussi à recueillir une énorme quantité de preuves montrant que la chute de la comète a vraiment eu lieu», souligne M.Melotte.
Selon lui, ils ont découvert dans les couches géologiques du Dryas récent une grande quantité de poussières et d'ammoniac libérée lors des incendies qui ont ravagé les forêts. Indirectement, cela est confirmé par la quantité élevée du pollen des peupliers et d'autres arbres dans les couches tardives, ce qui témoigne du rapide rétablissement de l'écosystème après la catastrophe.



Le frère Zigomar fournit la matière première...à nos érudits forumiques de développer le sujet...s'ils le veulent bien et suivant leur intérêt pour le thème proposé... Smile   
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Re: Un Sujet pour Haroun...

Message par Zigomar le Ven 2 Fév - 23:14

02 février 2018
Le champ magnétique de la Terre se déplace, les pôles peuvent basculer: « Ça pourrait mal tourner ».
« Le bouclier qui protège la Terre du rayonnement solaire est attaqué de l’intérieur, nous ne pouvons pas l’empêcher, mais nous devons nous préparer … » est le sous-titre sinistre d’un nouveau rapport inquiétant qui montre que les scientifiques du monde entier craignent que le champ magnétique terrestre se déplace, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour l’humanité.
« Quand les pôles changent de place, les conséquences pour l’infrastructure électrique et électronique qui gère la civilisation seront désastreuses. La question est: quand cela arrivera-t-il? »
Comme le note Mac Slavo de SHTFplan.com, des scientifiques de l’Université du Colorado à Boulder sonnent l’alarme que les pôles magnétiques de la Terre montrent des signes d’inversion. Bien que l’inversion des pôles, en soi, ne soit pas sans précédent, les vents solaires qui feraient disparaître le réseau électrique et rendraient certaines parties du globe inhabitables pourraient causer des désastres généralisés.
La Terre a un noyau en fusion intense qui génère un champ magnétique capable de défendre notre planète contre les vents solaires dévastateurs. Ce champ magnétique est vital pour la vie sur Terre et s’est affaibli de 15% au cours des 200 dernières années. Ce champ de protection agit comme un bouclier contre le rayonnement solaire nocif et s’étend sur des milliers de kilomètres dans l’espace et son magnétisme affecte tout, de la communication mondiale aux réseaux électriques.
Historiquement, les pôles magnétiques Nord et Sud de la Terre ont basculé tous les 200 000 ou 300 000 ans. Cependant, la dernière fois c’était il y a environ 780 000 ans, ce qui signifie que notre planète est en retard.  Les dernières données satellitaires, issues du trio Swarm de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), qui surveille le champ magnétique de la Terre, suggèrent qu’un retournement de pôle pourrait être imminent.   Les satellites permettent aux chercheurs d’étudier les changements qui se produisent au cœur de la Terre, là où le champ magnétique est généré. Leurs observations suggèrent que le fer fondu et le nickel drainent l’énergie du noyau de la Terre près de l’endroit où le champ magnétique est généré. Bien que les scientifiques ne sachent pas exactement pourquoi cela se produit, ils le décrivent comme une «activité agitée» qui suggère que le champ magnétique se prépare à s’inverser.
Les signes d’inversion des pôles de la Terre sont également évidents pour Daniel Baker, qui dit que cela dévasterait le réseau électrique. Si un changement se produit, nous serions probablement exposés à des vents solaires capables de percer des trous dans la couche d’ozone. Dans un nouveau rapport, Baker, qui est le directeur du Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale à l’Université du Colorado à Boulder, affirme que si ce renversement se produit, il est susceptible de rendre certaines régions de la planète « inhabitables » par destruction du réseau électrique.
Les commentaires de Baker ont été faits dans un rapport détaillé d’Undark  écrit par Alanna Mitchell, qui a publié un nouveau livre sur le sujet intitulé « L’aimant rotatif: la force électromagnétique qui a créé le monde moderne et pourrait le détruire. »
«Les dangers: des flux dévastateurs de particules du soleil, des rayons cosmiques galactiques et des rayons ultraviolets B, rajoutés à une couche d’ozone endommagée par les radiations, pour ne citer que quelques-unes des forces invisibles qui pourraient blesser ou tuer des créatures vivantes ».
 « C’est une affaire sérieuse », a déclaré Richard Holme, professeur des sciences de la terre, de l’océan et de l’écologie à l’université de Liverpool, à MailOnline.
 « Imaginez un instant que votre alimentation électrique tombe en panne pendant quelques mois – il y a très peu de travaux sans électricité de nos jours. »
« Pas de lumière. Pas d’ordinateurs. Pas de portable. Même tirer la chasse d’eau des toilettes ou remplir le réservoir d’essence d’une voiture serait impossible. Et ce ne serait que le début. »
Les chercheurs prédisent que dans le cas d’une inversion, chaque année, cent mille personnes mourraient des niveaux accrus de rayonnement spatial. Le rayonnement au niveau du sol augmenterait tellement que certaines estimations suggèrent que l’exposition globale au rayonnement cosmique doublerait, provoquant plus de décès dus au cancer. « La radiation pourrait être 3-5 fois plus grande que celle des trous d’ozone artificiels. En outre, les trous d’ozone seraient plus grands et plus durables « , a déclaré D. Colin Forsyth du Mullard Space Science Laboratory à l’UCL.


Ce post est la suite, d'un futur annoncé, de l'exorde précédent...à propos d'un très probable et inévitable cataclysme naturel pouvant entraîner l'anéantissement et la disparition définitive de notre civilisation aussi mortelle, malgré ses connaissances et autres avancées technologiques, que celles qui l'ont précédée...
De quoi susciter une méditation en forme d’introspection sur notre fragile et éphémère condition face à des éléments sur lesquels nous n'avons aucune emprise...
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Zigomar

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