Geneviève et Attila

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Geneviève et Attila

Message par haroun 6259 le Ven 19 Jan - 17:56

D'après l'historien Michel Rouche

Née vers 411-416, Geneviève est une jeune femme de très haut rang social dont les parents, l'un au moins, son père Severus, était un Franc romanisé, sa mère s'appelant Geroncia.
Severus, devenu civil, avait dû exercer une charge militaire, puis une fonction civile dans l'armée des curiales, magistrats municipaux parisiens. Il avait pris un nom latin, ce qui était fort rare, comme nous l'avons remarqué avec les noms des généraux francs. Mais l'enfant reçut un nom germanique, " geno-veifa", ce qui signifie " née du sein d'une femme" . On pourrait croire qu'il s'agit d'un véritable pléonasme, mais on verra plus loin qu'il s'agit en réalité d'une allusion au système familial germanique.
Citoyenne romaine habitant Nanterre, fille unique, elle était obligée, de par le code juridique romain publié par Théodose II en 438, d'exercer laa charge de son père, ce qui lui donnait déjà une certaine autorité sur ses concitoyens.

De plus, sa situation religieuse était exceptionnelle. En 429, alors qu'elle avait entre 8 et 13 ans, saint Germain d'Auxerre, dont nous avons vu l'action contre les Alains, était parti pour la Grande-Bretagne afin d'y combattre l'hérésie pélagienne. Il la rencontra à Nanterre et lui proposa de se consacrer à Dieu. Comme elle accepta, il lui déclara : " Agis comme un homme." Dans une époque de troubles, c'était là une nécessité autant qu'une vision prophétique. 
Devenue religieuse dans le monde et diaconnesse - au mépris total des règles canoniques de l'époque, dont saint Germain d'Auxerre se moquait étant donné l'urgence - elle avait le droit d'instruire les femmes et possédait les clés du bapistère de la cathédrale de Paris situé sur le flanc nord de l'église Saint-Etienne, à l'emplacement de l'actuelle rue du Cloître-Notre-Dame, dans l'île de la Cité.

Sa vie mystique, ses dons de prophétesse, sa formation spirituelle très poussée, la protection continuelle de saint Germain, même après sa mort en 448 ( par l'intermédiaire de son archidiacre ), allaient la mettre en position d'autorité lors des évènements de 451.

Nous avons déjà vu les autorités fuir en cas d'invasion.
Où était l'évêque de Paris ? L'auteur de "la Vie de sainte Geneviève" observe un silence total sur ce personnage alors qu'il existait probablement.
Passe encore qu'une femme mette en prière les personnes de son sexe dans le baptistère, mais qu'elle donne aux hommes l'ordre de rester sous le prétexte qu'elle était persuadée que les Huns n'attaqueraient pas Paris, voilà qui était pure folie !
Ou alors elle était inspirée par des des esprits mauvais ?  d'où la décision des hommes  - probablement les membres de la curie municipale - de l'exécuter, comme impur et possédée .
L'archidiacre d'Auxerre, auquel Germain avait laissé des consignes concernant sa philotée, sut apporter à temps les explications concernant la santé d'esprit de Geneviève.

Etant donné les liens de sa famille avec les officiers francs et/ou avec des membres de l'état-major d'Aetius, elle devait être au courant des évènements politiques déclenchés par Honoria ( la soeur de l'empereur Valentien III ) qui, elle, manquait parfaitement de réalisme.
 Tout suggère que Geneviève savait que les Huns voulaient se venger des Wisigoths ( fédérés en Aquitaine ) et marcher directement sur Orléans, sans passer par Paris, ce qui aurait ncessité un crochet inutile.
Mais la panique et les exodes antérieurs hantaient et broullaient les esprits : tout se passa très vite en avril et mai 451.
Geneviève espérait certainement que les contingents fédérés des Francs Saliens allaient venir au secours des Parisiens depuis Tournai ( peut-être même leur avait-elle envoyé unbe ambassade ).
En tout cas, dès le milieu du mois de mai, il était évident que Paris serait épargné. De ce jour, Geneviève devint quasiment la seule autoritè et le seul espoir des populations du centre du Bassin Parisien.

Comme toujours lors des crises de civilisation, les femmes prennent le relais des hommes désorientés, telles Victoria et Zénobie lors de la crise du IIIème siècle, ou enore, lors de l'éffondrement de la civilisation médiévale, Jeanne Hachette et Jeanne d'Arc.

Il est curieux que ces deux prophétesses, celle de Nanterre et celle de Donremy, soient toutes deux concernées par Orléans. Car Avitus, qui venait d'accomplir sa chage de préfet du prétoire des Gaules, reçut d'Aetius l'ordre de convaincre les Wisigoths de Théodoric Ier de lutter contre les Huns en application du foedus, ce qu'il fit avec succès......
;;;;;;

( la suite, c'est le siège d'Orléans qui vit l'échec d'Attila, puis la bataille des Champs-Catalauniques et la retraite des Huns et de leur coalition. En 452, Attila revient piller l'Italie, et, moyennant finances,sur intervention du pape Léon, accepte d'épargner Rome. En 453, Attila, le soir de l'un de ses nombeux mariages, meurt d'une hémorragie nasale. EN 454, Aetius, devenu inutile, est assassiné par Valentinien III...lequel est lui-même assassiné en 455 par des soldats d'Aetius, désireux de venger leur maître qu'ils idolatraient. )
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haroun 6259

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