Lépante - 7 octobre 1571...

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Lépante - 7 octobre 1571...

Message par Zigomar le Mar 24 Oct - 9:52

Après le récit de la victoire de Charles Martel à Poitiers en octobre 732...Voici la description de l'odyssée de la bataille navale de Lépante le 7 octobre 1571...qui mettra, une nouvelle fois, un terme à l'expansionnisme musulman en direction de l'Europe chrétienne...
C'était il y a bien longtemps...à une autre époque, avec d'autres Hommes pétris d'autres valeurs aujourd'hui oubliées... 

7 Octobre 1571 – Lépante –
Le sursaut salvateur de l’Occident ... La croix chrétienne écrase le croissant musulman. Il y a 446 ans…
Ce 7 octobre 1571, il est près de midi. Depuis le matin, les flottes ottomane et chrétienne se sont déployées à l’entrée du golfe de Corinthe, non loin de l’île d’Ithaque, à Lépante -aujourd’hui Naupacte -…
 Le spectacle est à la fois grandiose et impressionnant : Aux 230 galères des Ottomans renforcées de bâtiments plus légers font face les 208 galères de l’Espagne, du doge de Venise et du Pape avec 6 galéasses vénitiennes et une vingtaine de naves de transport. 170 000 hommes, galériens compris, s’apprêtent au combat…
Dans la flotte turque, sous les ordres d’Ali Pacha, personne ne doute du succès et le combat est attendu avec joie et sérénité tant la domination ottomane est écrasante depuis plusieurs décennies. A bord des galères de combat chrétiennes, l’assurance n’est pas de mise, l’inquiétude est latente, tant le choc s’annonce terrible face à des adversaires jusqu’alors invaincus, et que le sort, l’avenir même de la chrétienté est en jeu.
Après tant de divisions au sein même de l’Occident, que le pape Pie V ait pu réussir à rassembler dans une Sainte Ligue à ses côtés l’Espagne et Venise, en rivalités,  tient déjà du miracle. Les chevaliers de Malte, les Toscans sont présents également, mais pas les Français officiellement alliés des Turcs - rien de vraiment nouveau sous le soleil de 2017…

Durant l’été, les flottes se sont concentrées à Messine sous le commandement de don Juan d’Autriche – décidément l’histoire balbutie à quelques siècles d’intervalles -, bâtard de l’Empereur Charles Quint et demi-frère du Roi Philippe II d’Espagne. En cette mi-journée du 7 octobre 1571, les deux flottes finissent par se rencontrer à proximité du promontoire de Naupacte. Depuis des jours le vent est obstinément favorable aux navires des forces d’Ali Pacha. Don Juan fait alors déployer l’étendard de la ligue béni par le pape. Sur les galères, on s’agenouille, les capucins prononcent les prières, les trompettes sonnent, les tambours battent, on crie et on chante « victoire, vive Jésus-Christ ! ». La galère d’Ali Pacha, sûr de lui, s’avance à la rencontre de la réale de don Juan, tirant un coup de canon annonciateur du début des hostilités. A ce moment précis, le vent tombe – Les Chrétiens y voient un signe et se lancent dans la bataille…
Les galéasses vénitiennes, lourds bateaux pourvus d’une puissante artillerie, écrasent de leur feu dévastateur les galères ottomanes. Le désordre s’installe rapidement dans la flotte adverse surclassée par les canons chrétiens. Leurs galères se heurtent dans la plus grande confusion, 54 sur 60, à un point d’engagement, sont perdues. C’est une furieuse mêlée dans le fracas des armes, les clameurs et les cris, les hurlements de douleur des blessés. Fantassins espagnols et turcs s’entretuent de bord à bord en se criblant à coups d’arquebuses avant d’en venir au corps -à- corps sur le pont  parmi les rameurs enchaînés. Le capitaine vénitien Agostino Barbarigo, après avoir combattu héroïquement et tenu tête à un nombre supérieur de galères Ottomanes, contre-attaque victorieusement et meurt atteint par une flèche. De son côté don Juan et les siens s’emparent de la capitane d’Ali Pacha qui est tué pendant l’assaut…
Plus au sud, à l’écart du gros des forces, une autre bataille fait rage. Ulug Ali, le bey d’Alger, à la tête de la flotte barbaresque, inflige de lourdes pertes aux navires de la chrétienté qui, avec la capitane de Malte, oppose une courageuse résistance à un ennemi numériquement supérieur. Au fil des heures, sur une mer à feu et à sang, jonchée d’épaves, de navires en flammes et de milliers de cadavres, la victoire choisit son camp. Lors de l’ultime mêlée, un soldat espagnol qui deviendra célèbre bien plus tard - l’auteur de Don Quichotte - Miguel  de Cervantès, est grièvement blessé, mutilé et fait prisonnier au cours d’un abordage raté. Cependant, la déroute des Ottomans est consommée, les esclaves chrétiens de leurs galères se soulèvent et prennent part à la curée. La bataille s’achève dans un paroxysme de violence, les Turcs rescapés des combats tentent de gagner la terre ferme pour s’enfuir et se font massacrer par les paysans grecs. Seul Ulug Ali réussit à sortir du chaos et à s’enfuir, regagnant Alger précipitamment.
En ce soir du 7 octobre 1571, l’invincibilité ottomane a vécu. Les pertes chrétiennes sont considérables – 7500 morts et 20 000 blessés – et il n’est pas de famille du patriarcat vénitien qui n’ait perdu l’un des siens. Mais l’ennemi est encore plus meurtri – 30 000 morts, des milliers de blessés et disparus – sans compter les fuyards massacrés en nombre; 15 000 esclaves libérés. A l’annonce de cette victoire, une onde de joie agglomérée de soulagement se propage. L’Occident chrétien vient d’échapper à sa perte et à sa destruction. De fait, l’avancée et l’expansionnisme musulman vers la Méditerranée occidentale sont ainsi définitivement stoppés.
Que reste-t-il de tout cela, 446 ans plus tard…..Aux souverains et monarques courageux et éclairés de l’époque ont succédé des " républicains laïques " sans foi ni loi, sans honte ni honneur prêts à toutes les compromissions, bradant un héritage séculaire sur le tapis vert d’institutions dévoyées, à Bruxelles et à Strasbourg, par le biais d’accords et de traités douteux, honteux et indignes. Sous nos yeux endormis, dans des sociétés anesthésiées qui ont perdu le goût du risque et du combat, l’Occident Chrétien court chaque jour un peu plus à sa perte…sans que l’on puisse voir l’esquisse d’un nouveau sursaut … D’un nouveau Lépante salvateur…
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Re: Lépante - 7 octobre 1571...

Message par LARA BAÏKAL le Mar 24 Oct - 10:30

Merci pour ce beau récit frère Zigomar, le sursaut de l'Occident cela fait rêver Smile Autrefois l'occident avait plus de courage pour garder sa civilisation ce qui n'est plus le cas aujourd'hui .

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